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qu elle est abandonnée par son cocher et qu'elle seule dans la voiture arrêtée « pendant environ heures ». Mais il en est presque de ikiême pendant veille; les minutes d'angoisse nous semblent durer des heures et l'attente allonge considérablement le temps. Tout au plus peut-on admettre que le dormeur, manquant des moyens par lesquels l'homme éveillé peut rectifier ses illusions, est encore plus porté à s'exagérer la durée de l'ennui*.
Cette illusion de la durée que l'on rencontre dans les observations de rêves et qui provient pour une partie de la construction consécutive au sommeil, et pour une autre partie des conditions dans lesquelles se développe la pensée du sommeil, explique le fait que, après le réveil, nous localisons nos souvenirs de rêves dans les différentes parties de la nuit, soit dans les dernières minutes du sommeil quand le rêve est simple, soit plus loin dans le' passé quand le rêve est complexe, mais toujours de façon à ce que le rêve se termine par le réveil; c'est ainsi que l'on croit que le rêve a commencé quelques minutes avant le réveil ou un quart d'heure avant, ou une heure, suivant la complexité et le nombre des événements et suivant la durée dont ils auraient besoin pour se produire s'ils étaient réels; c'est ainsi que l'on croit même avoir rêvé toute la nuit.
i. Voir, sur toute cette question de l'illusion de la durée, J. Tobolowska, Étude sur les illusions du temps dans les rêves de sommeil normal, thèse de médecine, Paris, 1900.