GRANDS HOMMES I
La terre n'a jamais aimé ceux qui la dominent, ceux qui planent, qu'ils soient aigles ou colombes, c Elle
fournit le plomb pour tuer les oiseaux, » dit quelque part M. Hello. Pourtant, si on savait regarder avec profondeur, ou verrait que personne ne nous est plus proche et plus semblable que les grands hommes puisqu'ils sont les aînés de Celui qui nous a tous façonnés à son image et qu'ils se tiennent devant Lui pour nous abriter contre le resplendissement solaire de sa Face. L'apôtre saint Jacques a beau nous dire qu^Élie était semblable à nous et passible, nous refusons de le croire; non par humilité, mais par Fignoble bêtise de notre orgueil qui ne veut rien admirer. Le préjugé sur Christophe Colomb est si tenace et si fort que le plus grand poète du monde, en le supposs^t inspiré par la plus magnifique de toutes les indignations, n'arriverait jamais à la surmonter. L'Église seule a ce pouvoir, parce que € sa conversation est dans les cieux », et, qu'étant l'épouse pleine de miracles de Jésus-Christ, elle a le secret de délier le cœur des hommes de bonne volonté aussi bien que la langue des imbéciles.
Dieu nous garde de préjuger l'infaillible décision de cette Mère des vivants. Elle s'est tue jusqu'à ce jour et, par conséquent, nous avons à peine le droit de parler. Mais la tremblante expression d'un religieux désir n'est pas ennemie d'un profond respect et d'une filiale soumission. Le Comte Roselly de Lorgnes, qui a l'honneur de représentera Chrétienté en sa qualité de Postulateur de la Cause de Christophe Colomb, paraît destiné à l'honneur plus grand encore de la voir triompher. Il est permis de considérer comme probable que la prochaine session de l'Assemblée œcuménique reprendra, pour en finir, cette grande affaire qui, à son tour, est là, maintenant, comme l'autre grande affaire du Navigateur, « les
70 LE RRTELATBCR DH <?LOBB
bras ouverts, appelante! attendant (1)». Mais il faut que le Postulateur soit aidé par tons les catholiques et il est triste à penser que, jusqu^à présent, il s*est vu presque seul. Les sympathies ecclésiastiques, à eominencer par la plus au^ste, né lui ont certes pas manqué ; mais le monde, le vaste monde laïque n*a pas beaucoup pdpité jusqu'à cette heure...
Dans ces dernières années, le Comte RoseUy dç Lingues craignant de ne pas vivre assez longtemps pour chanter le Nunc dimUtis de la victoire et ne voulant pas que cette grande pensée mourût avec lui, se âé(e^ mina à choisir un vieë-postulatenr pour continuer son œuvre quand il ne serait plus. Kélection était difBdIe et d'une grave conséquence. 11 fallait un homme d'un esprit très sûr et d'une patiente ferveur, que ni leâ coutradictions du monde ni les interminables délais de te Cour de Rome ne flissent capables de rebuter. Il jeta enfin les yeux et fixa son choix sur un compatriote du grand homme, M. Joseph Baldi, le j»remftpr Génois qui ait écrit en catholique sur Christophe Colomb. Issu d'une ancienne famille transplantée à Gènes au commencement du xvii* siècle, appelé par son opuleat commerce de pierreries à parcourir les mers, ayant passé plusieurs fois de l'Atlantique dans le grand Océan, il put, avec le Psalmiste, admirer les transpcMls de la mer, 7nirahiles elationes maris. Pendant un de ses voyages. comme i) revenait en Europe, doublant le terrible cap Horn, son navire fut assailli de la plus eftroyable tem-
1. La question des Lieux Saints, l*une des plus ajrdentas préoccupations de i'AmiraL — « El otro negocio famosisimo esta con los a brazos abiertos llamando: extrangero ha sido fastahora. » — lettre aux Rois Catholiqtics^ datée de la Jamaïque^ le 7 juillet iSOS.
pète. Alors que tous se croyaient perdus, ce chrétien prédestiné n*impkNra pas en yain le secours du Dieu de Gohmib.
