‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 102 sur 131 · GISELLE, LÉONORE · texte numérisé non relu

GISELLE, LÉONORE

GISELLE

C'est vrai que je suis furieuse!... Un mari n'a pas à faire le mignard avec sa femme quand il achève à peine de déclarer qu'il pourrait ne plus voir en elle qu'un animal immonde, à détruire !... Je sais bien que cette appréciation est conditionnelle; et, Dieu merci! je ne remplis pas la condition. Mais le langage de ce brave Raymond m'a froissée dans la solidarité qu'on éprouve instinctivement pour la personne humaine et pour les créatures de son sexe. Je n'ai pas contenu mon irritation. (Elle fait Uter sa main à Léonore.)

Tenez, j'en ai encore chaud...

2o8 l'énigme

LÉONORE, souriant.

Calmez-vous!

GISELLE

D'ailleurs, on étouffe ici. Cela sent encore la fumée de tabac.

LÉONORE

Si vous le voulez, nous n'avons qu'à rouvrir.

GISELLE

Mais oui!... Je ne vois pas pourquoi nous nous laisserions calfeutrer de la sorte. (A Léonore qui s'est levée.) C'est vous qui vous dévouez... Allez-vous savoir?...

LÉONORE, après avoir essayé d'ôter la barre.

Ma foi, non! c'est trop dur, j'y renonce.

GISELLE, allant à la porte.

Laissez-moi opérer... Aïe!... Oui, c'est le

diable!.... (Elle ouvre un des battants de la porte.) Ah! voilà qui est fait... (Revenant à sa place.) Hé! diteS

donc^ vous ne vous êtes guère rangée à mes côtés, tandis que nos maris enfourchaient leurs

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