‹ Le réveil de l'instinct; pièce en trois actesChapitre 11 sur 66 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

WILLEM

Bonsoir mes amis. Je ne vous dérange pas?

MINEKE, lui serrant la main.

Vous savez que vous êtes toujours le bienvenu, monsieur Wœsting.

BEREND, lui avançant une chaise.

Assieds- toi... Pourquoi ne mas-tu pas dit, tout à l'heure, ù la caserne, que tu allais venir nous voir ?

^VILLEM, embarrassé.

Parce que je ne comptais pas le faire, Berend... Et puis... j'ai changé d'idée, tu vois.

BEREND

Tu as eu raison. Mais assieds-toi donc, (wiiiom s'assied.) On est mieux ici qu'au mess, hein?... Tiens, tu vas me dire des nouvelles de ce Champagne.

Il le sert.

WILLEM, avec une gaieté forcée.

Oh! oh! Mais vous faites la noce tous les deux! (II boit.) Excellent! Excellent !

MINEKE, sur un geste de Berend.

Non, merci. Tous les amis de Berend doivent être bien contents, n'est-ce pas M. Wœsting?

WILLEM, interloqué.

Contents ?

MINEKE.

De savoir qu'il ne fait plus partie de l'expédition de Java. Est-ce qu'il ne vous a pas appris ladécision du colonel?

WILLEM, contraint.

Ah ! si fait. Oui, c'est une grande joie pour ses amis.

BEREND, très gai.

Un qui va rager, c'est le général Meulen! Il s'était dit : « Décidément le sous-lieutenant Jansen se la coule trop douce ! . . . Une petite femme qui l'adore, un colonel qui le gobe, nous allons changer tout ça. Un trait de plume et le voilà aux antipodes ». Eh bien, non, mon vieux singe, ce n'est pas encore pour cette fois. Berend Jansen reste à Rotterdam et il se fiche de toi! (Avec gravité.) Je dirai même qu'il s'en fout!

Mineke a reporté les verres sur le dressoir. Berend s'est levé et est allé rallumer sa pipe devant la cheminée. Willem vient à lui.

WILLEM, bas à Berend.

Berend, tâche d'éloigner ton amie. J'ai à te parler.

BEREND

Qu'y a-t-il?

WILLEM

.Non, pas devant elle; éloigne-là.

BEREND

Dis donc, Mineke, si nous demandions à Wœsting de rester à dîner avec nous ? Qu'en dis-tu?

MINEKE.

Certainement. Vous nous feriez grand plaisir M. Wœsting.

WILLEM

J'accepte, chère madame et je vous remercie.

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