ACTE DEUXIÈME
BEKKNI).
Bonjour... Je t'ai entendu chasser tout à Tlieure.
Poignéo do mains.
WILLEM
Ah... ahl... VA que faisais-tu dans le bois ? BERËND, brusque et préoccupé, s'asseyant sans prendre g ardd à Annette.
Moi, rien. Je marchais.
ANNETTE, debout près de Berend, avec timidité.
Bonjour, mon parrain.
BEREND, sans la regarder.
Bonjour, Annette. (ll se sort et mango on silence.
Après un temps.) Tu as fait bonne chasse?
WILLEM
Assez bonne. Deux becs d'or et quelques loris.
BEIIEND.
Il n'est venu personne de la factorerie?
WILLEM
Je ne crois pas... J'ai rencontré le missionnaire en rentrant.
•BEREND
Ah!
Il sortait d'ici avec l'idiot.
BEREND, avec colère.
Gomment?... L'idiot était encore à rôder autour de cliez moi?... Si son père ne peut pas le garder, je vais faire un rapport et on l'internera!
ANNETTE
Oh, mon parrain, ce serait cruel ! Il n'est pas dangereux !
BEREND
Tu n'en sais rien. Personne ne le sait... Et puis, dangereux ou non, il est hideux I... Il m'impressionne!... Je ne veux plus le voir!
Il mange en silence. Willem l'observe.
WILLEM
Tout à l'heure, Annette me faisait observer une chose qui est ma foi vraie.
BEREND
Laquelle?
WILLEM
Tu as l'air préoccupé. Tu n'as plus ton visage heureux et insouciant d'autrefois. Aurais-tu des ennuis?
BEREND, avec embarras.
Non... Quels ennuis veux-tu [que j'aie?... Gomment, Annette, tu as cru ^remarquer un changement en moi ?
ANNETTE, troublée.
Oui, mon parrain... Il m'avait semblé... Je croyais...
WILLEM
Elle sMmaginait que tu étais fâché [contre elle !
BEREND
Moi? Contre elle?... Mais non, ma chère petite... Gomment as-tu pu.supposer une chose pareille?
ANNETTE, vivement.
C'est bien vrai? Vous ne m'en voulez pas? Je ne vous ai chagriné en rien?... Ah, dites-le moi, mon parrain... dites-le moi!
BEREND, fuyant toujours le regard d'Annette.
En^rien, mon enfant, je te le promets.