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arrivai le 13 Septembre, et j allai visiter les sauvages, qui étaient dans les déserts, qui sont divisés comme en cinq Bourgades. Les Hurons au nombre de quatre à cinq cents âmes tous baptisés, conservent toujours un peu de christianisme ; quelques-uns des principaux, assemblés dans un conseil, furent assez satisfaits de me voir d’abord, mais leur ayant fait entendre que je ne savais pas leur langue encore parfaitement, et qu'il n’y venait point d'autre Père, t tant à cause qu'ils étaient tous allés aux Troquois, que le Père Allouez qui les entendait très-bien, n'avait pas voulu y retourner pour cet hiver, parce qu'ils ne se portaient pas à la prière avec assez d'affection, ils avouèrent qu'ils méritaient bier cette punson ; et depuis, durant l'hiver, ils en ont parlé, et ont résoli 62 mieux faire, ainsi qu'ils me l'ont témoigné.
La Nation des Outaouais Sinagaux est très-Cloigné ‘e du royaume de Dicu, pour être extrêmement attachée, par-dessus toutes les autres nations, aux saletés, aux sacrifices, et aux jongicries. ils tournent la prière en risée ; à peine veulent-ils entendre parler du christianisme ; ils sont superbes et sans esprit, tellement que je crois qu'il y à si peu à faire avec cette nation, que je n'en ai pas : -ulement voulu baptiser les enfants qui se portaient bien, et qui ben it pouvoir échapper, me eontentant d’être aux aguets pour les malades.
Jeux de la nation de Keinouché se déclarent hautement, disant qu'il n’est point encore temps ; il y a néanmoins deux hommes autrefois Rapus s6s, dont l'un,qui est assez Agé, passe pour un miracle parmi les Sauvages, 1’aya ant point encore voulu se marier. J1 persiste toujours en sa r solution, quiqu'on puisse lui eu dire; il souftre de grandes atiaques, même de ses parents : cela ne le touche point, non plus que la perte qu'il a faite de toutes ses marchandises, qu'il avait apportées l'an passé des habitations françaises, ne lui étant pas resté seulement de quoi se couvrir. Ce sont de rudes épreuves pour des Sauvages, dont la plu rtne cherchent rien autre chose que de posséder beaucoup en ce mont”,
L'autre, qui est un jeune homme nouvellemert narié, semble être d’une autre nature que les arcres. Les sauvages, extruordinairement attachés à leurs rêveres, avaient conelr: qu'il fallait qu'un certain nombre de jeunes gens fissent des saletés avec des jeunes filles, lesquelles choisissent pour ce sujet tel jeune homme qu'il leur plait ; jamais cela ne se refuse, parce qu'ils croient que de là dépend la vie des hommes. On appela ce jeune chrétien : d’abord il entre dans la cabanne, et voyant qu’on allait commencer ces désordres, il fait semblant d'être malade, et sort aussi-
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tôt ; on va le rappeler, mais il n’en veut rien faire. Il s'est confessé avec autant de prudence qu'on saurait faire ; et j'ai admiré qu'un sauvage peut vivre si innocemment, et se déclarer partout chrétien avec tant de générosité. Il a encore sa mère qui est bonne chrétienne, et suelques-unes de ses sœurs.
Les fJutaouais, extrêmement superstitieux dans leurs festins etleurs jongleries, semblent s'endurcir aux instructions qu'on leur fait ; ils sont uéanmoins bien contents qu'on baptise leurs cafants, Dieu a permis cet hiver qu'une femme mourut dans son péché ; on m'avait caché sa maladie, et je n’en “pre rien que par lo bruit qui courut qu'elle avaii demande ; pour sa guérison une danse très-vilaine. J'’allai aussitôt dans une ane où tous les anciens étaient en festin, entre lesquels étaient quelques chrétiens Kiskakonks. Je lenr montrai l’impiété de cette fennne et du jongleur ; je les instruisis, je parlai à tous ceux qui étaient présents; et Diea voulut qu'un ancien Outaouais parlât, disant que l'on m’aecordait ce que Je demandais, et qu ln importai t pas que cette femme mourût. Un ancien chrétien prit aussitôt la parcle, disant À L nation qu'il fallait empêcher les débordements de la jeunesse, et au’il ne fallait pas permettre que les filles chrétiennes se trouvassent jamais à ces dances. Pour satisfaire cette femme, on changea cette danse en un jeu d'enfant ; muis cela n'empêcha point qu'elle ne mourut avant le jour.
L'extrémité où écait un jeune malade fit dire aux jonsleurs qu'il fallait invoquer le diable par des superstitions tout-à-fait extraordinaires. Les chrétiens n’y firent aucune invocation ; il 1° cut ni le jongleur et le malade, que l’on faisait passer sur
de s feux qu'on avait allumés dans toutes les cabanes ; ils disent qu il uen sent point ia chaleur, quoiqu'on lui cut graissé le corps d'huile durant cinq ou six jours. Hommes, femmes et
enfants courent par les cabanes, deman'int pour énigme ce qu'ils ont dans la pen EX et celui qui ie devine est très content de lui donner de qu'il cherche. Je les empêchai de faire les saletés qu'ils ont coutume de faire à la fin de toutes ces diablerie., Je ne pense pas qu'iis y retournent parce que le malade mourut peu de temps après,
La nation des Kiskakonk (1), laquelle durant trois ans avait refusé de recevoir l'Evangile que le Père Allouez leur annonçait, résolurent enfin, sur la fin de l’automne de l’année 1668, d'obéir à Dieu, La résolution en fut prise dans un con-
(1) Le P, Allouez les appelle queues coupées dans la Rel, de 1668-69, IL nous dit qu'ils vivaient d’abord sur le lac Huron. Le P, Ménard les trouva sur le lac Supérieur,