‹ Le Rev. P. Marquette, s.j. ou Notes sur les découvertes du Mississipi [microforme]Chapitre 2 sur 13 · RE BE · texte numérisé non relu

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aux Trois-Rivières, Mais ces pauvres Algonquins depuis le massacre des Hurons par les Iroquois, se trouvaient bien affai-

blis.

La mission des Montagnais à Tadousac, offrait un ch: amp plus vaste et plus ardu au “uùle des Jésuites, C'était-là à l'endroit où le Saguenay paye au St. Laurent le tribut de ses eaux, que se réunissaient chaque année los Esquimaux du Labrador et les Micmacs de la Nouvelle-Ecosse qui venaient faire la traite des pelleteries avec les français du poste, Un missionnaire se trouvait toujours au rendez-vous pour y instruire les sauvages autant que le temps le lui permettait, ct pour les baptiser dès qu'ils étaient suffisamment renseignés sur les mystères de la Religion. Les sauvages chrétiens étaient fidèles à reparaître au poste ; ils y venaient pour s'acquitter de leurs devoirs de religion, alléger leur conscience du fardeau de leurs péchés, se nourrir du pain de vie, et puis ils repartaient, emportant leur petit

que ee sur lequel étaient indiqués les Dimanches et les Fé-

tes, afin que perdus za milieu des bois, ils pussent encore s'unir à toute l'Eglise pour l'observance des ‘dévotions et des actes de piété qu ‘elle prescrit à ses enfants, Lorsque le temps de la traite était passé, un aucre labeur s’offrait au missionnaire : il lui fallait remonter les rivières, s'enfcncer dans les forêts, parcourir le pays en tout sens, aller de hutte en hutte pour instruire, exhorter et confirmer dans la foi ces aouveaux chrétiens et travailler sans relâche à répandre partout les lumières de l’évangile, Des annales précieuses, les Relations des Jésuites, nous ont conservé le récit de ces courses aventureuses, qui étaient dirigées depuis le Saguenay jusqu’à la Baie d'Hudson, et dans l'Ouest jusqu'au delà du lac Supérieur,

Une mission aussi laborieuse demandait un homme plein de vie, de zèle et de courage comme le P. Marquette. Aussi on l'y destina et le 10 octobre 1666, nous apprend le Journal des Jésuites, il quittait Québec pour monter aux Trois-Rivières où il devenait «l'écolier du P. Druillette en langue montagnaise.

Le religieux missionnaire consacrait ses heures de loisir aux fonctions de son ministère, et il continua ainsi partageant son temps entre l'étude et les œuvres de zèle, jusqu'au mois d'avril 1668; alors ses supérieurs abandonnèrent leur premier projet sur Jui pour le destiner à la mission des Outaouais, nom qu'on donnait alors à la mission du lac Supérieur. 11 avait acquis la connaissance de l’Alsonquin, et :i était par conséquent, qualifié

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pour cette nouvelle mission, Il quitta Québec le 21 avril, avec

trois compagnons, deux hommes et un petit garçon, pour se rendre à Montréal.(1)

Il devait y attendre la flotille de l'Outaouais qui descendait à Montréal pour la traite, Une troupe de Nez percés arriva enfin emmenant le P. Louis Nicolas (2), compagnon d'Allouez. Le P, Marquette s'embarqua avec eux pour se rendre au lac Supérieur. On connait l'itinéraire qu’avaient à suivre les missionnaires: remontant le St Laurent, puis l'Outaouais jusqu'à Matawan ; de là prenant la Petite Rivière, (auj. Matawan) ensuite la rivière des Vases, traversant l: Lac Nipissing dans sa longueur, ils descendaient au lac Huron par la rivière des Français. Si nous n'avions pas le récit des missionnaires il nous serait difficiie de nous faire une idée de toutes les fatigues et des privations qu'ils avaient à endurer dans un si long voyage. Qu'on pense aux portages nomnbreux qu'ils avoient à faire par des chemins difficiles, embarrassés, avec de lourds fardeaux sur les épaules ; aux périls qu'ils couraient tout le long du chemin,d'être surpris par des partis d'Troquois en embuscades ; aux souffrances de la faim auxquelles il leur fallait se résigner pendant plusieurs jours, parce qu'on n'osait tirer du fusil pour abattre le gibier, ni même allumer le moindre petit feu au campement, de peur d’éveiller l'attention d'un ennemi caché. I] faut lire les rapports des premiers missionnaires ces Hurons pour retrouver dans tout leur intérêt le récit de ces glorieuses campagnes.

