ACTE I, SCÈNE VII I
de mari qui s'en rient à ce raisonnement : c Tu me trompes, je te tue... i> est, par excellence, un monstre d'illogisme. Toi, tu vois là deux termes qui s'opposeraient indiscutablement l'un à l'autre, comme la quinine à la fièvre. Ah çàl tromper n'égale pas tuer. Tromper, c'est le mal; tuer, c'est le pire. Tuer quelqu'un, c'est se comporter en ennemi mortel; tandis qu'une femme peut être la meilleure amie de son mari et le tromper...
GÉRARD
Voilà du propre I
RAYMOND
Qu'est-ce que tu nous chantes là ?
G I SELLE, prenant Léonore à témoin.
Nous en connaissons ?
LÉONORE, souriant.
Quelques-unes.
NESTE, à Raymond.
Oui, comment oses-tu soutenir la légitimité de pareils meurtres, à notre époque, après deux
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mille ans de christianisme, quand il y a la séparation, et, à la rigueur, le divorce, et encore le pardon, et surtout... l'esprit!...
RAYMOND
En religion, le serment de fidélité lie jusqu'à la mort. Quant au code, qu'on a tant remanié depuis cent ans, on n'a pas touché l'article qui excuse l'époux de se faire justice : il reflète donc bien toujours la volonté de notre temps. La femme parjure qui n'a plus pour son mari qu'une âme d'hypocrisie, qui lui rapporte une bouche possédée par un autre et un corps dont les secrets se sont étalés ailleurs, cette femme-là n'est même plus digne de son nom de baptême : c'est Y'^ ^y" une bête impure, c'est une chienne du diable qu'il faut abattre, avec le chien qui la suit!
LÉONORE
Quelle horreur!
GISELLE
Oh! c'est trop fort! cela dépasse tout langage permis!... Tu tranches les questions évidemment sans te les représenter. Tiens : supposons une bêtise, une énormité, supposons une faute que