ACTE DEUXIÈME
jours il ne me raconte plus rien... Il se tait... Quand je l'interroge, il répond par monosyllabes... Mais ce n'est pas là ce qui me chagrine le xjIus...
WILLEM, même jeu.
Qu'est-ce donc ?
ANNETTE
C'est d'être obligée de croire qu'il m'en veut... qu'il ne m'aime plus...
WILLEM
Mais toi... tu l'aimes toujours, n'est-ce pas?
ANNETTE
Sans doute... Pourquoi me le demandez-vous?
WILLEM
Pour rien, mon enfant... (Dissimulant la curiosité passionnée de ses questions.) Dis-moi... Gomment l'aimestu, ton parrain ?
ANNETTE, surprise.
Gomment je l'aime ?
WILLEM, même jeu.
Oui, l'aimes-tu par devoir ? Parce qu'il t'a fait élever? Parce qu'il t'entoure de bien-être et de luxe ?
ANNETTE, avec ingénuité.
Oui, je l'aime pour tout cela, mais pas seulement pour tout cela.
WILLEM
Alors, tu l'aimes parce qu'il tiendra dans ta vie la place de tes parents morts? Tu l'aimes... comme on aime son père ?
ANNETTE, vivement.
Oh non, pas du tout !
WILLEM, grave, la fixant.
Gomment l'aimes-tii donc ?
ANNETTE, presque effrayée.
Pourquoi me regardez-vous ainsi?... Pourquoi me posez-vous toutes ces questions?... Qu'avezvous ?
WILLEM
Rien. Rien.
ANNETTE
Si, depuis un instant, vos yeux sont rivés aux miens... Ils fouillent... fouillent dans ma pensée... Pourquoi? Je n'ai rîen à cacher... Je n'ai rien dit de mal.
WILLEM, lui prenant les mains.
Non, ma petite Annette. Demeure toujours ce que tu es, aussi limpide, aussi pure, et quoi qu'il advienne, jamais tu n'auras pensé, ni dit, ni fait rien de mal.