Ses longues pérégrinations maritimes avaient merveilleusement préparé M. Joseph BaMi à comprendre la grandeur de celui qui, le premier, osa franchir Finexorable cercle de Popilius de la cosmographie traditionnelle. Quuid il lut son histoire écrite par Tordre de Pie IX, toute son âme s'élança vers la beauté morale du Messager de rÉvangile et l'enthousiasme le fit écrivain. M. Joseph Baldi est, de tous les Italienst celui qui a le plus efficacement travaillé à répandre dans la Péninsule la gknre catholique du Grand Amiral ^e TOcéan. Il mérita ainsi Timmense privilège qu'il partagera désormais avec Fun des plus considérables défenseurs de la foi au xix« siècle.
En 1881, le dimanche des Rameaux, M. Joseph Baldi fut présenté à S. S. Léon XIII par le Comte Roselly de Lorgues et il eut Thonneur de placer sous les yeux du Pape un magnifique album, assurément le plus curieux recudl qui fût jamais entré au Vatican. Cet album contenait alors QUATRE CENT SOIXANTE-SL\ adhésions épiscopales sollicitant du Chef de l'Église rintroduction exceptionali ordine de la Cause du Serviteiu: de Dieu devant la Sacrée Congrégation des Rites.
La Postulation est donc assurée de ne pas périr. Elle est en des mains sûres et fidèles. L'opposition passionnée et inconcevable qui en retarde le succès, qui voudrait tant le rendre impossible et qui ramasse pieusement, pour en lapider le moins paresseux des hommes, le fumier de tous les ruminants de la calomnie ; cette opposition béte et puissante, dont je nommerai les pria-
TSt LE RBVBLATSUR DU OLOBK
cipaux acteurs, ne parlera pas du moins toute seu ne triomphera pas dans le mutisme sempiternel ( conscience publique. L'avenir de cette Cause excepl nelle qui intéresse tous les peuples dépend, draille en ce moment, d*un seul homme qui peut, d'un i anéantir cette conspiration de reptiles. Cet homme, i lo Vicaire de Jésus-Christ. SIX CENT QUINZE ques (1) sont à ses pieds, et derrière eux, tout ce dans Vunivers chrétien, représente Tautorité de la? ou Taristocratie de la pensée...
Or, Dieu sait si le temps nous presse ! Voici ven: quatrième centenaire de la Découverte. Dans un si athée et néanmoins aussi livré que le nôtre aux apotl ses et aux simulacres, il est raisonnable de conjecti qu'un extraordinaire effort sera tenté pour éteindre! réoîe naissante de Tapôtre sous un déluge de dit x^ambes philanthropiques et révolutionnaires. Les cal liques jujgeront si les quelques difUcultés de procéd opposées à la Béatification du plus grand héros chréi des temps modernes peuvent et doivent entrer en lance avec l'énorme intérêt évident de restituer à glise une illustration de premier ordre qui lui apparti entièrement et que ses plus abjects ennemis ont en pris de lui ravir. Il est digne, en effet, de TÉglise, protéger ses premiers-nés et de faire respecter leur i moire quand ils ont cessé de combattre et de soûl pour elle. 11 est digne de la France qui fut dite au fois la fille aînée de cette Mère et qui a eu Phonneui réclamer, la première, cette solennelle réparation ; il
1. Depuis le jour de la présentation du vice-postulateur, le noii des adhésions épiscopales 8*est élevé à ce chiffre. (Novembre il
HISTORIQUE Dl LA CJàCSC 73
très (ligne d'elle de la réclamer encore avec des cris et des prières. Il est digne enfin de TÉpiscopat universel qui a déjà si noblement intercédé pour l'auguste Patriarche des mission? transatlantiques, de recommencer autour de la Chaire de Rome son éloquente importunité et de la prolonger jusqu au jour vraisemblablement prochain où l'Épouse mystique du Roi de gloire. Père des pauvres, chantera enfin, le 20 mai. du haut de ses autels, la Nativité étemelle de l'Ambassadeur de Jésus- Christ I
Le Vendredi, 12 octobre 1492, Christophe Colomb prenait possession de Tîle de San-Salvador au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la couronne de Castille. A peine touchait-il cette terre nouvelle, prémices (le ses découvertes, qu'il y planta signiflcativement la Croix (1) et, se prosternant avec adoration : « Seigneur, dit-il. Dieu éternel et tout-puissant qui, par ton Verbe sacré, as créé le firmament et la terre et la mer ! que ton Nom soit béni et glorifié partout, qu'elle soîl exaltée ta Majesté qui a daigné permettre que^ par ton humble serviteur, ton Nom sacré soit connu et prêché dans cette autre partie du monde (2) î »
1. Ce n'est pas en signe de possession qn^ érige la Croix partout, ainsi que Ta préCmMia l'école protestante, mais pour Manoceer le Salut, la Croix étant, selon ses propras paroles : principalement l'emblème de N.-S. Jésut-Christ et l'honneur de la chrétienté. « Y principalmente por Senal de Jesuchristo Naestro Senor y <c honra de la cristiandad. > — Jcurmal de Colornb, vAcrcr^di il décembre^ 1492,
