ACTE I, SCÈNE Vil ipf
j'en serais venue à commettre et toi à découvrir. Alors! pendant que je serais, eh bien, oui! je le sens, au désespoir de te causer ainsi la première douleur de notre ménage, tu oublierais tant d'années que nous aurions vécues dans l'affection? Et toi, qui n'aurais pas cessé de m'être très cher, toi, mon compagnon de tout temps...
RAYMOND
Je ne serais plus cela : je serais celui que tu aurais trompé.
GISELLE
Quoi! lorsque, par un dernier geste d'habitude, je chercherais une fois encore ta protection, tu te jetterais sur moi comme le bourreau! tu m'arracherais mon dernier souffle! tu me noierais dans mon sang!
RAYMOND
Oui.
GLSELLE
Ah bien ! je ne te reconnais pas de droit pareil. Si c'est dans ton code, ce n'est pas dans ma conscience. Je ne distingue plu s là qu'une vilaine
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bataille de la force contre la faiblesse. Et, pour m'y dérober, aucune échappatoire, ni feinte, ni ruse, ne me répugnerait, je m'en vante!
RAYMOND
Il n'y a pas de quoi te vanter I
NESTE, à Gérard.
Au moins, toi, j'augure de ton silence que la profession de foi de ton cadet t'inspire la même réprobation qu'à nous !
GÉRARD
Oh! moi, si j'avais épousé une autre femme que Léonore, d'où me fut un jour venu le déshonneur, je crois que je lui aurais laissé tout de même la vie. Mais ce que je sais, c'est que son amant, je l'aurais supprimé comme un voleur ^ escaladant ma propriété.
VIVARCE, avec force.
A la bonne heure! Un homme tue un homme.
NESTE, d'un ton plus fort.
Un homme ne tue pas un homme.