‹ Le révélateur du globe: Christophe Colomb et sa béatification futureChapitre 22 sur 85 · Psalm. CXVIII · texte numérisé non relu

Psalm. CXVIII

LB 8BRVI1SUR DB DIBU 127

grftcei qui « ouvrit sa bouche dans le milieu de T Église » et qui descendit jusqu'à sa tombe le grand Escalier des Géants de la calomnie dont chaque marche était un outrage^ sans aucune parole terrible ou amère contre les ingrats qui lui faisaient cette excessive infortune.

L'ensemble de son visage marqué de quelques taches de rousseur et ardemment coloré, par Thabitude d*afrronter tous les souffles de TOcéan, restait, — sous la couronne d'honneur de ses précoces cheveux blancs, — dans Fœil étonné de ceux de ses contemporains qui le voyaient pour la première fois. Il y restait fortement et longuement comme une extraordinaire effigie vivante de la grandeur de l'homme et puis, du regard il montait dans la pensée pour n'en plus descendre ; image très parfaite de la force chrétienne patiente et calme 9^*aucun oubli n'était capable d'effacer.

Plus tard, quand le Héros, épuisé de prodiges et ^^ ayant plus une ingratitude humaine à connaître, approcha de ses derniers jours, les historiens et les artistes pensèrent moins que jamais à nous conserver les traits ûe ce patriarche sans faveur qu'il eût été si dangereux d^admirer. Mais l'imagination nous fait assez deviner ^^ que dut être cet auguste abandonné dont le seul aspect remuait toutes les fanges de l'envie^ de la cupidité et du mensonge dans l'âme ignoble du roi Ferdinand. ^^bristophe Ck)Iomb, purifié sept fois, — comme l'argent âivin du psalmiste, — par cinquante ans au moins d'une vie chaste et contemplative qui était comme le apport mystique de sa dévorante activité d'apôtre ; éprouvé par tout ce qui peut éprouver l'homme et ^turé de douleurs d'amour que les anges seuls sont ^^sez purs pour comprendre; CShristophe Colomb, in-

ÏJS, REVELATEUR DU OLOBB

cliné vers la mort et s*en allant dépouillé et nu deTant son Juge^ devait paraître incomparablement plus soblime, dans ce dépouillement et cette nudité, que.dans

l'éclat triomphal de sa passagère fortune

Mais, aujourd'hui, il me semble que les quatre cenL^ ans de notre histoire moderne reculent et s'entr'ouvrent devant cette majesté !

A ce moment, Tadolescente Espagne, morcelée naguère en une demi-douzaine de souverainetés séparées, commençait sa prodigieuse existence de nation et tendait h devenir cette toute-puissante monarchie, la plus opulente de Funivers, qui devait, cinquante ans plus tard, ceindre toute la terre de ses deux bras étendus en forme de croix. Sous le nom de Renaissance, un paganisme enivrant s'abattait sur les peuples de Jésus-Christ. De grands changements s'opéraient en Europe, des déplacements inouis de civilisation menaçaient la sécurité universelle et faisaient trembler pour la robe sans couture de la Papauté. Constantinople venait de succomber et Luther allait naître. La plus triomphante pourvoyeuse de l'Hérésie, Tlmprimerie était découverte. En Angleterre, la race funeste des Tudors était victorieuse: en France, la boueuse orgie des derniers Valois allait commencer. Un pressentiment universel annonçait Taccomplissement prochain de quelque immense Décret.

