LES PROBLEMES
De plus, les représentations qui occupent l'esprit au moment même où finit le sommeil sont bien souvent oubliées. C'est là un fait connu de quiconque a essayé de noter ses rêves : nous nous réveillons avec la certitude d'avoir rêvé, mais, pour des causes diverses, nous sommes incapables de retrouver notre rêve, ou bien nous n'en retrouvons que quelque fragment insignifiant, un membre de phrase, par exemple, ou même un seul mot. Cela n'a rien de surprenant, car la rêverie de la veille présente le même fait : « A quoi pensezvous? » dit-on à une personne plongée dans une rêverie; et il arrive souvent que la personne interpellée est incapable de répondre : la question a suffi pour chasser les images fugitives de la rêverie.
Ainsi, la mémoire du rêve est très infidèle en ce sens qu'elle laisse échapper la majeure partie des événements. Elle l'esi aussi en ce qu'elle déforme ceux qu'elle conserve. Comme le disait Marillier, dans un passage souvent cité, « Il est rare que nous puissions « raconter au réveil notre rêve tel que nous l'avons « rêvé..., même le récit d'un rêve écrit au réveil ne « mérite qu'une confiance limitée, j'entends pour les « clétails*. »
Plusieurs psychologues ont exprimé la même opinion, en insistant davantage sur les déformations que là mémoire fait subir au rêve.
Selon Spitta, lorsque nous voulons raconter ou écrire notre rêve, nous sommes forcés d'y ajouter la liaison logique qui y faisait défaut, la coordination dans le temps et dans l'espace qui n'existait pas*. Delbœuf, à