X PREFACE
tendue et bien différente de ce qu'on avait pensé jusqu'ici.
Dans un tout autre ordre, d'idées, le rêve devient, pour le penseur, un sujet de haut intérêt : on verra en effet qu'une part importante lui revient dans la genèse de certaines croyances, très généralement répandues dans l'humanité et <]ue ion attribuait jadis exclusivement et selon les tendances préconçues, à une intervention divine, à l'intuition ou ù l élaboration philosophique : telles sont les croyances à l'immortalité de l'âme, aux dieux, aux diables, aux esprits, aux revenants, aux incubes, etc., etc.
Mais il y a plus : nous aurons ù montrer {et ce nest pas là ce qui surprendra le moins le lecteur non averti) que la science du rêve, qui semblait entre toutes la plus dépourvue d'intérêt pratique, ce qui la faisait reléguer dans les études de luxe, ne mérite point d'être jugée ainsi, car un des derniers chapitres de cet ouvrage aura pour titre : la valeur utilitaire du rêve, et nous y montrerons que le rêve, bien compris et sagement utilisé, peut nous rendre des services appréciables, que la raison éveillée serait incapable de nous procurer.
Enfin, nous avons cru devoir ne pas laisser de coté un aspect de l'étude du rêve, qui n'a trouvé place dans aucun des ouvrages antérieurs sur ce sujet : c'est la question du rêve dans la littérature : nous l'avons envisagée sous deux points de vue, d'abord pour montrer aux romanciers la faute grave qu'ils commettent en construisant les rêves qu'ils introduisent dans leurs créations de la façon là plus arbitraire, comme si, en telle matière. la vraisemblance avait perdu tous ses droits; ensuite. en leur faisant comprendre quel parti nouveau et intéressant ils peuvent tirer du rêve, non-seulement pour en faire usage dans leurs romans, mais pour répandre, dans