Isabelle la Catholique, accablée de sa guerre d'expulsion contre les Maures et des soins infinis de l'admi-

nistration de ses États^ ne comprit pas loutdabord Christophe Colomb (1). Pendant six mortelles années, ses sentiments pour le plus sublime de tous les solliciteurs, n^allèrent pas au delà d'une vague estime, accompagnée d'une profonde et secourable pitié. Ce que durent être Tagonie et le crucifiement de cette attente, Celui-là seul peut le savoir, qui pèse les douleurs des martyrs dans la balance d*or de rélemelle gloire I Christophe Colomb^ père selon la Grèce, de deux ou trois cents millions dlndiens privés de l'Évangile, voyait s'ajourner indéfiniment la délivrance qu'A mourait du désir de leur apporter. Peut-être mémeoe savait-il pas si son Secret ne mourrait pas avec lui I Le Dieu des Patients le laissait probablement dans cette incertitude épouvantable. Il se remaria^ ajoutant aios

1. Voici, telle que nous l'a conservée Fernando Colomb, secoftd£i de l'Amiral, la lettre que celui-ci écrivit à Ferdinand, dès le dêtet de son séjour en Espagne :

« Sérénissime Prince, — Je navigue dès ma jeunessa. Il j a ]»« de quarante ans que je cours les mers. J'en ai visité tous les pvuti connus, et j*ai conversé avec un grand nombre d'hommes siTsau» avec des ecclésiastiques, -des séculiers, des Latins, desGreci,dif Maures et des personnes de toutes sortes de relig-ions. J'ai mc\w quelque connaissance dans la navigation, dans l'astronomie te b géométrie. Je suis asitez expert pour dessiner la carte du moadirCi placer les villes, les rivières et les montagnes aux lieux où ellss 9BC situées. Je me suis appliqué aux livres de cosmographie, dlûitoiit et de philosophie. Je me sens présentement porté à entrepreadxt h découverte des Indes ; et je viens à Votre Altesse pour la n^^ de favoriser mon entreprise. Je ne doute pas que ceux qui ^appn^ dront ne s'en moquent; mais si Votre Altesse me veut donner ta moyens de l'exécuter, quelques obstacles qu'on y trouve, j'espère b faire réussir. »

Cette lettre, si semblable aux autres écrits de Colomb, est d'uf telle simplicité qu'elle en parait singulière. Considérez le style de oK homme qui va, en une manière, parachever l'OBuvre des sept jout et qui n'a rien à dire, sinon qu'il a croquis quelque eonnaisnnf qu'il se sent porté et qu'il espère !

rintérêt déchirant d'une tendresse humaine à tous les autres glaives qu'il avait déjà dans le cœur...

Vainement, le roi de Portugal, honteux de sa fourberie et devinant qu'une immense gloire allait lui échapper, s'efforçait, comme je Tai dit, de ramener à lui l'envoyé de Dieu qu'il avait méconnu et alla jusqu'à lui écrire de sa propre main. Christophe Colomb, outragé dans sa mission, était plus difficile à reconquérir que tout un monde perdu. La Majesté Très Fidèle y perdit ses peines et la Colombe, plus fidèle encore, ne répondit pas. Les succès inouis de l'Espagne contre l'islamisme, succès qui allaient aboutir par la prise de Grenade à la définitive expulsion des ennemis de la Croix, après une lutte de 778 ans, paraissaient au Missionnaire inspiré un signe d'élection divine sur ce peuple de héros. Lui-même perdu dans les rangs subalternes, il prit part au siège de Baza , en qualité de simple volontaire. Il avait le temps de souffrir et de combattre. Le rapport de la Junte savante, réunie à Salamanque par ordre des Rois pour y examiner son projet de circumnavigation et de découverte, avait conclu unanimement à l'iMPossiBLE. Colomb, soutenu par une secrète espérance et un invincible pressentiment de la généreuse détermination d'Isabelle dont l'àme élevée lui semblait correspondre à la sienne, persévérait dans ses douloureuses démarches. \

Cependant, après la reddition de Grenade, dans cette détente amollissante d'un triomphe si chèrement acheté, un moment tout lui sembla perdu* Après mille délais et mille ajournements, après des humiliations, des moqueries, des misères, des obscurcissements, et des désolations sans nombre, le Serviteur de Jésus-Christ se

sentant vieillir cl oe pouvant plus attendre, lassé ju qu'à en itiourip it'horrcur des sordides marchandag» du monde, jeta enfin lus yeux vers la Krance dont le r venait de lui ticrireot partit dans le de&iéiD de nej mais revenir.