2. Christophe Colomb, par le Comte Rosellj de i»rgnes, 11 v. I, chap. vin.
Ces quelques li^es sufQroDt h toute âme chrélieBUiHH tant soU peu profonde pour comprendre la nécessit^H^ absolue de la voie exceptionnelle. Christophe Colomlzz^n Temcpcie la majesté divine pour avoir daigné permettrez que, par lui, son Nom fût connu et prêché dans cetl^^^ autre partie du itionde. L'énorme singularité d'un^^s
pareille action de grâces est nécessairement inacccs
aible à des hommes d" xrs' siècle. Il faut se deman
der ce que pouvait < yeux des hommes dic=- — '
nV cette autre partie ide. 11 y avait dabonE^
la mer Ténébreuse jle Bahr-al-Talmkt de sn^
Arabes, c'est-à-dire ?o dahlmes peuplés d^=^*
monstres auprf-s de plus horribles cauchc
mars de la rayst levaient paraître bénins^^=4
et consolants. Au < tic Diable, le désespoir..^ '"<
l'eDfer, la nuit al solue absence de Dieu *
Christophe Colomb, qi , pas cru à la mer Téné *
breuse parce qu'il presse; la vraie forme du Globe; .^ : Christophe Colomb, rempli de ses dons et supérieur à^^S ses contemporains de toutes les supériorités naturelles^^^ et surnaturelles, voyait-il beaucoup plus clair que le*^^^
vulgaire dans l'ordre des choses liistoriquemeulcontin "
gentes à sa mission?
Sans doute, ce mer\-eilleux homme se sentait appelé ^=^ k la translation de la Croi.x dans un monde nouveau, il -^ le déclare lui-même implicitement ou explicitement -^
en cent endroits. Sans doute, le sentiment de sa gigan-
tesque paternité spirituelle remplissait le sein de cet -*
.Abraham voyageur à la recherche de sa postérité in-
connue. Sans doute aussi, devait-il croire que ccmonde^^^ captif ne lui serait pas livré sans combat et son*"^ Ame héroïque comptait eur le Dieu des opprimés pou^K" -f
en décider la fortune. Mais Tinjustice înouYe, Tingratitude sans exemple, l'infatigable persistance de malheurs comme il ne s'en était jamais vu et, surtout, rinsuccès surnaturel, absolu, implacable de toutes ses entreprises — à Texception de la Découverte, — voilà ce qui dut étrangement surprendre cette âme, unique parmi les uniques !
Quel que fût le don d'intuition de ce passager de la Providence et de la Douleiur, qui doubla la superficie de la terre pour ne pas y trouver un asile, il ne pouvait pas deviner que tout l'univers allait se précipiter sur lui ; il ne pouvait pas penser que sa tête fût assez jwécieuse pour être offerte en holocauste, et c'est précisément parce qu'il devait en être ainsi que sa prière est si étonnante. Cette autre partie du monde, comme il dit, appartenait tellement au Démon que le dessein d'y prêcher le nom de Dieu dut ressembler à une vocation d'apostolat dans les enfers. Aussi fut-il presque seul à faire ce rêve. L'Espagne et l'Europe ne voulurent absolument pas qu'il y eût une autre partie du monde et qu'elle devînt le domaine de Jésus-Christ par son humble serviteur qui l'avait révélée. Elles voulurent, au contraire, se l'assimiler comme une proie et s'y propager de telle sorte qu'il ne fût plus possible désonnais de trouver autre chose que TEurope par toute la terre. L'antique civilisation latine, repliée sur elle-même dans cet étroit continent pollué par son paganisme, put enfin se détirer et se mettre à Taise en allongeant ses infâmes pieds sur le Nouveau Monde. Il s'agissait bien de conquérir des âmes, en vérité ! D^aiileurs. puisqu'on était chez le' Diable, il n'y talUdt pas tant de façons, tout était bon à prendre et les infortunés Indieni; de-
vùeix s'eslimer trop I»iir«ui d'ôtre asservis et luassivrés par uae rac^ si .-upêrieure !
