‹ Le rève: études et observationsChapitre 62 sur 143 · OBSERVATION XLI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLI

Rêve de Ch, M. — Rêve de sommeil léger. Le réveil a élé provoqué par des coups frappés à la porte, mais Tobservaleur, qui avait donné ordre de le réveiller de la sorte pour noter son rêve après réveil brusque, s'est éveillé spontanément un peu avant l'heure, puis s'est rendormi; c'est darjs ce dernier sommeil qu'il a été réveillé brusquement. Je reproduis ses notes, avec sa division en tableaux.

1. Une gare, des gens regardent je ne sais quoi, un monsieur se distingue du groupe un peu confus, c'est un voyageur. Pendant qu'il regarde, le train, qui est tout à côté, part. Le monsieur s'en aperçoit, et dit simplement : « Tant pis. » Un compartiment de seconde classe est particulièrement encombré : loute une famille, avec ses bagages, Le voyageur qui a manqué le train demande combien do temps il lui faudra attendre : « Douze à quatorze heures », lui est-il répondu. Il s'en ira à pied. Mais les sentiers, nous sommes en pays montagneux, sont très raides, un camarade y a fait les manœuvres, et, durant ces manœuvres, il a établi des sentiers; quelques soldais, nous rapporte-t-il, très fatigués, marchaient tout en dormant.

2. Nous montons une route en lacets, il fait un peu nuit déjà. Nous sommes quinze ou vingt Des frères passent avec leurs élèves, nous les conspuons. Un gamin passe, conduisant à la corde un chevreuil blessé qui gambade en entendant notre bruit.

3. Un camarade, C..., me serre contre lui et ne veut pas me lâcher. J'ai à la main trois cannes, dont une seule m'appartient: Nous sommes à un tournant de chemin. Je

LOCALISATIOPî DANS LE TEMPS 149 . •;;

trouve la petite fille à la marche hésilanle est par suite i

rejetée en arrière. ;,|

Voici deux autres observations dans lesquelles les j^

observateurs (deux de mes anciens élèves) ont distin- . <J

gué avec soin Tordre subjectif et Tordre objectif en ce ;^|

qui concerne la place du tableau principal par rapport . p

aux autres. . -^

150 LA CONSTUUCTION DU nÊVE APHÈS LE SOMMtIL

frappe C... avec mes cannes : la lutte est longue, il se contenle de me serrer contre lui, enfin il me lâche. Deux des cannes sont cassées; la troisième, inlacle, est au milieu du fossé. En la ramassant, je me salis de boue. Je me lave la main en m'nppuyant sur la canne, que j'enfonce dans l'eau et qui peu h peu pénèlre dans la vase, ainsi que mon bras, qui entre avec la même lenteur. Une épine me pique le bras, je la retire.

4. Mes camarades sont loin, je marche seul dans une clairière que je reconnais pour l'avoir vue dans un livre illustré. Je m'élonne du scrupule de l'artiste, qui est venu dans cet endroit pour dessiner la clairière. De droite arrivent des aboiements, devant moi le bruit de gens en marche. De c(^té, je vois de la bruyère fleuria, d'un rose plus vif que la bruyère réelle. Je cueille une fleur qui ressemble à la bruyère, mais qui est plus grosse et se groupe en masses compactes. Je mels à ma bouche le brin que j'ai cueilli, il s'en dégage alors seulement une odeur agréable. Je crains que la plante ne soit vénéneuse, et je la jette. Une bâche est étendue à terre et dépasse un peu le milieu du chemin. Je sens une forte piqûre au mollet, que j'ai nu : il y a sur la peau de petits points noirs, réunis en deux masses distinctes assez rapprochées et entourées de places rouges; j'y porte la main.

5. Dans ma chambre. Deux de mes camarades, D... et E... Une valise à terre, au pied du lit ; elle est de cuir jaune et a la forme d'une caisse pour chapeau haut de forme. E... prend celte valise pour partir chez lui : c'est ma valise. Ce n'est plus la mienne, c'est celle de D...

Après que les cinq tableaux ont été notés reparaît le tableau suivant :

6. Je ramasse des graines de pavot dans un jardin très mal entretenu, sali de toutes sortes de débris, planté de choux très hauts, souvent pourris. Au fond, en face de moi, une cheminée, ou il y a beaucoup de suie, et d'où la suie s'est envolée, saupoudrant tout dans le jardin. Une jeunt fille et son chat; le chat, excité par sa maîtresse, se préci-

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