Presque aussiiôl, deui hommes dont l'hiâloire gardû les noms, — I.uiz de Santangel ot Aloiizo c ôs pour la gloire de Dieu et poi inuvanlés do ce dé-pi

Quiiilanilla,— pas; la grandeur de comme d'une t lui repré.*enlfepi fulle et l'effro ronne do Ciib sentit tout à m prit Colomb toui dèlex servants laîl l'enlrepriso p< si de Cai^Lillc.

Colomb, immédiatement avec des honneurs extrao rit'ls desijcuter son projet ei exigés par lui de Vice-Iloi

ururent chez la Heine uni le désastre de cet-

en resterait sur U Co linutû de Dieu. IsabelJ lient s'ouvrir, elle ooam

remerdant ces deuï le déclara qu'elle accei e compte, comme reins

pelé rut reçu à la colj aires, et les nioyBns mat m îme temps que les lilr»

gouverneur génér"

des terres à découvrir et de gi id Amiral de l'Océan iw furent déQuilivement accordés sans rotranohemeut (t'i* iota. Sa postulalîon avait duré dix-buit ans.

Le Vendredi, jour de la Hédemption, jour de la d^ï vrance du Saint-Sépulcre et de la reddition de Greoad le Vendredi 2 août 1492, Christophe Colomb, ayant a' bore l'image de Notre-Sauveup cloué sur l'arbre (^ Salul, commanda \u NOM de Jésus-Christ dedéplej' les voiles.

Co premier voyage de Colomb, le plus étonnant et

plus sublime qui ait jamais été accompli, a été raconté un nombre infini de fois dans tous les pays et dans toutes les langues parlées par les hommes. L'admiration s'y est épuisée. Par malheur, Ghrisrtophe Colomb n'ayant pas été reconnu pour ce qu'il était réellement, uniquement et par- dessus tout, c'est-à-dire l'Ambassadeur de Dieu, comme il se nomme lui-même, et le premier apôtre du Nouveau Monde, Tintense splendeur morale de cet événement sans analogue dans l'histoire avait dû nécessairement échapper à une multitude d'esprits. Les historiens protestants et les savantasses philosophes qui en ont parlé ont soigneusement écarté de ce récit tout le divin qui l'encombre et qui, à leurs yeux, en déshonore la moderne et humaine beauté.

Le premier de tous, l'historien catholique de Colomb, a raconté cette incroyable expédition telle qu'elle arriva et devait arriver, avec tout son accompagnement d'impossibilités humaines, et d'obstacles que les hommes n'avaient jamais surmontés. Apôtre de la Croix, à la manière de celui des Douze dont le nom plein de mystère signifie le Double Abyme, Christophe Colomb qui croyait aller au devant de saint Thomas, n'eut pas seulement à vaincre comme lui l'inimitié des hommes et l'inimitié de la Nature, il lui fallut encore triompher d'une influence cachée et bien autrement redoutable. Les dimensions très bornées et la nature même de cette étude ne permettent aucun détail sur ce premier voyage ni sur les trois autres qui ont suivi et qui furent un enchaînement non interrompu de découvertes, de travaux apostoliques, de souffrance^ et de prodiges. Les âmes qui cherchent le grand et qui veulent s'édifier en lisant l'histoire, trouveront dans le livre du

134 LE RÉviULTEim DU GLOBB

Comte Roselly de Lorgues le récil intégral de cette mi^ raculeuse épopée.

