‹ Le rève: études et observationsChapitre 55 sur 143 · Foucault. La psychophysique, p · texte numérisé non relu

Foucault. La psychophysique, p

ment que celles de la veille, et c'est même une des causes qui rendent difficile Tobservation de^ rêves. Le fait s'expliquerait conformément à celte loi générale de la mémoire, que nous gardons mieux le souvenir des représentations les plus distinctes. — Au reste, c'est ce que Leibnitz dit presque littéralement : « Je consens « que le nom général de Monades et d'Entéléchies '< suffise aux substances simples qui n^ont que cela « (perception et appétit dans le sens général), et qu'on « appelle Ames seulement celles dont la perception est « plus distincte et accompagnée de mémoir^\ » Et il ajoute bientôt après que, « lorsque nous tombons en « défaillance ou quand nous sommes accablés d'un « profond sommeil sans aucun songe... l'âme ne diffère « point sensiblement d'une simple Monade K » Le sommeil sans aucun songe ne signifie pas ici le sommeil sans perceptions, et le songe est constitué pour Leibnitz par les perceptions du sommeil qui sont assez distinctes pour que l'on en conserve le souvenir.

II me semble que l'on peut conserver cette théorie de Leibnitz, mais en la modifiant sur un point important. Leibnitz voit de la continuité partout : mais quand une perception qui n'était pas aperçue devient une aperception, il y a là quelque chose de nouveau. C'est saris doute la même perception qui se développe, qui atteint un degré plus élevé de distinction, mais dans ce développement elle passe par un point critique : elle entre, comme dit WunJt, dans le champ de regard de la conscience ; qn peut exprimer le même fait autrement en disant qu'elle devient objet d'attention, ou encore que, de la simple conscience, elle passe à la

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