Qnanl à (iîloinb, * le* mers étaSciit lasses de le perler > ol les cnnlinents a'cn voulaieut plus. Les puùsanlt du monde «e jouaient de ce vieillard ra^loUoIde rralnmiL^nt de Justice. La vnûe patrie des bomiD». c'est leur dè^^ir, et le dés-ir de cet apôtre ayant ^té si parrnileineRt déçu, il se troura désoriuais shuj^ palrif.
erriiul sur ter — ' battu par les Hnts. bafom^
par les oura .> tr les hommes. Iraci^sé par
toutes les ftxi e la nature, sans r«pr>s, san-
gle et sau |Ws r:mathème universel it
l'infïratiliiili télé le Ctda ùe l'iriuoccnce'
Pnrmi Iss e uioode juge excepliocuel- ,
les, y im eu i seule qu'on pourrait compi- I
Tpr à celle \ présume la sainteté et (JEiII
»'u^l uiaim L, Il d'une réhabîlitâtiuu histori-
que du grand Mécu , mais de ^ béaliBcalion et <lf sa canonisation, quelle tre voie que loxcepUoniKlIf pourrait-on prendre pour arriver à mettre sur les autelun homme dont la sainteté probable est comme ua cri au fond des consciences et qui déborde, par l'iiiODie singularité de sa vocatiou. Inulcs les catèg;uries préme* daus les augustes décrets d'Urbain VIU et de Benoît XIV f 1
Je raconLersi plus loin l'accueil fait au projet d'iiitro- | duction de la Cause par la Sucrée Gougrégatiou des Rîtes, et je m'efforcerai de conjecturer avec respecl W qu'il y a lieu d'attendre, pour l'avenir, de îjetlc vécii' raisie ju ri diction. Je veui me borner pour le mumâOi à reproduire dans sa forme interrogative une remarqu* singulière du Comte Roselly de Lorgnes.
« Christophe Colomb est Exceptionnel à ce point,ditil, que Tadmissiou de sa Cause à la Sacrée Congrégation des Rites, au lieu de le grandir dans Topinion. comme il arrive d'ordinaire, la rehausse elle-même. Elle s'illustre à son contact. Ne le dissimulons pas : quelque respectable que soit ce haut tribunal, ses jugements touchent peu les hommes du monde. Ils le laissent fonctionner à sa guise, sans se préoccuper de ses dédsions. Mais cette fois, à Tindifférence fait place la déférence et Tétonnement. Combien n'apparaît-il pas imposant, cet Aréopage romain, qui cite à comparaître devant lui le plus grand des hommes, celui que FÉternel choisit pour instrument de sa Providence !
< Ce serviteur de Dieu étant Exceptionnel, sa Cause peut-elle être d'une autre nature que sa personne ? »
Je crois n'avoir oublié rien d'essentiel dans ce rîq)ide exposé de la Cause de Christophe Colomb. Je ne pousserai pas Thabileté jusqu'au point de dissimuler que j'ai écrit ces pages dans l'espérance de lui donner des admirateurs et des dévots. Dût-on n'arriver à obtenir qu'une déclaration de Vénérabilitéj il faudrait encore poursuivre l'instance. Ce sont les propres paroles du Cardinal Donnet et c'était aussi le sentiment du savant archevêque de Gènes, Mgr Andréa Charvaz, prédécesseur immédiat du titulaire actuel. Ce prélat disait avec émotion au Postuiateur : < Dès l'instant où Colomb sera déclaré VéJiérable, très certainement quelques familles de nos marins commenceront à l'invoquer, et je ne doute pas qu'il ne se produise alors des miracles suffisants pour procéder régulièrement à sa canonisation.»
Après de telles autdrités je demande qu'il me soit permis d'ajouter une dernière réflexion.
^j LE RÊYÊLATSUR DC GLOBB
Quand Christophe Colomb, le doux apôtre du
avait à exiger quelque fatigue extraordinaire, il
simplement à ses hommes : < Nous devotis à D
Taire telle chose, » et, par là, il faisait entrer la
volonté dans les cœurs. Nous autres, nous de\
Dieu de travailler extraordinairement pour son \
en ces jours terribles. Cette Église infiniment
et sacrée est, elle aussi, un navire en voyage V(
monde réellement nouveau dont la beauté ne d<
périr. Actuellement dénuée de tout secours hi
elle lutte avec des tribulations infinies contre 1
formidable tempête que le ténébreux génie du n
jamais soulevée contre elle en aucun temps de llii
L'ingratitude universelle est à son comble et Fesi
révolte fait déserter chaque jour un grand nom!