Pour moi« le dernier Tenu dans les lettres, je n'; pas. grâce à Dieu, l'écrasante tAche de la raconter. Elleest écrite pour jamais, maintenant, et nullement à refaire par n'importe quel poète. Et je me sers à dessein de ces mots d'épopée et de poésie, non pour caractériser cette œuvre à la manière d*un juge, mais pour en exprimer, c^^mme je peux, Textraordinaire élévation et letn^î^niante intensité. La critique t ici. doit être rauett<\ Jo ne sais pas ce quil est possible, littérairemeu:. liatlirmer ou de ne pas affirmer du mérite de ^ et:e îiisanre. Jîgnore si Fauteur est un écrivain selon le vwur vies m.ijordomes du grand banquet intellectiiol et <îl c\^nvient de lui assigner telle ou telle place vUus l\uuph;theÂtn^ passablement encombré des littérMurx^s Mais je sais et j'affirme que son livre ruisselle xlo hau: sur uos l<>tes et que cela fait comme une ;.ai^iH' ^•*' >;;M-:ue pvUir nos imaginations étonnées. En- ^^m^ ;;:.o :\ms. I\ .lieuse pintade critique n*a que faire u V. \y r. u;:o UvVM^r.y de -Lorgnes s'efface et s'anéantit ,x^\\t;u\u;;ou\oîit devant Ceîui dont il se considère xxMr,u\o iî,î\;i\raenl honora de raconter la vie et les vo\r.V/.^îuos. W ne >iM:ici:e ni l'attention ni l'indulgence ,\o xos Itv'.. ;iî">^. OV>t une oimsoience qui parle à des ,,xu-.^^^.'^ J<' »>»' >^»> lieniaiide ce qne Bossuet au- '. \\\ \^\\ . -îv ^il «»> ùt eu 1 uuvmparable faveur de par- :,M .'..W'; s ,;, i^Mii:îe lie rJirisîopheCt^lomb. J'imagine ,.u,' .r •. ^ ^: ^vMu;r.«^ ,>^ur,ù: tV.t ooî te oraison funèbre

X ,-.A VA'.-'.orlH- ::: le plaitloyer de

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LE SERVITEim DK DIBU 135

des orateurs chrétiens, non pas à cause des douleurs sans pareilles qu'il eût été forcé de raconter, mais à cause de la beauté divine d'une semblable destinée et d'une semblable vie en la présence d'un semblable mort.

Écoutez l'historien :

« Cet homme que l'Éternel semble avoir associé à l'achèvement de son œuvre, le chargeant de nous en dévoiler l'ampleur et les magnificences, d'où tira-t-il son autorité ? Gomment ne pas être saisi de respect devant l'immensité du mandat dont l'investit le ciel? Qui dira la date précise de sa vocation t Inaccessible à nos regards, se dérobant à nos recherches, elle remonte par son origine, au delà de l'ère historique et se rattache aux impénétrables décrets de la bonté divine.

« Depuis les temps d'Abraham, quelle destination fut plus auguste que la sienne t Sa mission nous le montre en parenté spirituelle avec Moïse, conducteur du peuple de Dieu et Pierre conducteur des peuples du Christ. Après le bienheureux Jean-Baptiste, vous ne trouverez aucun Messager de l'Évangile coniparable à son Précurseur dans le Nouveau Monde.

« Le Très-Haut l'avait choisi de toute éternité, le réservant dans ses desseins pour le jour où sa miséricorde appellerait aux bienfaits du christianisme l'immense Continent dont l'Ancien Monde ne soupçonnait pas l'existence. En lui permettant de nous découvrir la totalité de son œuvre, Dieu lui accorda le plus grand' honneur qu'ait reçu un mortel. Christophe Colomb a été le Révélateur du Globe et le premier admirateur des merveilles du Verbe dont il proclamait l'empire sur ce sol inconnu. Il fut le vérificateur des annales de la Créa-

130) ij: rAvâlateur du ouobe

tion et aurait eu le droit de contresigner la Genèse, la certiAant véritable. Le premier historien de FÂDcien Monde a été Justifié par le premier narrateur du Nouveau. GrAce à Colomb, la science a pu constater depuis lors Texactitudc du récit de Moïse et avouer que, sur aucun point de la Terre^ Fauteur du Peniateuqwf XLdr vait reçu un démenti. »

