Ibid.y p
fait est entièrement inexplicable si Ton admet que les deux tableaux aient été donnés en succession. C'est pourquoi j'en tire un argument en faveur de la simultanéité. L'autre rêve rapporté par Charma donne lieu aux mêmes réflexions.
Uétrangeté de cette contradiction paraît moins obscure si Ton considère d'autres rêves du même genre dans lesquels la contradiction est poussée moins loin et peut se comprendre plus aisément.
« Je me rappelle, dit Maury, que, dans mon enfance, m'étant assoupi par un effet de la forte chaleur, je rêvai qu'on m'avait placé la tête- sur une enclume et qu'on me la martelait à coups redoublés. J'entendais, en rêve, très distinctement le bruit des lourds marteaux; mais, par un effet singulier, au lieu d'être briséo, ma tête se fondait en eau ; on eût dit qu'elle était faite de cire molle. Je m'éveille, je me sens la figure inondée de sueur, transpiration qui n'était due qu'à la haute température. Mais ce qui était plus remarquable, j'entends, dans une cour voisine, habitée par un niaréchal, le bruit très réel de marteaux. Nul doute que ce ne fût ce son que mes oreilles avaient transmis à mon esprit endormi. 11 y avait là une sensation réelle, associée à un fait imaginaire, le martellement de ma pauvre tête, que je sentais aussi très réellement se fondre en eau*. »
Ce rêve peut être analysé facilement. 11 est, chose rare, composé de deux tableaux .perceptifs : Maury rêve que sa tête se fond en eau (ce tableau a pour origine la sensation de la sueur qui lui coule sur la tête); il rêve aussi qu'on lui frappe la tête à coups de mar-