serviteurs qu'on avait le droit de supposer fidi
incorruptibles jusqu'à la mort. La France, l
l'Espagne, Tltalie et ce qui reste encore de rAilen
chrétienne, dévorées et bouleversée3 par le triom
crétinisme révolutionnaire se retournent à la foii
tre elle et la menacent d'un naufrage complet et
médiable. Uniquement soutenue par la promesi
Jésus-Christ, sa détresse est devenue si parfaite
dénûmeut si total et son abandonnement telle
sans exemple qu'on est tenté de craindre que Die
transporte décidément un de ces jours, loin de
rope infidèle, le candélabre et les flambeaux. Des
lamentables s'élèvent du sein de la chrétienté i
sein de l'antichrétienté et nous crient de toutes
« qu'il n'y a plus de saints dans TÉglise», et c'est
la plus terrible parole qui puisse être prononcée si
monde arrosé du sang divin. Nous devons donc à Di
à son Église de démentir cette épouvantable affirmation de Vesprit du mensonge. Voici, je crois, l'occasion de ce magnifique démenti.
La tactique infernale est bien connue. Elle ne s*est jamais modifiée et elle refuse obstinément d'adopter les combinaisons entièrement nouvelles de la tactique des guerres modernes. Tout le génie militaire du Diable se réduit^ en somme, à prendre des forteresses et à massacrer les traînards au bord des chemins, mais il n'accepte qu'à contre-cœur et seulement à la dernière extrémité la bataille rangée dans la plaine. Eh bien ! il faut le contraindre à combattre de cette manière et nous serons alors assurés de la victoire. Puisqu'il faut des saints à TÉglise et que la voix unanime de nos premiers pasteurs nous avertit qu'il y en a un à deux pas de nous et, pour ainsi dire, au milieu de nous, merveilleusement accommodé au génie des temps modernes par Texceptionnelle spécialité de sa gloire^ pourquoi donc n'iiions-nous pas à lui avec enthousiasme et ne Topposerions-nous pas comme un invincible chef de guerre aux entreprises de plus en plus audacieuses des ennemis de la Rédemption?
Llmportance extrême de cette détermination nous est surabondanunent indiquée par le soin qu'ils prennent de la retarder et de nous prévenir. Il est clair que le Prince du Monde a effroi de Christophe Colomb. Il ne veut pas de cette gloire pour l'Église et pour la Papauté. € ^ut-on savoir, dit le Comte Roselly de Lorgues, les effets de TindiSérence catholique à l'égard de cet incomparable serviteur de Dieu? Les voici. Le clergé ne revendiquant pas comme lui appartenant llioaune qui a le plus servi l'ÉgUse, l'impiété en a fait
^- Ue ■KTlUk'
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/iiiHHiioi M proie, n y a quelques années, le sayaot et HMjrageux abbé MargotU déplotalt rouble commis r(»ritre Colomb par la gonveniemeol piémontais, eo
ploçAfit mn efflgie en faee de celle de Cavmir, sur les lillloU (lo banque, mettant ainsi an même rang le ilrtriifwour do la royauté pontiflcale et le destructeur du pouvoir loniporel. Depuis lors, les démocrates italiens uni iMiln^priH de confisquer cette personnalité yénéralilo. IIh oui prostitué le nom de Ck>lomb, le tratoant \\M\n liMir Fange, le donnant à des écoles d'enseigne- Mirtil nhllgnlotre et laïque, à des tavernes, des estamiiioN.itoH Iripots.Les sectaires des sociétés occultes, h«« it^tMiU liu communisme et dé Tlntemationale, œs vloitMtN ouuoniis de la Papauté Font pris pour^mot de pA«<it^ W* ont stuiillé à plaisir ce nom sublime, le IHUiitH MMvIr* fonder, qui Feût osé croire!... une U^iv \\\^ nv^uoiciuaconsl Poursuivant leur abomination, \U >\s\\ {Htt ilmt^ lui riMo à Christophe Colomb dans une \W \^^^^* ^y^Wfi^ t^wvriXi^ d*impiété. Le 17 mars 1872, \U \s\\ s^\\\ ^VM^rx^^ «no place marquante à renterrement \\\\\ \\^ plu« MvloniH^I quon ait encore vu: celui du \\\y\ \\\'^\\\\\\\\M\\\<^ do» n^\*%4utionnaires, le grand hiéro- |\lHMh' tlo \ A«M!««tnaU lo flrénétique Maziini.