Un Jésuite, le P. Acosta, dans son Histoire naturelle et morale des Indes, reconnaît que divers passages d Isaïe, entre autres le chapitre lxvi, peuvent s'appliquer à la découverte des Indes et dit : « Plusieurs auteurs très doctes déclarent que tout ce chapitre est entendu des Indes. »

Selon le témcûgnage même del*Écriture (1), Isaîe paraît avoir eu, plus que tout autre prophète de la loi d attente^ la vision des derniers temps. Pour cet immense témoin de l'avenir dont la parole est si souvent invoquêf dans rÉvangile, les trente-trois années de la présence visible de Dieu et la Passion même ne sont que de$ halles sublimes, des interruptions soudaines et courleî de son victorieux regard en voyage vers « les choses cachées et sempiternelles ». Cet aigle d entre les aigle» s'envole éperdûment et à jamais, sans pouvoir être arrêté par la barrière d'aucun temps ni la solitude ténébreuse d'aucun espace, et son vol de trois miUe ans,— inépuisable comme celui de l'autre aigle nourri dans Patmos, —est, à cette heure, aussi vigoureux et aussi adolescent qu'au jour où il prenait son essor. Les générations auront beau se multiplier et les empires >»* rompre dans le cirque immense de Thistoire, tout co cpie

i. Eccli. XLviii, 27.

)s enfants d^Adam pourront accomplir ou comprendre u cours des siècles tiendra fort à Taise dans ce vêtement prophétique trop ample pour Thumanité. Cest ivec du feu que la mission de Christophe Colomb y est mnoncée par Técolier brûlant des Séraphins. C'est dans De même chapitre final où le Seigneur, indigné de Ta- »omination de son temple, annonce sa venue et son LLgement, qu'il demande tout à coup à la terre si, par asard, elle pense qu'il soit < devenu stérile », et qu'il i.i soit désormais interdit < d'enfanter, à Lui, le Sei* GaeurDieu, qui fait enfanter les autres »? En réponse à ^ ftle interrogation prodigieuse, il parle une fois de plus, ^s € peuples de la mer et tles lointaines qui n*ont rien étendu de lui et qui n'ont pas vu sa gloire ». Il dé- ^Lre enfin qu'il va faire < une nouvelle terre et de nou- ^^ux cieux, que toutes les nations seront assemblées et uft€ toute chair adorera sa face ».

Xe chapitre lx est plus étonnant encore. La vision se p^âdse davantage, le prophète aperçoit les premiers siinres qui sillonnent l'Océan. On le dirait témoin de la lumière expédition de Colomb. II assimile aux blancs ^ages volant dans l'azur, les blanches toiles de ses ^i^velles sur les flots ; et ^ par une transparente allusion

Bon nom, il compare ces voiles rapides à l'aile des ^lombes revenant vers leur nid: € Qui suntisti qui ut ^^ies volant et quasi columbas ad fenestras. suas ? » ^^is transition, le voyant royal exprime cet événement ^ l'histoire future comme un acte de la Providence ^rnelle, un instant marqué tout exprès: « Car, ajoute ^prit, les îles m'attendent et, dès le commencement ,

ôtait prévu que les navires seraient en mer pour t'ametes enfants do loin» apportant avec eux leur argent

IM

LE RIVILânim BO

1^1 leur or, pour Is MDSurar aa mam dH Seipnr lou Dieu ei du saiut d*ImBl, pam qsV l*a ^mîM (1). » « No croirait-on pas que le pnpMte ^ofrit aiuri b preniior Or apporté du nouveau Monde à Bene, serrir dlitmimage au Christ, à la Ytorge et re?«lir la ^aCnd de la basilique Libérienne, aujourdlmi Saittle-lisie-

