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Le Rommeil et ie$ rêves, p

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QUELQUES RÊVES DE PSYCHOLOGUES 7t

continuité satisfaisante. Quoiqu'il soit toujours difficile d'analyser un rêve sur lequel on n'a pas d'autres renseignements que ceux qui sont fournis par le rêve luimême, il me paraît très probable que le tableau de l'espièglerie de Tami V... V... a dû être fondu dans le tableau des lézards pendant le réveil.

Voici le début d'un rêve complexe de Weygandt * dans lequel on distingue aisément des tableaux séparés :

« Un homme d'affaires, que j'avais connu chez mon père, a entrepris un commerro de chevaux, et en même temps installé un cirque, où Ton devait montrer au public le savoir-faire des chevaux; la séance d'ouverture n'a sans doute pas rapporté beaucoup, mais somme toute, l'ensemble promettait de devenir une bonne spéculalion. On organisa donc une promenade en ville avec chevaux et voitures, et c'est avec plaisir que je me trouvai prêt à y prendre part en qualité de cavalier. Pendant la promenade, les chevaux devaient exécuter différents tours d'adresse, se coucher à de certains moments, mettre un pied de devant dans les harnais et avaucer ainsi en boitant, etc. Soudain je me trouvai dans la forêt avec une troupe de cavaliers en marche, et j'étais fort en colère contre un cavalier portant le nom qui me semblait étrange de « Kossustow » et qui marchait loin devant moi. On m'expliciua que c'était un Allemand, qu'il se donnait ainsi des airs d'étranger par affectation, que^on nom élait également allemand, qu'il avait l'étymologie : Siehst du? dans le sens de Tinlerrogation dubitative ; cela me calma. Me voilà maintenant en train d'attendre à un coin de rue, près de l'endroit où je demeure actuellement, à Wies-

Weygandt. EnUtchung der Tràume, p. 23.

haden, et je ne savais laquelle des deux rues je devais prendre. En même temps je regardais un étalage de photographies à une vitrine, etc. »

La suite du rêve contient d'autres tableaux.. J'arrête ici la citation, parce qu'on voit suffisamment que ce début du rêve contient trois tableaux : la promenade liu cirque, le cavalier Kossustow, l'attente au coin d'une rue. Ce dernier tableau surtout se sépare nettement du précédent: il y a peut-être un commencement (le fusion entre le premier et le deuxième, fusion qui s'opère parce que le rêveur est encore à cheval dans le deuxième tableau. — L'auteur ne donne pas de renseiij;nemenls sur la façon dont il a noté son rêve, mais on voit assez que le rêve a dû être noté peu après le réveil ou que tout au moins il a été fortement saisi par Fattention en vue d'une notation prochaine. C'est donc nn rêve de notalion immédiate ou presque immédiate *.

En somme, ces faits fournissent une confirmation supplémentaire de l'hypothèse suivant laquelle un travail de construction logique se fait après le sommeil. Kq etTet, si l'observation saisit, dans les conditions les plus différentes, des tableaux de rêve qui ne sont pas liés ensemble, c'est que la liaison que l'on rencontre par ailleui*s dans les rêves de mémoire et qui apparaît «li'jèi partiellement dans les rêves mal organisés est l uHivre de l'esprit en train de se réveiller. Ces observations de Cardan, Charma, Delbœuf, Weygandt, auxquelles on pourrait en ajouter d'autres, ne suffisent pas, à elles seules, à prouver la loi de l'évolution lojriquo, mais elles contribuent à la confirmer*.

1. M. Weygandt a bien voulu m'apprendre que ce rêve a été écrit toul de suite après le réveil, i. IVaûs un travail publié depuis qu'une partie de ce chapitre

RÊVES DE NOTATION RÉPÉTÉE 7a

8 4. — Rêves de notation répétée.

Maintenant je vais montrer qne ce travail d'organisation logique se prolonge, à notre insu, même après que le rêve a déjà été noté ou raconté une première fois. Je vais citer pour cela quelques rêves de notation répétée.

observation xviii

Première notation^ 3 juin 1900. — M"'' B... s'est réveillée dans la nuit ayant Tesprit occupé par un rêve très net, elle s'en souvenait encore au réveil définitif. Elle me le raconte à 2 heures de l'après-midi et je le note aussitôt. La première notation présente donc un rêve de mémoire, c'est-à-dire un rêve déjà partiellement organisé.

Je rêve que je suis dans une voilure, conduite par un cocher, sur une route; il fait clair. Tout à coup le cocher s'en va, et me laisse dans la voiture. Comme je sens mes bottines qui me blessent, je les retire. Je reste environ deux heures dans la voiture arrêtée. Impatientée, je regarde de tous côtés, et je crains de ne pas arriver à Theure fixéè^ quoique je ne sache pas où je vais. Alors je descends de voiture; mes pieds sont gonflés, je ne puis remettre mes chaussures. Je retourne en arrière, nu-pieds, et je trouve le cocher attablé avec des hommes, et une femme dans

a paru dans la Revue philosophique^ Aliotta, utilisant à un autre point de vue quelques-unes de mes observations, déclare qu'il a pu remarquer, dans ses observations notées pour la plupart peu <ie minutes après le réveil, le^ manque de continuité entre les parties. (Il pensiero e la personalità nei sogni, Ricerche di Psicolo- ^ia, de de Sarlo, p. 216, 1905.)

Fombrc, buvant, sur une grande table (coomie celles que ton voit dîins les fêles foraineî?), sous un hangar. Je lui dt^mande avec colèr*3 ce qu'il fait, U répond avec un geste indiOérenl qu'il va venir. Je retourne à la voiture, et je vois le cheval, dételé, qui broute dans un pré. Hais, avant de remonter en voilure, ayant un besoin à satisiraire, je cherche un endroit convenable. Je vois une grande pièce, en haut de plusieurs marches d'escalier, sale et sentant mauvais, au-dessus de laquelle est inscrit le mol m Bureau n. j£ monte avec difficulté. Au moment où je rede^^cends, une femme me demande ce que je fais Ih, (Ici se trouve une conversation entre les deux femmes que je ne reproduis pas.) La femme s'en va. Je redescends avec peine, je retourne à la voiture^ el là je trouve mon mari, en gilet et ca,squetle, comme s1l éinîl chez lui. Je lui raconte que le cocher ni*a laissée. It me répond : i- Bah l il va bien venir, >^ Le reste est onnFus.

Deuxihne notadon, ~ M'"' B,.. m^ayant déclaré ^ le Il novembre suivant, qu'elle avait i^ardé le souvenir exact de ce ri)ve, je lui demandai de nw le raconter de nouveau, et j'obtins le récit suivant:

J étais en voilure, sur une route. Mon mari, je crois, conduisait. A un moment donné, je me suis arrêtée pour un petil besoin. Autant que je me- rappelle, mon mari a dételé le cheval. Puis j'ai vu une femme en bonnet blanc. Je lui ai demandé des cabinets, et elle m'a montré une porte. La porte ouverte, jai trouvé plusieurs marches, en fiaut desquelles se trouvait un grand espace, une sorte de réservoir, plein de vidange. Au delà du réservoir, je vois une porte vilrée portant l'inscription c< Bureau ». Je suis redescendue, et j'ai retrouvé en bas le cheval et la voiture qui m'attendaient: le ctieval était dételé. Pas d'autre souvenir du rêve ne reste maintenant, si ce n'est que les événements se passaient de jour, par un temps clair.

Sans insister pour le moment sur les transformations qu'a subies ce rêve dans l'intervalle des deux notations,

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