| Lorsque le P. Marquette arriva au lac Supérieur, les tribus

| sauvages que la crainte des Troquois avait refoulées vers l’extré-

| mité de ce lac, commençaient à retourner dans leurs anciennes contrées, Il fallut donc songer à établir de nouvelles missions. On résolu; d'e1 finder une au Sault Ste, Marie, (3) et une autre à la Baie des Puants (Baie Verte). (4)

4 (1) Journal des Jésuites.

É (2) Mr. Shea l'appelle le P ‘# Nicolas Louis ?

(3) Le Sault Ste. Mie n’est pas une chute d’eau, mais seulement une

À die lieue de rapides dans la rivière entre le lac Supérieur et le lac | Huron (Re 1667).

(est à trois lieues au-dessous du lac Supérieur et à douze lieues au-

{| dessus du lac des Hurons (Xe 1870).

(4) Le P. Allouez la nomma Baie St. François Xavier, On la nommait aussi Grande Baie. Les anglais l’ont nommée Green Bay, sans doute dit O'Callaghan, par suite de la mauvaise prononciation de son nom français “4 Grande Baie ”, et depuis on l’a traduit par ‘ Baie Verte.”

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La première de ces missions fut confiée au P. Marquette qui, ayant planté sa tente au pied des rapides, du côté américain, conamepça sa carrière de missionnaire, L'année suivante, il fut re-

joint par le P. Dablon, nommé supérieur des missions de l'Ou-

taouaïs, Par les efforts réunis des deux missionuaires une Eghse fut élevée en cet endroit, Le berceau de la religion dans l'Ouest put enfin voir un sanctuaire digne de la foi nouvelle,

Les sauvages confiés au sèle du P. Marquette, appartenaient tous aux tribus algonquines et formaient une population de deux mille âmes,

Ils se montraient trèr-lcciles À ses enseignements et ils auraient bien volontiers reçu le baptême, mais avec de pareils peuples, il fallait prendre des précautions, et le sage missionnaire se contenta pendant quelque temps de leur faire des instructions claires et simples, de travailler à extirper d'au milieu d'eux leurs vaines superstitions, ne conférant le sacrement de baptême qu'aux moribonds. La première leçon d’un missionnaire, disait-il, doit être d'apprendre à travailler et à attendre, »

Son séjour au Sault Ste, Marie au milieu des Pahouïtingwach Irini (Sauteurs des Français), des Outchibous et des Marameg ne devait pourtant pas durer longtemps. Le P. Allouez venait de partir pour la Baie des Puants, et il fallait lui trouver un successeur à la mission de la Pointe, (1) pour y continuer ses travaux dans ce champ ingrat et décourageant. Le P, Marquette fut choisi, et il se ren 'it sans répugnances à son nouveau poste, dans l'automne de 1669, Nous ne saurions mieux faire connaître ses travaux qu’en reproduisant ici tout au long la lettre qu'il adressa l’année suivante au P. François Le Mercier, Supérieur des Missions.

Mon Révérend Père,

Je suis obligé de rendre compte à Votre Révérence, de l'état de la mission du Saint Esprit aux Outaouais, selon l'ordre que j'en ai reçu d'elle, et nouvellement encore du Père Dablon, depuis mon arrivée ici, après une navigation C 4n mois dans la neige et dans les glaces qui nous ont fermé le pascage, et dans les dangers do mort p: resque continuels,

La divine Providence m'ayant destiné pour continuer la mission du Saint Esprit, que le Père Allouez avait commensée, et où il avait baptisé les principaux de la nation des Kiskakonk, j'y

(1) Cette mission était appelée la pointe du St, Esprit par les Jésute et Chagouamigon par les Sauvages ; elle était au fond du lee Supérieur.

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