Ou litmve dans les saintes Éerltmes pluienrs ps» IMVH Hatrenmil applieables à la déoonferte du Noimn M«m^hK l^n irraud nombre d'autres l'indiqneot synbo- U^umnenl M certaines paroles de rsndan IMamest IH^uviml ^Ure adaptées à la personne mdme de Qdoab l^ur tiii^ dlnlerprétalion aoeoemiodatiee (8). Le oosn \lu lMip!( n>i Ml que rendre plus manifestes tmnf- |H\M«v quXMiHMiNr ees appHoations. La dostinée d» VuW4rt^>a)ii!k. vepprecMe dn wrset 12 an soixantiisie oh^^lr^ d'I^K par «easple. frappera d'étoniemaDt l\a^»<m^l^rs Mai$ C(^ n'eel pas toot. Le Comte Rofidly \(^^ Uur^M^ n^pHanl la Ibmense prophétie de Malsdd^ ^viMai^M^ Dl^i^v ^c^ à Ocriomb. le Sacrifiée Perpétael sW U M\m\^l«^ U^« annoncé el prophétisé dans rsO" \^U^Ml«k. ^ 1^^ riMli^niiMil flablisur la Tnrre.

«)^ |MkA)H^ ^nW dimil tNiil de la main de Chateaa- \\\\m\U uiaU d'un tUialeeubriand exlrèmemmt sapé Km\x \m' l'uU^Ui^HV dn >^siiniitnrel dirétien, me

\ . ^v«/^<A> vW <^Uv ^^ ^'Kvr U VxMk li» 1«&:a^ me huo d«Uo mens»

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i de la plus inspirée et de la plus transcendante éloence. C'est Téloquence des mots, du mouvement et la pensée, tout à la fois. « A toute heure du jour et la nuit, nous dit-il, Timmolation de la céleste Vicie se renouvelle dans les deux hémisphères. Quand chant Vespéral des compiles annonce la chute du iT dans notre Europe, celui des Matines déjà précède urore en d'autres régions ; et, tandis que la nuit envelit sous ses ombres notre hémisphère^ l'auguste icrifice est célébré sur les Andes et parmi les îles du idflque. Le soleil éclaire incessamment les cérémoes de l'Église de Jésus-Christ. La parole des prolètes, les accents du psalmiste, les récits de l'Évangile ! joignent, se succèdent, suivant les règles de la :urgie romaine ; et, du vieux monde au nouveau, la oire du Verbe comme sa miséricorde sont annoncées l'homme. La puissance de l'Unité Catholique resplent dans la permanence de cet hommage rendu au îigneur ; car, seule sur le globe, l'Église romaine &e cette perpétuité d'aspirations vers le ciel. Le Saint icrifice se continue sans interruption, comme la vie ganique, la respiration des plantes, la rotation de la fre sur son axe ou la translation -du soleil lui-même tts l'immensité de l'espace (1).»

J^istoire de Christophe Colomb par le Comte Roselly de Lori, ii?. IV, ch. X.

vu

« Le commandement, a dit le P. Faber, rend les hommes profonds plus humbles que Tobéissance. » Cette remarque du grand observateur ascétique va prendre une étrange valeur, si on l'applique à notre héros. Christophe Colomb fut humble trois fois, en une manière correspondante à la triple couronne terrestre du Vicaire de Jésus-Christ. Il fut humble comme père, comme roi, comme prophète; c'est-à-dire comme exerçant tout commandement et toute autorité : car il offrit, un moment, le seul exemple historique d'un homme sur qui portait Tavenir de tous les peuples et qui était le coadjuteur immédiat de Dieu. A cause de cette vocation unique, il fut humble en une manière unique et comme personne ne le sera vraisemblablement jamais, tant que durera le règne de Celui qui s'est appelé THomme des douleurs (1). Il fut tellement humble que Tingratitude et la calomnie parurent avoir tout à fait raison contre ce diffamé silencieux qui

« 1. Quanto mag^us es, humilia te in omnibus, et coram Deo inrenies gratiam. » Eccli. m, 20.

