Lopez de Gomara. Histoire des Indes^ liv. I, ch. xxiv
2. Alvarez de Colmenar, Annales d*Kspagnc et de Porti'gal t. 1, p. 452.
coupable, et une dispensation équitable de la peine et de la récompense, ont cru y reconnaître Taction immédiate de la Pît)vidence divine qui vengeait les injures d*un homme de bien persécuté et punissait les oppresseurs d*un peuple innocent (1). »
« Les indigènes considérèrent aussi cet événement comme un acte de la justice de Dieu et ils s en réjouirent, disant entre eux : « Au moins ceux-ci (les morts) ne nous feront plus descendre dans les mines d'or et vivre dans les transes comme nous faisions (2). »
« Le pasteur allemand, Campe, dit de son côté : « Ce qu'il y eut de plus remarquable dans cet événement c'est que le seul vaisseau de la flotte qui ne reçut aucun dommage et qui put continuer sa route pour l'Espagne, fut précisément celui à bord duquel on avait mis les débris de la for- ^ne de Colomb, et que Ton n'avait choisi pour ce ser- ^ce que parce qu'il était le plus mauvais 'de tous (3\. »
« L'historien de Saint-Domingue, le P. Gharlevoix, écrit :
* Mais ce qui fit surtout juger que ce grand malheur
était un effet de la justice divine, c'est que les navires
^e la tourmente épargna étaient les plus faibles, les plus
^al équipés de la flotte, et que le plus mauvais de tous sur
^®quel on avait chargé tout le bien de l'Amiral, fut le pre-
^Gr qui arriva en Espagne. On remarqua aussi que la
*®^e personne de distinction qui se sauva fut un nommé
^^gue de Bastidas; c'était un fort honnête homme, riche
habile navigateur (4). »
^ En voyant tous les ennemis de Colomb atteints à la fois,
*• RoBBRTSON, Histoire de l'Amérique^ i I, liv. II, p. 211. . * OiROLAMO Benzoni : « Ne fecero molta allegrezza con dire tra .^9 questi non ci faranno piu stentare aile mine dell' oro, ne ^ ^*^ in tanto stratio quanto facevano. » — La Historia de ^ **<îo nuovo, p. 25.
" ^.AMPB, Découverte de V Amérique^ t. I, p. 204.
" CftARLEVOix, Histoire de Saint-Domingue^ t. I, liv. III, p. 214.
suivant leur degré de culpabilité, les contemporains de la Découverte cherchèrent une explication à ce sinistre si épouvantable dans Tepsemble et si intelligent dans les détails. Mais en général, les préventions semées contre le révélateur du Globe empêchaient de reconnaître le caractère pourtant si expressif de ce désastre. Au lieu d'y voir un jugement de Dieu, les calomniateurs de TAmiral répandirent le bruit que par sa puissance ténébreuse et ses incantations infernales, ce méchant homme avait soulevé cette tempête, afin de jse venger de ses ennemis. Le vulgaire ftit persuadé que Colomb s'était servi d'un pouvoir surnaturel pour combiner tous ces malheurs dont il avait exempté uniquement le mauvais petit navire qui portait tout son bien.
« Une esquisse de la vie de Christophe Colomb, extRite de l'histoire de Robertson et publiée à Venise en 1778, TétabUt positivement (1).
« Le pasteur allemand Campe, ajoute : « Cet événement rcrnariiuablc fit sur les esprits bruts et superstitieux de ce temps-là une impression tout fait inconséquente. Au lieu d'adorer la justice avec laquelle la main du Tout-Puissant 'conduit les hommes, ils s'imaginèrent sottement que Colomb était un sorcier, et qu'avec le secours de puissants esprits à ses ordres, il avait excité cette tempête pour se venger de ses ennemis. Car autrement, disciient-ils, pourquoi n'y aurait-il eu d'épargné précisément que le vaisseau qui avait à bord ses propres biens (2) ?» Sans recueillir de plus nombreux témoignages, nous nous arrêterons à cette remarque :
1. « Crederono coloro che Colombo possedesse un potere sopra naturale e s'immaginarono ch' egli [medesimo avesse combinato quel terribile temporale per arte magica e per ,forza d'incanti. » — Vita di Cristofovo Colombo, p. 130.