‹ Le rêve: études et observationsChapitre 40 sur 136 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

i\uit du 1" au 2 juin 1900. — Je me couche à 10 heures du soir, après avoir mis l'aiguille du réveille-maiin à Il heures. Je prends la résolution ferme de me lever dès que je l'entendrai sonner et d'aller l'arrêter. — A 11 heures, sonnerie ; je me lève, je pousse le cran d'arrêt et je vais m'asseoir à ma table encore tout endormi; je finis par me réveiller, mais il s'est passé du temps, et je ne parviens pas à retrouver mon rêve. J'ai l'impression cependant d'avoir eu l'esprit occupé de quelque chose, mais je ne puis retrouver de quoi. Je mets l'aiguille à minuit, je remonte la sonnerie, et je vais me recoucher. — Minuit. En entendant la sonnerie, j'ai l'illusion de n'avoir pas dormi, je crois d'abord qu'il n'est que 11 heures, et je ne change d'opinion qu'en voyant l'aiguille marquer minuil. Je ne parviens pas à reconstituer mon rêve : j'ai pourtant la persuasion d'avoir eu l'esprit occupé de quelque chose, que le bruit du réveille-matin a interrompu, mais je ne retrouve rien. — Al heure, à 2 heures, à 3 heures, à 4 heures, même résullat : je ne-peux pas retrouver le rêve qui a dû occuper l'esprit, j'y renonce pour cette nuit. Cependant, à 3 heures, le bruit de la sonnerie a troublé une série d'images, dans laquelle je suis sûr qu'il y avait une conversation.

Aprèfi-niifH du 2 juin, — Fatigué par les interruptions de sommeil de la nuit précédente, je me couche à 2 heures pour faire la sieste. Je mets le réveille-matin à 2 h. 30. — Réveillé brusquement à 2 h. 30, j'arrête là sonnerie et je fais mon examen de conscience : j'ai le souvenir d'une conversation, mais je ne sais plus avec qui, ni sur quoi. Jemels le réveille-matin à 3 heures et je me recouche. — A3 heures, je n'ai pas pu me rendormir ; je rêvasse, et je noie r^^xtrême vivacilé des images. — A 3 h. 30, je me suis celle fois bien rendormi, mais le résultat de l'expérience est le même que pendant la nuit : un souvenir tellement confus qu'il équi-

vaut à Toubli de ce qui occupait Fesprit et que je ne peux rien noter.

Soir du 2 juin^ il heures. — Le rêve obtenu à ce moment, quoique vague, ne Test pas autant que ceux de la nuit précédente. Je raconte (à qui? peut-être à ma femme) que, à la suite d'une conversation (avec je ne sais plus qui, je viens d'oublier les deux ou trois détails qui me restaient dans Tesprit, en écrivant ce qui précède)... — Je renonce à pousser plus loin Texpérience, et je m'endors avec Tintention de me reposer toute la nuit, mais je ne sais au juste comment la chose s'est faite, le réveille-matin sonne de nouveau à minuit. Après ce réveil imprévu, je note un rêve complexe composé de quatre tableaux.

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