142 LE RÉVÉLAISUR DU OLOBB

ne se défendait pas. Dieu permit que Thumilité de son Serviteur devint ainsi complice innocente de la plus * gigantesque des prévarications de Thistoire et qu'au lieu du « baiser de la justice et de la paix », chanté par David, le monde étonné pût contempler rimpossibk alliance de Thumilité parfaite avec Tinjustice. U fallait bien cela pour que Colomb demeurât si longtemi^ ^^^^ gloire, il fallait Ténormité de ce boisseau pour cachef pendant quatre cents ans cette lumière, uniquemait destinée à nous, les avortons du christianisme, qui it vîons en avoir terriblement besoin, à considérer la sollicitude avec laquelle Dieu s'est servi de ses ennemif eux-mêmes pour nous la conserver I

Yoilà, en effet, ce qui apparaît tout d*abord et ce qui frappe le plus dans cette histoire : Christophe Colonl ne se défend Jamais. Parmi les saints que l'Église honore, on n*en voit pas à qui soit plus exactement appEcable la célèbre image de V Imitation qui donne à FânK chrétienne les deux ailes dé la simplicité et de la pureté. Ge sont les deux ailes de FOiseau de Tamour qui Fenlèvent hors de portée des traits des sagittaires et par 1er quelles il plane sans indignation dans le bleu limpide de Toubli du mal. Colomb fut chargé de telles calomnies qu'il a dit lui-même qu'il ne croyait pas « qu'en enfer on en inventât de pareilles ». Ces calomnies s'ajustaient a bien à la bassesse humaine qu'elles durent encore et qu'elles dureront peut-être toujours, en raison de Tin»ceptable sublimité de la victime. Il lui eût été assurément bien faci lede se j ustifler lui-même et, s'il aval l pu voirdanj l'avenir, la plupart de nos modernes illustres lui en auraient fourni l'exemple. Le sîmplerécit deses aventures, sans récrimination ni amertume, aurait sulB pour dés-

honorer éternellement ses persécuteurs. Il n'en eut même pas la pensée et, d'après son propre témoignage, ne raeonta pas la centième partie des choses qui lui étaient arrivées ; estimant que c'était bien assez pour un chrétien de blâmer en ces termes ceux qui entravaient ses expéditions : c Qu'il plaise à Notre-Seigneur d'oublier les p^sonnes qui ont combattu ou qui combattent une si excellaite entreprise et qui s'opposeraient à ce qu'elle fasse des progrès (1).»

Je ne puis m'empècher de comparer Christophe Colomb à ce bon Pasteur de l'Évangile qui donne sa vie pour ses brebis et qui ne se repose pas avant d'avoir retrouvé celle qui était perdue. La brebis perdue, c'était ia moitié de la race humaine, la douloureuse multitude ^es Américains. C'était l'effroyable prostituée d'Ézéchiel, ^ projetée sur la ibce de la terre dans Tabjection de son «dlme et foulée dans son sang ». Il avait rêvé de courber ^âivec tendresse aux pieds du Dieu vivant cette Madeleine ^te deux cents millions de cioBurs. Il avait reçu tout ce ^pi'il fallait pour cela et aul conq^érant après lui n'hé- :xnta du don divin par lequel il pénétrait et fixait les mo- Jbilee. Indiens. La vue d'un chef si doux et si fort faisait ^^aroire à ces pauvres peuples que les souverains dont il leur parlait étaient« dans le ciel et non dans ce monde ». tJn peu plus tard, il leur vint d^autres chefs qui leur donnèrent à penser que ces mômes souverains devaient régner dans les enfers. Le succès de Christophe Colomb ^ât été une chose trop belle sur cette planète maudite qui n'a de fécondité que pour engendrer des monstres et 9ui garde toute sa force pour la germination des épines

l- Belations atÂX Bois Catîioliqites sur le troisième voyage .

humaines autour de la tète de son Dieu. Dans la cci^onfiante simplicité de son &me, le Messager de rÉvang — ^gj fle écrivait aux Rois, le lendemain de la Découverte : c ^ le tiens pour dit, Sérénissimes Princes, que dès Tinsta^s-ant où des missionnaires parleront leur langue, ils se ferotf=^nt tous chrétiens. J'espère en Notre-Seigneur que vos ^^^i^^ Altesses se décideront promptement à y envoyer, afin » de réunir à TÉglise des peuples si nombreux ; et qu*ElLK ^es les convertiront aussi certainement qu^Elles ont détrL^~uit ceux qui n'ont pas voulu confesser le Père, le Fils et «=V ^^ Saint Esprit (les Maures et Sarrasins d'Espagne). »

