CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE. l8l
vancés dans le ciel. Son souvenir me revient souvent et il me porte à devenir meilleur.
ce L'époque de ta profession, ajoutait-il, ne doit pas être éloignée. Pour plus de sûreté, j'ai dit la sainte messe à ton intention le jour de sainte Thérèse. »
Pauline lui répondit que sa mauvaise santé avait retardé ses vœux.
Elle les prononça le 3 janvier 1839 et prit le nom de Régis. Son frère Ludovic présida la cérémonie; et M. de Ponlevoy y assista, non sans verser des larmes.
« Je ne te dirai pas, écrivait-il à son fils Armand, que nos yeux fussent secs et nos cœurs bien à l'aise; mais notre courage était soutenu par celui que montrait la personne la plus intéressée dans cette affaire. Quant à moi, je n'étais pas plus occupé de la chère enfant qui était là sous mes yeux que d'une autre qui manquait parmi nous, et dont le souvenir est encore plein d'amertume. »
Ces lignes émues, et pourtant courageuses, montrent à quel point M. de Ponlevoy réclamait et méritait à la fois les consolations de son fils.
Elles ne lui firent jamais défaut.
Mais elles furent moins utiles pendant les sept années passées à Brugelette : les enfants grandissaient heureux sous les regards du père. Le jeune religieux se contentait donc de lui envoyer
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de temps en temps la relation détaillée des. faits les plus importants qui venaient interrompre la monotonie du collège.
A cette époque, tous ses soins se reportaient vers sa sœur Régis, dont les souffrances augmentaient de jour en jour. Souffrances morales : elle se croyait une fort pauvre religieuse.
ce Tant mieux, lui répondait son frère, trèsavancé déjà dans la voie humble, tant mieux! Si tu m'avais dit le contraire, j'en aurais été fort scandalisé. Il faut remercier Notre-Seigneur quand il te donne le sentiment bien vif de tes misères; c'est une grâce que j'estime plus que le don des larmes, parce qu'elle est plus solide. Tâche de bien apprendre le secret de porter tes misères, même tes fautes, avec patience et joie. C'est l'a b c de la perfection qui commence par l'abnégation de soi-même, continue par la confiance, se consomme par la charité. »
Aux peines intérieures se joignaient les souffrances physiques. La sœur Régis était constamment malade. Le P. de Ponlevoy, rudement éprouvé lui-même, avait une grâce spéciale pour l'encourager.
a Patience, lui écrivait-il, pauvre sœur, il faut de toute nécessité porter à la fois et les misères de notre âme et les langueurs de notre corps; c'est ce que Notre-Seigneur appelle porter sa croix.
a Me voici aujourd'hui même, 7 octobre 1845,