ACTE SECOND
eN important prélude précède le second acte. Il commence par le thème de la Fête-Dieu (17) ; puis, se dessine à la flûte sur un fa dièze pédale donné par la harpe, p. 72, m. 9 et suiv., l'un des principaux leitmotive de la partition : celui de Y Amour :
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Après cette phrase, reprise par les violons, puis par les flûtes et les clarinettes, vient le thème des Saintes (5), légèrement modifié. Superposé à ce dernier, voici encore l'amoureux motif (20). Le mouvement s'anime et la phrase du Désir (9) réapparaît à son tour pour céder enfin la place aux thèmes des Saintes (5) et de Y Amour (20). Celui de la Fête-Dieu (17) termine ce prélude comme il l'a commencé.
Le rideau se lève sur l'atelier des brodeurs, le jour de la Fête-Dieu. Félicien, en se faisant passer pour un ouvrier, est parvenu à être admis dans la maison. Angélique vient d'achever la broderie destinée à l'évéque. A l'orchestre, le thème du Travail (11) alterne avec celui de la Fête-Dieu (17). La jeune fille demande à Félicien de se déclarer auprès d'Hu bert et d'Hubertine. Le faux peintre-verrier promet de venir bientôt faire sa demande. Ce dialogue est bâti sur le thème d'Amour (20). Félicien se retire. Après son départ , Hubert fait observer à Angélique que ses assiduités exigent une solution , d'autant plus qu'il ne croit guère le jeune homme un véritable ouvrier. Angélique rassure ses par<nts adoptifs. Tout mystère cessera bientôt; mais, elle aussi, est sûre que Félicien n'est pas ce qu'il dit être. Pour elle, c'est un prince déguisé. P. 82, m. 7 et suiv., un
thème de belle allure, bien traité dans la manière wagnérienne :
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souligne la Bonhomie des brodeurs et leur préoccupation affectueuse au sujet de l'avenir de leur enfant.
Angélique va s'habiller. Restés seuls, Hubert et Hubertine souhaitent le bonheur des deux jeunes gens dans un unisson d'une coupe un peu connue, mais d'une mélodie apaisée et mélancolique qui ne manque pas d'un certain caractère. P. 88, m. 11 et suiv., il faut remarquer, aux cors et à la harpe, une imitation de sonnerie de cloches fort réussie. Angélique revient gaiement les bras chargés de fleurs. P. 91, m. 9 et suiv., retour, aux instruments de bois, du motif de la Fête- Dieu (17) en valeurs diminuées. Mais voici que, dans le lointain, s'élève, chanté par les femmes et les enfants, un vieux cantique français. C'est la procession qui arrive. Le cœur d'Angélique palpite. Bientôt elle va tout savoir.
Le motif du Rêve (7) se déroule à l'orchestre. Peu à peu, les roulements de tambours et les chants se rapprochent. La jeune fille, penchée à la fenêtre, narre le passage de la procession
dans un récit plein de naturel et d'une justesse d'accents remarquables. P. 99, m. 10, et p. 100, m. 1 et suiv., quand elle signale la statue de sainte Agnès, une transformation du motif du Mysticisme (8) pétille au bois, au cor et à la harpe. P. 101, m. 7 et suiv., et p. 102, m. 2 et suiv., au moment où Angélique va apercevoir Félicien, curieuse déformation du thème du Rêve (7). Tout à coup, à la suite de l'évéque, Félicien apparaît. La ressemblance des deux hommes frappe immédiatement la petite brodeuse,, qui pousse un cri de joie enivrée pendant que, triomphant, éclate, fortissimo, le thème du Rêve (7). Le rideau tombe sur cette scène animée.
Ce tableau n'est pas inférieur aux deux autres. L'arrivée de la procession dans le lointain et son passage sous la fenêtre sont d'un effet tout à fait trouvé.
Le quatrième tableau se passe dans la salle du Chapitre, contiguë à la cathédrale. Le prélude de quelques mesures ramène les motifs du Passé (12), du Souvenir (13) de la Douleur (14).
L'évéque est seul. Il s'affermit dans sa résolution de s'opposer au mariage de son fils avec Angélique. Ilauteeœur veut épargner
à son enfant les douleurs de la vie mondaine. Pour cela, le jeter dans les bras de Dieu lui paraît le plus sûr moyen. P. 106, m. 11 et suiv., une série d'accords donnés alternativement par les hautbois, les clarinettes, les cors, puis par les bassons et le quatuor :
No 33.
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caractérise le Refus implacable de l'évéque aux désirs de Félicien. Ce thème, ainsi que ceux spécialement affectés à Hautecœur, accompagnent constamment les différentes mélodies chantées par le prélat. Hubert et Hubertine, mandés par Monseigneur, arrivent d'un air humble et quelque peu gêné. Jean de Hautecœur leur fait connaître sa résolution et leur demande de briser la folle espérance d'Angélique. Dans toute cette scène, la mélodie, chantée à l'unisson par les deux époux à l'acte précédent, et le motif du Passé (12) persistent à l'accompagnement. P. 116, m. 13 et suiv., retour à la clarinette du thème de la Bonhomie (21). Au moment où les brodeurs se retirent, le motif d'Amour (20) éclate fiévreusement et Félicien entre dans la salle. Il supplie encore son père ; mais ce dernier, tout en le consolant, reste inflexible. P, 120,
m. 1 (au chant), apparaît le dernier leitmotiv de la partition : celui de Y Amour paternel :
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Ce thème revient souvent dans les pages suivantes ain.si que ceux de l'Amour (20), de la Douleur (14), du Refus (22). Jean congédie son fils et entre dans l'église. Réapparition du motif de la Devise (1). Celui du Rêve (7) revient aussi en valeurs augmentées.
Angélique arrive pendant que le hautbois et la clarinette font entendre, p. 125 (*), m. 1 et suiv., une intéressante transformation du thème d'Amour (20), transformation que l'on retrouve à la page suivante. La jeune fille veut plaider elle-même sa cause auprès de l'évéque ; mais, malgré l'éloquence de sa supplication, celui-ci la repousse et se retire. Angélique s'évanouit. Le thème de la Légende dorée (6) reparaît, p. 126 et 127 (**) ; celui de la Douleur (14), entrecoupé par les accords du Refus (22), accompagne la supplication de l'enfant.
Ce tableau, malgré de grandes, d'incontestables qualités dramatiques, ne me semble
(*j Première édition, p. 12G, m. <s et suiv. f*) Pages 128, 129.
pas valoir les précédents. La mélodie y est moins libre d'allures et d'un style parfois moins personnel.