Mais les Rois comprirent peu ce langage^ — FerdinaK: .^asx^^ surtout, Tancêtro et le type des rois mercenaires c^ ^^ xix« siècle. Colomb avait exigé de grandes dignités iî^^s pour exercer avec une indépendance royale Tapo^r^^^^ tolat inouï dont il se sentait investi. Ces dignités lui fr"^ '"' rent arrachées par violence ou par trahison et il se vfc"^^" ^* au début de son règne, supplanté par d*horribles scél» S- ^^^'' rats qui essuyèrent leurs mains sanglantes à la rotX^ ^^^^ baptismale do ses enfants spirituels. Il avait deman<E:s^ -^^ qu'aucun colon espagnol ne pût aborder aux terres noiP' ^^' velles à moins qu'il ne fût certainement chrétien, all^ J^" guant le but véritable de cette entreprise qui était « l'au^^"" croissement et la gloire de la religion chrétienne ». 0^^^ vida pour lui les prisons et les galères. Ce furent escrocs, des parjures, des faussaires, des voleurs, d(

proxénètes et des assassins qu'on chargea de porter au -

Indes l'exemple des vertus chrétiennes (l). Lui-môm

1. A cause des préventions que les ennemis de l'Amiral avaie] répandues contre les Indes, on fut réduit à chercher dans les pri sons et les galères des recrues ])our Ilispaniola. Les Rois publièrei^^^ un induit pour tous les sujets coupables de quelque crime ou dt'li ^' ù la condition de serrir à Ilispaniola pendant un certain temps.

ftit accusé de tous les crimes et la hideuse canaille qu'on lui envoyait fut admise à témoigner contre cetangélique pasteur qui voulait défendre son troupeau et dont le principal forfait avait été d'attenter à la liberté du pillage et de regorgement (i). C'est un saignement de cœur et une agonie que de voir cet homme presque divin qui fut toute sa vie le Stylite pénitent de son propre génie, réduit à marchander goutte à goutte le Sang de Jésus- Christ avec toute F écume des Espagnes. 11 fut enfin dépossédé, exproprié de sa Mission et, pendant plusieurs années, put assister, lié et impuissant, à la destruction de son œuvre. Sqs illégitimes et cupides successeurs remplacèrent aussitôt la paternité par Tergastule et Té- Tangélisation pacifique parle cruel système des reparti- ^nientos qui fut ^'arrét de mort de ces peuples infortunés.

U semble que le Héros aurait pu relever la tète une X)onne fois et parler d'une voix terrible à tous ces puissants charnels qui « polluaient le Saint Nom de Dieu ». XI n'en fit rien, parce qu'il était la Colombe et que « la €3olère de la colombe», annoncée par Jérémie, est un ineffable mystère de justice en réserve au fond de l'aenir. Dieu lui donna la force de porter en silence un

p^Qt juger de la force des préventions contre cette colonie, puisque X^s condamnés k mort, en y passant seulement deux ans, étaient ^''aciés, et qu'une seule année de séjour y rachetait toutes les conc^^mnationB et les peines au-dessous du dernier supplice. Hist, de ^^r^stophe Colomb, par le Comte Roselly de Lorgnes, Ut. II, «11. ÏX.

^> Un témoin auriculaire nous l*a dit : « Parce que l'Amiral avait P^ni des Espagnols qui maltraitaient les Indiens et qu'il ne voulait ^ouffîir ni leurs débauches, ni leurs spoliations, ils le prirent en ^^^Qe au point de ne pouvoir plus l'entendre nommer. » (Bbnzoni* *^U* hUtorie del tiMndo ntMvo, lib. I, v. 18.

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