Append. B
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>onc, le Pape, seul, est désormais Tespérance de cette ise extraordinaire. La Justice, la Piété, la Grandeur i'Église, la Gloire de Dieu, le pressent, Timplorent et îpèrent qu'en lui. Il faut avoir le cœur de le dire : >uis longtemps déjà, la question n'est autre que e-ci : Qui sera définitivement vainqueur, de Satan lu Vicaire de Jésus-Christ? — Qui est comme Dieu? 3ui est comme Lucifer? — Le formidable dialogue élique, perpétuel dans les cœurs humains, recom- Qce ici son grand éclat, et c'est avec une angoisse netise que les chrétiens en vont être les auditeurs, in 1870, la chrétienté, fut à la veille de contempler, plein concile œcuménique, une scène d'une majesté d'une splendeur étonnantes, qui eût rappelé, par la ipUcité et le grandiose, quelques-uns des plus pathéues événements de l'histoire des premiers siècles. Sa l'Archevêque d'Avignon, Mgr Dubreil, admirateui ileureux de Christophe Colomb, avait décidé déporter parole au sein de l'Assemblée et, dans un de ces disirs enthousiastes où l'orateur, s'inspirant de son >pre trouble, submerge de son âme tout son auditoire.
276 LE RÉVÉLATRL-R DU GIjOBB
il devait faire la motion de proposer au Concile ductiou de la Cause par acclamation. Le succès d généreuse hardiesse était certain. La masse des E américains et la moitié des autres n'eussent fait seule clameur. Le Pape, qui ne demandait pas était glorieusement^ saintement forcé, et la décl de Vénérabilité était prononcée ipso facto. Mais que en même temps, le Concile fut soudaineme perse et cette grande chose ne put s'accomplir qui voulait sans doute éprouver jusqu'à la fin c hommes, n'a pas, jusqu'àprésent, permis que cet rayonnante fût inscrite dans les annales moder son Église...
N'importe ! En dépit de Timpassibilité romaio signes certains annoncent au dehors une recrude d'ardeur et un progrès rapide du désir univer cette Béatification. A l'heure où j'écris, SIX QUINZE Évêques ont adhéré au Postulatum pou troduction de la Cause par voie exceptionnelle.
Un grand nombre d'entre eux se sont adressés i tement au Chef de l'Église. La plupart, en traii tant leur adhésion au Postulateur, ont éloquem motivé leur détermination, s'appuyant avec une plaisance paternelle sur le vœu cordial et générale exprimé de leurs diocésains.
Il est évidemment impossible de donner ici une complète des évoques répandus dans l'univers qui pris part à ce grand mouvement catholique, et l'inertie ouïe mauvais vouloir de quelques Scribeî ralysc l'unanime effort. Je me bornerai donc à raen: ner, pour l'honneur de notre nation, les Prélats i çais qui ont imploré le Souverain Pontife pour Ci
obstacij:s a l'introduction de i*a CAisE 277'
taphe Colomb. Du fond de sa détresse, la noble France trouve encore le moyen de donner au Révélateur du. Globe le splendide suffrage de sept Cardinaux, dix- SEFT Archevêques et soixante-deux Evoques. Quant à coiix qm manquent encore, que leur propre conscience Ie3 juge et que la glorieuse Église leur pardonne !
^Néanmoins, il convient de le dire humblement ici. Aucixn peuple n'est coupable autant que la France du déni de la gloire de Christophe Colomb. UEspagne ellenéme, si criminelle pourtant, ne Ta pas aussi profondénent lésée. C'est, en effet, de la France qu'est partie la prodigieuse méprise historique qui a valu à un homme médiocre Fhonneui'inouï d'imposer son nom à la moitié de la terre (1). Christophe Colomb ayant été si cruellenient opprimé et frustré par l'Espagne, jusqu'à la qijiatriëme génération, l'Espagne, cependant, lui laissait son douloureux Nom symbolique de Messager et d'Apôtre , se contentant de l'immerger des plus épaisses ténètres qui puissent transsuder des millions de cœurs d^iin peuple ingrat, pendant quatre cents ans. La France a eu le triste privilège de porter la main sur cette chose réservée, sur cette unique chose qu'il semble impossible de ravir au plus malheureux des hommes et, ftïXisi, elle était parvenue à surpasser l'étonnante ingratit\ide de l'Espagne, puisqu'elle avait réussi àabolir jus- 9Vi.'à la trace historique de Christophe Colomb. Je le ^^ais en commençant ce livre, c'est une espèce de mi- ^^ole que cette Cité perdue de l'amour et de l'héroïsme ^l^ rétiens se soit retrouvée enfin sous les dunes de 1 Oubli du monde, après trois siècles d'engloutissement î
^. V. Append. F.
