SCENE IV
Les Mêmes, moins MINEKE.
BEREND
De quoi s'agit-il?
WILLEM
C'est le colonel qui m'envoie.
BEREND
Qu'est-ce qu'il me veut?
WILLEM
Le général est arrivé à la caserne comme tu en sortais.
Meulen ?
WILLEM
Oui. Il a demandé à vérifier la liste des officiers partants. Alors, le colonel a exposé ton cas et présenté ton remplaçant.
BEREND
Eh bien? •
WILLEM
Eh bien, mon pauvre vieux, Meulen s'oppose à la substitution.
BEREND
S'oppose?...
WILLEM
Le colonel a essayé de te repêche»-, mais rien à faire! Meulen s'est mis à gueuler : « Les officiers désignés pour partir partiront. Je ne veux d'exception pour personne. J'ai désigné le sous-lieutenant Jansen, le sous-lieutenant Jansen partira ! Qu'on le fasse avertir! »
Toutes ces répliques s'échangent rapidement, à voix basse. BEREND, défaiUant.
Alors... je pars... je...
WILLEM
On t'ordonne d'embarquer dans les douze heures. (Berend s'écroule sur une chaise et cache son visage dans ses mains. Willem lui pose la main sur l'é]»aule.) Que
vas- tu faire ?
BEREND, relovant la tête, après un moment de violente lutte intérieure.
Mon devoir !
WILLEM, s'asseyant près de lui.
Lequel ?
BEREND, d'une voix entrecoupée.
Oh! Je sais ce que tu penses... Mon vrai devoir serait de rester auprès de Mineke... de la faire vivre, d'élever la petite... Le reste, armée, patrie, carrière, honneur, ce sont des mots!... C'est possir-