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mais que 1es Français désignaient par le nom de Nation Neutre, parce qu'elles s'étaient tenues à l'écart des grandes luttes engagées entre les Froq'iois d'un côté et les Hurons et les Algonquins de l’autre.
À peine les Français avaient-ils fondé Québec, que les Pères Récollets tourrèrent leurs regards vers les tribus huronnes, espérant les convertir au christianisme, Le P. Joseph IæCaron fut le fondateur de cette mission et il alla passer avec eux l'hiver de 1615. Dans les années qui suivirent, les Pères Poulain, Viel, le F. Sagard, réeollets, allèrent unir leurs efforts aux siens, puis la moisson leur semblant trop abondante, ils appelèrent à leurs secours d'autres ouvriers, les Jésu’tes, pour travailler de concert avec eux dans le champ du père 4e famille. Le ciel semblait bénir et féconder leurs sueurs, ils espéraient convertir les Hurons, ét la Nation Neutre, qu'ils avaient aussi visitée, lorsqu'un évènement politique vint anéantir toutes leurs espérances. On était à 1629,et le Canada venait d'être cédé à l'Angleterre.
Après le reto.r des Français en Canada, les Jésuites seuls revinrent, et de Br-Lœuf, pour une seconde fois, alla retrouver ses Hurons, pour vivre, souffrir et travailler au milieu d'eux jusqu’à l’époque de leur dispersion en 1650, Vingt-et-un missionuaires partagèrent ses travaux à différentes époques, et huit périrent comme lui de la main des Iroquois, martyrs de Jeur zèle et de leur dévouement. Nobles victimes de la foi, l'Eglise du Canada est justement fière de ces héros!
Le ruine des Hurons et de la nation du Petun fut consommée à la mort de Brébeuf et de Garnier. Ceux qui échappèrent aux massacre s’unirent en une seule tribu, puis bientôt se divisèrent en deux bandes, dont l’une toute entière composée de chrétiens, se dirigea vers Québec, et alla s'établir à l’île d'Orléans. Ce sont les descendants de ces Hurons qui sont aujourd’hui fixés à Lorette, L'autre bande des Hurons, en partie chrétiens et en partie payens, s'enfuit vers Michillimakinac. Ils trouvaient près de là des terres fertiles, la chasse et la pâche abondantes, Mais les [roquois ne les y laissèrent pas longtemps tranquilles. Pour échapper aux coups d’un ennemi qu'ils ne se sentaient pas capables de repousser, ils entrèrent dans la baie des Puants, et s’avancèrent jusqu’à 6 journées, au sud-ouest du Lac Supérieur, où ils furent bien accueillis par une nation nommée Abimiwec, et ils « s'arrêtèrent, dit la Relation (1659-60) sur les bords d'un grand fleuve, aussi grand et aussi profond que le St. Laurent, »
Ils ne tardèrent pas à trouver là de nouveaux ennemis. Les Nadouessis ou Sioux jouaient dans les plaines immenses de l'Ouest, le même rôle que les Iroquois dans le bassin du Kt.
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Laurent. Ils ne souffraient pas de rivaux ni même de voisinæ un peu puissants. Les Hurons qui formaient à peine 500 per sonnes, dont les malheurs avaient comme émoussé toute l'énergie naturelle, ne pouvaient pas s'accomoder de ces périls continuels. Ils avaient d'ailleurs perdu l'espérance de voir les missionnaires s'établir dans ces contrées, depuis la fin déplorable de deux d’entre eux qui étaient allés au secours de ces peuples sans. pasteurs, sans pouvoir les rejoindre.
Le P. Garneau fut blessé à mort près de Montréal, au moment de son départ. Le P. René Ménard put atteindre le Lac Supérieur, mais l'année suivante, 1661, il trouva la mort dans les bois.
Les Hurons se décidèrent donc à se rapprocher d'un village d'Outaouais situé au fond de la Baïe de Chagouamigong au sud du Lac Supérieur. Ils se placèrent sur une pointe voisine, nommée pointe St. Esprit, et ils espéraient aussi partager (car ils étaient presque tous chrétiens) les soins des missionnaires qu’une députation nouvelle d'Outaouais avait été chercher.»(1)
Ce fut en cet endroit que le P. Marquette les trouva lorsqu'il fut appelé à remplacer % P. Allouez, premier apôtre de cette mission,
Telle est en abrégé l'histoire des Hurons jusqu'au temps où ils vinrent planter leurs tentes à Michillimakinac. Ils y formèrent. la mission St. Ignace qui a subsisté jusqu’à nes jours, Ils se fixèrent sur la pointe vis-à-vis de l’île, et ils protégèrent leur village par une palissade de 25 pieds de haut. A peine établi dans ce nouveau poste, le P. Marquette songea à élever une modeste chapelle pour réunir ses chrétiens. Ce premier sanctuaire était bien humble sans doute, il n'avait rien pour commander le respect, prêcher aux regards la grandeur du Dieu dont il était la maison : quelques pièces de bois superposées en faisaient les pans, l'écorce des arbres en composait la toiture.
Nous n'avons aucuns renseignements sur les travaux du courageux missionnaire durant la première année de son séjour à Michillimakinac ; nous devons nous contenter d’une lettre qu'il adressa au P. Dablon l’année suivante, et qui se lit comme suit :
Mon Révérend Père,
Les Hurons appelés Tionnontateronons ou nation du Petun,. qui composent la mission de Saint Ignance à Michillimakinae,
(1) Quelques Hurons de Michillimakinac se détachèrent plus tard de
la mission, et vinrent former plusieurs stations, les uns à Sandreski, les autres au Détroit, d’autres e à Sandwich, Il en reste à peine au--
jourd’hui quelques familles.