218 LB ii£véLATCUR DU GLOBE
Le fait de la Mission divine de Colomb étant, désormais, . sans nul doute aux yeux de tout être pensant^ c'était donc-: un strict devoir pour la France d en rendre témoignage devant TÉglise et devant tous les peuples qu'elle avait trompés. Elle a déjà presque complètement réparé son crime en lui donnant un Historien et le suffrage de presque tous ses Évéques. Pourquoi ne lui donneraitelle pas encore davantage ?
En raison même des dons extraordinaires qui lui furent départis, la Fille aînée de TÉglise est dans cette habitude dangereuse de ne jamais avoir de mesure. On ne sait pas ce qui la pousse, mais elle ne va jamais an médiocre ; ses moindre fautes ressemblent à des attentats ; et on Ta vue, il n'y a pas si [longtemps, se reposer d'avoir décapité son aristocratie en conquérant le monde avec sa canaille. Aujourd'hui, elle est tellement descendue dans l'abjection que les autres peuples, penchés sur le même abîme, commencent à ne plus l'apercevoir, et c'est sans doute pour cette raison qu'on parle tant de la fin du monde !
Mais, < la vérité a besoin de la France, * disait de Maistre. Or, sait-on bien ce que c'est que la Vérité ? C'est simplement la Deuxième Personne divine, d'après son propre témoignage, dans l'Évangile de saint Jean. Dieu lui-môme a donc besoin de la France, autant que Dieu puisse avoir besoin de sa créature, et nul ne peut connaître ce besoin, qui est à la mesure de ses Desseins sur le monde entier. C'est pourquoi j'ai dit que cette nation privilégiée est hors de mesure. Les Pilâtes de la politique peuvent se demander aujourd'hui ce que c'est que la France, comme Tautre Pilate se demandait ce que pouvait bien ôlro la Vérité. C'est un juste retour de
OBSTACLES A l'iNTRODUCTION DE LA CAUSE 279
^ scepticisme flagellant dont elle a inondé la terre, aux dépens des Saints du Seigneur. Mais, qu'ils prennent garde à cette Fille dont Dieu a besoin et qu'ils se souyiennent de la Résurrection du Maîtrel...
li'Églîse prononcera bientôt, sans doute, sur Christophe Colomb. En ce jour, la France commencera peut-être à discerner l'honneur infini dont la Miséricorde éternelle accable son indignité. Toute ruisselante qu'elle est de ses abominations, la grande Méprisée des peuples aura, néanmoins, vengé la Justice divine ellemôme du mépris de tout l'univers.
Qui donc oserait dire que cela seul ne peut pas suffire ? et qui sait si cette Réhabilitation, toute tardive qu'elle soit, du plus sublime Apôtre qu'on ait vu depuis les CfOmpagnons du Fils de l'Homme, n'est pas précisément ce qu'il faut pour « rompre les deux * et pour faire descendre la Miséricorde sur cette Apostate de la Groix^ qui ne sait plus ce qu'elle fait, depuis si longtemps qu'on lui donne & boire le vin terrible de la Désobéissance ?...
Voici donc, pour finir, le nom de tous les Prélats français qui viennent de rendre à leur patrie humiliée ®t coupable Tincomparable service de lui faire accomplir- le plus grand acte d'équité humaine et divine dont ^^ "triste siècle puisse espérer d'être le témoin.