‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 88 sur 131 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

NESTE, VIVARCE.

NESTE

Les chères mignonnes I Je ne leur veux que du bien... En épousant mes jeunes cousins, elles m'ont recréé une famille. Puisque la femme dont je suis veuf ne m'a point donné d'enfant, ma race ne va survivre qu'en ligne collatérale, par Raymond et Gérard. D'ailleurs, ils sont dignes de mon estime et de mon héritage. Je les crois eux-mêmes bien intentionnés envers moi; et je me flatte qu'ils n'aient point trop hâte de me voir mourir...

VIVARCE

Certes!... Quelle idée!...

lyS l'énigme

NESTE

Oh! pourtant, si tout à l'heure ils me retrouvaient frappé d'apoplexie dans ce fauteuil, je préfère ne point me dépeindre la figure qu'ils feraient... Non, je vous assure! Pour des chasseurs aussi déterminés, il y aurait tout de même une sensation de victoire à étendre, sur le carreau, le gibier que j e suis.

VIVARCE

Vous calomniez leurs cœurs 1

Vous êtes leur ami depuis le collège, vous êtes à présent devenu leur inséparable : ce serait votre rôle de les défendre si je les attaquais. Mais je plaisante; et je n'ai en vue que de vous édifier, d'abord, sur une notable différence entre mon tempérament et le leur.

VIVARCE

Je m'en suis bien aperçu tout seul.

NESTE

N'est-ce pas? On ne croirait point que nous

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