‹ Le rêveChapitre 4 sur 85 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

circonstances, si différente de ce qu'elle est à l'état de \veille ?

Malgré ses extravagances, la pensée du, dormeur . n obéit-elle pas à certaines lois qui, pour être moins simples que celles qui la régissent à Vétat de veille, n'en existent pas moins et nen sont pas moins intéressantes à rechercher ? Le rêve a sa psychologie comme la pensée à l'état de veille, psychologie à peine entrevue et qui a ses problèmes, plus troublants peut-être que ceux de la psychologie normale.

J'en veux donner tout de suite un exemple.

Me voilà, en rêve, déambulant sur une route, vers une destination précise ; [arrive à un carrefour où plusieurs chemins s'ouvrent devant moi; lequel prendre? Je nen sais rien, et grande est ma perplexité. Survient un passant. Je cours à lui, je l'interroge et, sans hésiter, il me montre ma route ; je suis son indication et j'arrive, au but. Parfois même la situation se corse ; [e discute avec lui, [oppose mes raisons aux siennes, et quelle que soit ma décision finale, l'événement me prouve que c'est lui qui avait raison.

Rien d'étrange dans tout cela si ces choses se passaient dans la vie réelle, où chacun a bien le droit d'avoir son opinion et de savoir ce qu'ignore le voisin ; mais dans le rêve, cela est inexplicable et pose un problème des plus étranges et des plus déconcertants ; car la pensée de ce personnage qui sait ce que nous ne savons pas, qui discute avec nous et a raison contre nous, c'est noire propre pensée. Comment sait-elle, lorsqu'elle anime la voix et les gestes de notre interlocuteur, ce qu'elle ignore quand elle habite en nous ?

Voilà une question que peut-être vous ne vous étiez

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