‹ Le Rev. P. Marquette, s.j. ou Notes sur les découvertes du Mississipi [microforme]Chapitre 12 sur 13 · ii · texte numérisé non relu

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Î n'eût pas faim, 40 pour avoir qüelque peu de marchandises. Le fil

Père leur répondit premièrement qu'il était venu pour les ius-

truire, en leur parlant de la Prière, ete ; deuxièmement qu’il ne ei | leur donnerait point de poudre, puisque le missionnaire tâchait | | de mettre partout la paix, et qu’il ne voulait pas qu’ils commen- EF

çgassent la guerre avec les Miamis ; troisièmement qu'il n’appréhendait pas la faim ; qu’il encouragerait les Français à leur apporter des marchandises, mais qu’il fallait que les Illinois satisfissent les traiteurs qui étaient chez eux pour la rassade prise, pendant l'absence du chirurgien. Pour les remercier de leurs présents ct aussi reconnaître leur bonne volonté de ce qu'ils étaient venus le visiter d'une grande distance, le Père leur donna une hache, des coutaux, de la rassade et deux miroirs. Il leur fi dit, en les congédiant qu’il tâcherait d'aller à leur village, ne A fusse que pour quelque jours. Les sauvages lui répliqu ‘rent de le prendre courage, de demeurer et de mourir dans leurs pays, car on leur avait dit qu'il y resterait longtemps ; sur ce, ils retouræ À nèrent à leur campement d'hiver.

Affaibli par sa maladie, une hémorragie persistante, le Père } * Marquette comprit qu'il ne pouvait pas vivre ainsi bien long- | ; temps; il ne craignit pas de s'imposer de nouvelles fatigues, en l vue de se prépurer à la mort qui lui semblait prochaine : de il consacra done plusieurs semaines de sa réclusion à faire les | exercices de St. Ignace. Mais toujours enflammé du désir de revoir ses pauvres Tllinois, d’y fonder une mission qu'il désirait À consacrer à Marie In imaculée e, il voulut s'adresser à cette Hi patronne vénérée pour obtenir, par son intercession quelque jh répit à ses souffrances. Il commença donc une neuvaine en {il l'honneur de la Ste, Vierge, avec ses deux compagnons. Le ciel fi entendit sa fervente prière ; la maladie se ralentit ; les forces lui revinrent un peu et en mars, il pouvait reprendre son voyage. Le 30 de ce mois, le missionnaire et ses compagnons quittèrent leur

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] misérable cabane qui venait d'être inondée par la crue subite de E L la rivière. ft Par un portage difficile, tout rempli d’eau, ils transportèrent deu

leur canot iusqu’à la tête de la rivière Des Plaines, tributaire de l'Illinois. Marquette vonnaissait déjà cette route, qu'il avait suivi dix-huit mois auparavant à son retour du Mississipi. S'abandonnant au courant de la rivière, ils atteignirent l'Illinois qu’ils descendirent jusqu’au bourg de Kaskaskia. Ils y arrivèrent le 8 avril, {1675) et le missionnaire y fut reçu comme un ange du ciel. C'était le lundi de la semaine sainte, Le Père se mit immédiatement à l'œuvre : il commença par *éunir les chefs et les anciens de la tribu pour leur donner quelques notions sur

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la Religion, puis il allait de cabane en cabane instruisant ce pauvre peuple qui se rendait en foule aux lieux où le missionnaire prenait la parole. Après qu'il eut ainsi préparé les esprits, il convoqua une assemblée générale dans une belle prairie voisine du bourg. Le F. Marquette fit élever un autel au milieu de la plaine ; i! l’orna avec des pièces de taffetas, de grandes images de la Vierge ; il couvrit le sol tout autour avec des nattes et des peaux d'ours. On était au jeudi saint. Tous les chefs et les vieillardr. au nombre de cinq cents v'arent s'asseoir autour du Père, toute la jeunesse au nombre de quinze cents hommes se tenait debout en arrière ; le rest de l’assemblée était composée d’une foule considérable de femmes et d'enfants. Le Père parla à tout ce peuple, et, selon la coutume, il leur porta dix paroles par dix présents qu’il leur fit. Illeur expliqua les principaux mystères de notre religion, et la fin pour laquelle il était vern en leur pays ; mais surtout il leur prêcha Jésus crucifié, la veille même du grand jour auquel il était mort en croix pour eux, aussi bien que pour tout le reste des hommes, enfin, il conclut la cérémonie par la célébration de la sainte messe. Au jour de Pâques, les choses étant disposé di même manière que le jeudi, il célébra la messe pour la : voue fois, et par ces saints sacrifices, les deux premiers qu'on y eut jamais offerts à Dieu, il rrit possession de cette terre au nom de Jésus-Christ, et donna à cette mission le nom ce la Conception Immaculée de la Sainte Vierge. Tout le peuple était dans la joie ; mais le temps accordé à la fervente pr'îre du missionnaire touchait à sa fin. Il venait d'accomplir l'œuvre de ses ardentes aspirations ; la mission des Illinois était fondée, la semence de l'Évangile avait été jetée sur cette terre, un autel avait été dressé pour ces peuples, la victime sainte avait été immolée pour eux, l’heureux prêtre n'avait plus rien à demander, maintenant il était prêt À quitter la terre. La maladie commençait à le fatiguer de nouveau ; dans l’espoir de pouvoir arriver à Michillirakinac, pour mourir au milieu de ses frères, entouré des consolations de la religion, le Père se remit en route, escorté des Kaskaskia qui l’accompagnèrent jusqu'au lac des Tilinois (Michigan.) En leur disant adieu, le Père leur promit que d'autres missionnaires iraient les visiter.

