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CHAPITRE X

Les états de conscience, Tailleurs, l'au delà, le doute, l'étonnement, etc.. Les processus psychiques. — I. Automatisme cérébral. Sa définition. Rêve du Barreau Elastique. Rôle important de ce processus dans la vie éveillée. Idée de Lebon : il

' est la condition indispensable de tout progrès. Son rôle est non moins grand dans le rêve. — IL Cérébration inconsciente. Sa définition. Exemples dans l'hystérie, dans l'hypnose. Travail utile inconscient pendant le sommeil : il ne suffit pas à démontrer la cérébration inconsciente dans le rêve. Exemples démonstratifs : rêve de Talence ; rêve de Mrs Toothsmooth. Autre explication possible. — Autre catégorie de phénomènes. Rêve du Discours Copié. Rêve du Bureau de Recru- "errient. Signification de ces différents cas par rapport à la cérébration inconsciente. — III. Raisonnement et logique dans le rêve. Mélange de vrai et d'absurde dans lequel aucune systématisation n'apparaî;k Rêve des Deux Horloges. Rêve des Fillettes Encombrantes. Rêve du Poteau Télégraphique. Causes responsables du résultat. — IV. Cérébration créatrice dans le rêve. Injustifié est le sentiment d'admiration que nous éprouvons au réveil pour certaines productions oniriques. Rêve de la Composition Poétique. — Cérébration créatrice dans la littérature : le cas de la sona'e de Tartini. — Cérébration créatrice dans les images de mouvements : lutteurs et (gymnastes. — Cérébration créatrice dans le domaine des idées morales : rêve du Prophète. (Rêve du Fouet .Symbolique. Conclusions générales du chapitre.

Automatisme cérébral. — Cérébration inconsciente. — Raisonnement. — Cérébration créatrice.

Ce chapitre sera consacré a l'examen de quelques processus psychiques communs à la veille et au rêve, mais qui prennent dans ce dernier des allures fort différentes de celles qu'ils manifestent à l'état de veille.

Disons d'abord que tous les états de conscience de

i'étal de veille peuvent se rencontrer dans le rêve bien que leur fréquence soit pour quelques-uns bien différente dans ces deux états.

Cette notion n'est cependant pas admise sans conteste.

Kaploun estime que du rêve sont exclus {'ailleurs, l'audelà, Yavant ou le plus tard (sinon à une distance spatiale ou temporelle très faible), le doute, Yétonnement, le rire, etc., par le fait que toute conception d'une chose antérieure ou future, ou pouvant se passer ailleurs ou au delà, se réalise immédiatement en rêve dans le présent, et, par là, supprime tout ce qui n'est pas le présent.

Cependant, dans quelques cas exceptionnels, on rencontre dans le rêve l'étonnement ou le rire, le premier naîtrait quand la notion expliquant le tableau serait lente à venir ; le second ne serait pas cette manifestation de la gaîté bien connu à l'état de veille, ce serait l'audition d'un bruit scandé interprété comme rire et laissant le sujet parfaitement indifférent.

Non seulement nous ne souscrivons pas à ces opinions, mais nous restons surpris qu'elles aient pu prendre place dans l'esprit d'un auteur richement documenté. Très grand en effet est le nombre des rêves où l'on trouve des exemples de toutes les manifestations considérées par Kaploun comme étrangères au rêve. Le fondement de cette opinion, savoir que toute conception d'une chose antérieure ou future ou pouvant se passer ailleurs ou au-delà, se réalise immédiatement dans le présent du rêveur est radicalement fausse. J'en puis citer comme preuve le rêve de la Grosse de Limes, celui de Mrs Toothsmoth, de l'Echoppe Brûlée, de Pour Voir ce qui en Adviendra, de la Scène Scandaleuse, etc. Si donc cette base indispensable vient à manquer, le reste s'effondre.

Ne parlons pas de l'étonnement puisque l'auteur reconnaît lui-même la possibilité de son existence ; pour ce qui est du doute, son existence est non moins incontestable ; j'en donnerai pour preuves mes rêves du Bras

PROCESSUS PSYCHIQUES PARTICULIERS olO

Pincé et du Dîner chez le Prince de M..., où je me livre à une véritable expérimentation, ce qui ne saurait avoir lieu s'il n'y avait doute relativement à l'objectivité de l'impression ressentie ou du phénomène observé.

Quant au rire, se peut-il que quelqu'un écrivant sur le rêve n'ait pas entendu un dormeur rire de la façon la plus manifeste sans même pour cela se réveiller.

Kaploun va jusqu'à dire que la notion du jour et de l'heure manque dans le rêve. Je m'inscris en faux énergiquement contre une telle assertion. Voici en effet un rêve très fréquent chez moi.

Rêve de V Arrivée en Retard. — Je dois me rendre à la Sorbonne pour y faire un cours, ou même au collège pour m'y asseoir sur les banc- en qualité d'élève. Je sais que je dois y être présent à telle heure, et cette heure est une préoccupation qui ne me quitte pas : tantôt je veux m'habiller et ne trouve pas mes vêtements, tantôt je m'égare dans les rues et ne trouve point le lieu où je dois me rendre et, pendant ce temps, je sens que l'heure approche, qu'elle est arrivée, qu'elle est passée ; à chaque instant je regarde ma montre, et me désespère de ne pouvoir arriver à temps.

Passons maintenant aux processus psychiques qui ne sont plus des états de conscience plus ou moins passifs, mais des effets de l'activité cérébrale.

Ce sont : l'automatisme cérébral, la cérébration inconsciente, le raisonnement et la cérébration créatrice.

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