‹ Le RêveChapitre 16 sur 30 · SCÈNE II JEAN, HUBERT, HUBERTINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II JEAN, HUBERT, HUBERTINE

JEAN

Je vous ai l'ait venir, afin que nul mystère

Ne demeure entre nous.

Ce n'est pas le pasteur qui parle, c'est le père!

HUBERT, HUBERTINE, troublét

Ah!... Monseigneur!...

Rassurez-vous*

• ■■. '.1 Mon nUs m'a tout appris, et j'ai dû, — sans colère,

Mais fermement, —.tout refuser. — C'est mon devoir.

Je l'ai fait.

HUBERT, HUBERTINE s'inclinant avec respect. C'était juste.

JEAN, les fixant plus sévèrement.

Ètes-vous sûrs d'avoir Fait le vôtre de même?

Hubert et Hubertine se regardent avec angoisse. Jean continue plus doucement.

Auprès de cette enfant qui l'aime, Vavez-vous pas au moins imprudemment De mon fils souffert la présence ?

HUBERT

Monseigneur, nous avons ignoré sa naissance Jusqu'au dernier moment.

JEAN

Je vous crois.

HUBERTINE, un peu enhardie, mais simplement. En voyant s'épanouir leur âme Pure comme le jour, nous nous taisions, pensant Que Dieu faisait son œuvre en les réunissant !

HUBERT

Et nous sommes, je crois, à l'abri de tout blâme !

JEAN

Je ne vous juge pas.

Pensif.

Pourtant, songeons d'abord

A réparer le mal dont nul ici n'est cause.

Sur vous mon esprit se repose.

Comme à lui-même

Un rameau si léger se courbe sans effort. .. Un cœur si vite épris promptement se ramène Au calme, à la paix souveraine...

Plus directement

Votre fille, si jeune, aura vite oublié ! Puis, sachez que mon fils, d'ailleurs, était lié Par un vœu que j'ai fait....

Trouvez donc la parole Qui rompe à jamais leur, accord.

Enfin, brisez leur espérance folle !

HUBERT, faiblement.

Alonseigneur a raison: Elle est si jeune encor...

HUBERTINE, regardant l'évêque.

C'est bien ! nous trouverons ce qu'il faudra lui dire.

Geste de l'évêque, sur lequel Hubertine et Hubert s'éloignent lentement se dirigeant vers la porte de la nef au fond.

JEAN, à part, avec une fervente aspiration.

Mon Dieu! rendez la joie aux cœurs que je déchire !

Félicien paraît au seuil de la porte de la nef, au moment même où Hubert et Hubertine y arrivent. Il fait un mouvement vers eux, d'un air suppliant, comme pour leur parler. Tous deux le saluent gravement et passent. La porte se referme sur eux.

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