Le P. Marquette arxiva dans le lac du côté de l’est, probe. blemenc par la rivièrs St. Joseph. Il n'avait pas encore vogué le long de cette rive. Pendant que ses deux fidèles serviteurs se dépensaient généreusement à manier l’aviron afin d'arriver au plus-tôt, le saint religieux, assis au fond du canot, était tout à la prière et à la méditation. Il s’affaiblissait de plus en plus, et le

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ma] l'avait mis si bas qu'il ne pouvait plus se remuer ; il fallait le porter comme un enfant. Il voyait sans tristesse la mort s'approcher ; et il tâchait d'adoucir la peine de ses compagnons. Huit jours avant qu'il expirât, il eut la pensée de faire de l’eau bénite et ileut soin d'instruire ses deux hommes comment ils en devra’?nt user à son agonie et à sa sépulture. Il leur dit encore quelle place il fallait chosir pour l’enterrer, de quelle manière l'ensavelir, comment marquer le lieu où il serait inhumé.

Le P. Marquette voulait être enterré près du lac, à l’embouchure d’une rivière assez considérable, pour qu’on pût retrouver facilement le lieu de sa sépulture. Le vendredi, 18 mai, sur les tros heures de l'après-midi, il aperçut l'embouchure d’une rivière qui rénondait à ses désirs. Il pria ses compagnons de ne pas aller plus loin, et de mettre à terre auprès de cette rivière : «afin qu'il se préparât un peu plus en repos à sa dernière heure qui était proche.»

Ayant toujours loagé le lac des Illinois à l’est, les voyageurs approchaient maintenant du cap appelé aujourd’hui Sleeping Bear. Les deux compagnons de Marquette, Pierre Porteret et Jacques, espéraient encore;de pouvoir atteindre Michillimakinac lorsqu’à la demande du Père, ils durent entrer dans lu petite rivière appelée depuis la rivière au P. Marquette, Ils y pénétrèrent par l'endroit où elle se déchargeait alors dans le lac, (1)

(1) M. Parkman dit que la rivière où Marquette est mort a longtemps porté le nom du missionnaire, mais qu’on à fini par le transporter à un cours d’eau voisin plus considérable.

D'un autre côté voici ce qu’écrivait' M. l’Abbé Richard, en 1820 :

# C’est de la rivière au P, Marquette que je vous écris. Il y a iciuse douzaine de familles de la nation des Ottawas ou courtes-oreilles, Je les ai fait demander pour m'’informer d’eux où avait été enterré ce missionnaire de la Compagnie de Jésus, célèbre parceque, le premier des Euro-

ens, il a remonté et lescendu le Mississini et visité en 1674 (1678), l’em-

ouchure du Missouri, mais pius célèbre encore pour avoir fondé la mission de Mickilli-Macxinac, et celle de l’Arbre-Croche, connue sous le nom de St, Ignace, et avoir ainsi préparé à plusieurs nations indiennes la voie pour arriver à la connaissance de l'Evangile. Les Indiens Ottawas m'ont conduit à l’endroit où la rivière sortait en 1675 lorsque le P. Mar: quette y entra le 8 (18) mai ety mourutle9(19.) Elle sort mai:‘tenant au moins trois mille pieds plus haut ou plus au sud, entre deux caps qui ont plus de soixante pieds de hauteur et qui paraissent avoir été séparés

ar l'effort combiné des ouragans et des vagues. Le lieu qu’ils m'ont

ésigné, est à environ deux cent quarante pieds des bords du lac Miçhigan sur la rive au sud de l’ancien lit de la rivière, mais aujourd’hui réellement au nord et à deux mille huit cents pieds de la rivière actuelle ; car il est certain qu'elle changéa son cours peu de semaines après la mort du P, Marquette, comme par respect pour les restes précieux du saint homme, C’est le rema:que des voyageurs m. me protestants, qui l’ont conSignée dans lus récits de leurs voyages ; et le fait est confirmé par la tradition qui s’est conservée jusqu’à ce jour parmi les anciens du pays. J'ai planté une croix en présence de huit Ottawas etde deux catholiques dans la mème place où les Indiens m'ont dit en avoir déj vu une autre qui avait été élevée par des canadiens et que les vents avaient renversée cd. puis environ trois ans..." ZLes Prôtres français émigrés aux Etats-Unis, p. 802.

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