• Il \\\\\ \s\\^ «nr lo char hmèbre, près du cercueil,
li« t^t^\hr^M \\\\ «iM'vMour do Dieu avec ceux de lliéré-
lut)\\r \\nn^)l sW Uivs«M.i: du conspirateur Colas de
\^\^^\\ \ » I A\\ \\^\\>^\\\v\\\ M,^ohmvK et ces funérailles im-
' *»• ' ^' <<* ^f.rrin^ qni pousse les
■ .1» .,,. \ ..^yx,.N.i ;i roKW :>Tv<»*ia &oin de Colomb,
V» . ^,- -^îviA o*>r,ir.er celte éblouis-
HISTORIQUE DE lA CAUSE 83
Voilà ce que rapporte ringratitude. Je n'ajouterai pas mes réflexions à ces lignes terribles par lesquelles j'ai voulu finir. Il doit suffire de rappeler à tous les chrétiens qui aiment encore « la charité, la vérité et la justice », que le 12 octobre 1892 arrivera le quatrième séculaire de la découverte. Il est aisé de prévoir qu'avec la fureur d'adoration qui possède ordinairement les pen-
sante renommée. Le 22 juin 1879, une société démocratique d*oarriers turinois, au nombre de ploi de 600, vint à Gênes pour célébrer TanniTersaire de Ja naissance de Mazzini, patriarche et pontife des assassins, qu'ils appeUent VApôtref il apostolo^ comme s'il s'agissait de saint Paul ou de saint André. Vu à une certaine distance, ce pèlerinage impie et grotesque étonne singulièrement. On pourrait conjecturer tout d'abord que la patrie de sainte Catherine a dû faire à ces incroyables dévots l'accueil qui leur conTenait et qu'elle les a simplement congédiés avec ignominie. C'est le contraire qui est arrivé. Une partie de la municipalité est venue au devant d'eux, bannières et musique en tête. Les maires de Qénes et de Turin se sont réciproquement congratulés. Une immense allégresse maçonnique s'est répandue sur la cité. Les frères et les amis se sont ouvert leurs âmes les uns aux autres. Une extraordinaire ferveur s'est raUumée en ce jour pour la révolution et contre Dieu. Alors on est allé déposer des guirlandes de bronze sur la tombe de Mazzini et sur le monument de Christophe Colomb. Ces deux hommes ont été ainsi réunis et confondus dans la même apothéose. Le disciple du Verbe incarné, le sublime Porte-Croix de la vner Ténébreuse^ le doux patriarche des missions transatlantiques, à reçu dans sa propre patrie le même infâme honneur que l'odieux mjstagogue des coupe-jarrets politiques. Celui-ci a été déclaré son égal en mérite, en gloire, en apostolat, et je n'ai pas appris qu'une seule voix indignée se soit élevée pour la justice au milieu de ce diabolique concert. Le lendemain, 23, une fête nouvelle a rassemblé ces énergumènes au théâtre du PoUUtÊma et, au moment où l'Eglise universeUe chantait les premières vêpres de la Nativité du Précurseur de Jésus-Christ, la franc-maçonnerie des deux cités italiennes, convoquée en cet auguste endroit pour célébrer la nativité de son plus grand homme, a fait entendre de nouveaux discours où les noms de Mazzini et de Colomb 8*entrelaçaient amoureusement pour la plus grande jubilation de ce noble peuple qui sait glorifier comme cela l'héroïsme de ses enfants !
84 LE RKYRLATBUR DU GLOBB
pies sans Dieu, ce centenaire sera célébré d'une manière inouïe par les marines du globe entier. Dix ans à peine nous séparent de cette époque. Que fera le catholicisme en ce jour solennel? c Sans les sourdes menées de
quelques pieux personnages, dit encore le Comte Ro selly de Lorgnes, qui prétendent servir les intérêts de la papauté, la position du serviteur de Dieu dans l'Église serait déjà authentiquement définie. Et dès Tiiistant où, par Tintroduction de la cause, le Saint-Si^ aurait reconnu la gloire catholique de Colomb, les révolutioncaires, les athées, les positivistes n^oseraient plus se Tapproprier. Ces superbes ont horreur des sainte. Ils s'en éloigneraient soudainement comme Satan du corps de Moïse, devant TArchange sainl Michel. »