‹ Le rève: études et observationsChapitre 53 sur 143 · Voir les ch. v, vi, vu et vin ci-après · texte numérisé non relu

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(raisonnements explicatifs plus ou moins rigoureux, d'autant plus rigoureux que le réveil est plus proche, d'autant plus saugrenus que le sommeil est plus réel). P — Mais il résulte de là que le critérium que je viens

d'indiquer est d'une application pratiquement difficile, souvent impossible, dans les rêves bien organisés : on ne peut l'appliquer avec succès qu'aux rêves peu organisés, dans lesquels les tableaux ne font que commencer à se lier.

En second lieu, je ne prétends pas que les tableaux que l'on peut discerner dans un rêve complexe, même dans un rêve logiquement organisé après le sommeil, aient toujours et nécessairement occupé l'esprit au début du réveil tous en même temps. Il peut arriver que le réveil soit lent, et que, dans cette période intermédiaire entre le sommeil et la veille, où les facultés logiques sont seulement en voie de restauration, des hallucinations se prolongent, puis s'achèvent, et que d'autres prennent la place des premières. En général, il ne me paraît guère possible, lorsqu'un état de somnolence se prolonge au delà d'un temps très court, dont je ne peux pas fixer la durée exacte, de dire avec certitude si les tableaux ont été successifs ou simultanés. La simultanéité ne me paraît bien certaine que lorsque le réveil a été brusque et qu'il a suivi un sommeil assez profond.

Ainsi on peut se représenter la vie mentale du sommeil comme constituée par une pluralité de sériesautonomes de représenlations où dominent les images. La durée du développement de ces séries me semble d'ailleurs être très variable. Il est des images obsédantes qui nous poursuivent en quelque sorte pendant le sommeil. Il en est d'autres qui apparaissent dans

Fesprit et l'occnpent pendant peu de temps : tel est le cas pour lès rêves perceptifs qui ont leur origine dans une excitation subite qui produit lê réveil; tel est lé cas encore pour les rêves imaginalifs dans lesquels on voit une image provoquer une émotion vive qui entraîne le réveil. — Quant au nombre de ces séries simultanées, il est impossible de l'indiquer. En fait, l'observation la plus attentive n'en saisit jamais plus de trois ou quatre chez moi, une demi-douzaine peut-être chez quelques autres. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'en existe pas un plus grand nombre : je suppose plutôt que les images vivent dans les profondeurs de l'esprit et qu'elles apparaissent tour à tour en quelque sorte à la surface de la conscience, suivant des lois qui ne sont pas totalement inconnues. Enfin, dans certains cas, une émotion un peu vive peut unir plusieurs de ces séries et réaliser l'unité mentale pendant le sommeil, puis entraîner le réveil.

§ 4. — Nature DE la conscience pendant

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