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LOGAUSATION DANS LE TEMPS

montant en arrière la chaîne des événements passés, ot que par suite Tordre objectif doit toujours être inverse de Tordre subjectif. En règle générale, je crois que Tesprit tend à procéder de cette façon dans la détermination de Tordre objectif: ses habitudes de la veille tendent à lui imposer cette manière de procéder. Mais cette tendance n'est pas seule à agir dans la construction du rêve : elle est subordonnée au besoin plus puissant d'organisation logique; Tordre objectif est inverse de Tordre subjectif à la condition que Tordre objectif ainsi établi soit passablement conforme à notre connaissance du monde réel; si une modification dans Tordre objectif doit faire de Tensemble une série plus satisfaisante, cette modification se produit. — C'est ce que Ton voit dans la mise en ordre des tableaux de cette observation VlII. La scène qui est placée la dernière objectivement est la scène de la fièvre typhoïde. Ce point acquis, comment ranger les deux autres événements? La scène de cuisine peut-elle précéder immédiatement celle de la fièvre typhoïde? Il était difficile qu'il en fût ainsi, car les matériaux du rêve ne fournissent aucune transition. Est-ce donc la scène du livre quia précédé celle de la fièvre typhoïde? La transition fait encore défaut. Sans doute une transition aurait pu être découverte, inventée, si le travail d'organisation s'était pFolongé plus longtemps. Mais, en raison de la notation immédiate, toute invention de ce genre a été rendue impossible, ou du moins difficile. La scène- de cuisine et la scène du livre sont donc antérieures à la scène de la fièvre typhoïde, sans que jii sache comment le passage a pu se faire des scènes itérieures à la dernière scène ; il y a ici une lacune ji ne se comble pas, une incohérence qui persiste. —

Mais comment classer au point de vue chronologique la scène de cuisine et la ^cène du livre? Il est possible que, pendant qu'une jeune fille s'occupe, de cuisine, une jeune mère de famille ait à la main un livre de lecture à Tusage des enfants, et qu'une conversation s'engage sur la meilleure méthode à suivre pour apprendre à lire aux enfants : cet enchaînement des événements n'a rien de choquant, il est suffisamment logique pour être accepté-. Au contraire, l'ordre qui consisterait à passer de la scène du livre à la scène de cuisine est moins satisfaisant, il n'aurait pu être accepté qu'en faisant naître une impression d'étrangeté sur la succession des événements ou en laissant une lacune de plus entre les deux scènes. Mais dans ce dernier cas il n'aurait plus existé qu'une succession incohérente. Le fait que, à la fin de la notation, la scène du livre paraît avoir succédé à la scène de cuisine et s'y être rattachée ne peut donc s'expliquer que par l'eflFort logique, qui a donné aux deux scènes l'ordre le plus capable d'en faire une suite d'événements vraisemblables.

Dans l'observation XXXI (p. lH) de mon élève J..., rien n'indique d'une façon précise dans quel ordre les tableaux ont été saisis, et l'on ne pourrait faire à ce sujet que des hypothèses peu solides. Mais l'interversion de deux tableaux, que l'observateur a faite en recopiant ses notes, est visiblement due au besoin d'organisation logique. La scène où se trouve le capitaine de recrutement est interrompue par le réveil brusque : pour l'esprit qui classe spontanément les tableaux dans un ordre de succession, cette interruption signifie que les événements dont le développement est ainsi arrêté ont précédé immédiatement le réveil. La scène où se

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