‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 103 sur 131 · ACTE I, SCÈNE X 2O · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X 2O

dâdasi... Il est vrai que le vôtre, moins agressif que le mien, ne manifestait pas, le cas échéant, un aussi ferme propos d'occire son épouse...

LÉONORE

A l'entendre, il serait disposé à faire pis.

GISELLE

Comment cela?

LÉONORE

Admettez que, par impossible, je devienne un jour coupable, que je me fasse prendre, que mon mari applique son système de tout à l'heure, qu'il tue un bien-aimé que j'aurais, et qu'il me garde vivante... Ne me répondez pas que j'en serais quitte par le suicide : on n'a jamais la certitude que l'on pourra, soi, faire cela... Il ne suffît pas de s'en trouver l'énergie physique. Souvent, votre cœur est tenu par des grappins dont il ne saurait se dégager. Ainsi, vous avez, vous, vos enfants...

GISELLE

Certes!

2IO l'énigme

Moi, j'ai mon petit, que, volontairement, je ne quitterais pas plus pour m'en aller dans la mort que pour m'en aller dans la vie... Quels lendemains pour une femme si, comme c'est arrivé déjà, son mari la maintient près de lui, après l'avoir châtiée dans l'autre! Toujours voir le mort, étroitement à sa gauche, et, à sa droite, l'assassin!

GISELLE

Oh! oui!... C'est épouvantable!...

LÉONORE

Et si la maîtresse se rappelle avoir déterminé la catastrophe par quelque négligence d'attitude, par quelque imprudence de parole, le véritable assassin n'est même plus le mari, c'est elle.

GISELLE

Vous avez raison.

LÉONORE

C'est désormais devant ses yeux, à elle, que

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