‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 105 sur 252 · CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE. l

puis que bénir le bon Dieu qui l'a prise avec lui, et la féliciter d'avoir choisi la meilleure part. C'est bien d'elle qu'on peut dire cju'elle était sereine et riante à son dernier jour. »

Cette année i85o fut doublement pénible pour la famille du P. de Ponlevoy. La tombe, qui venait de se refermer au commencement de janvier, se rouvrit encore au commencement de décembre.

Après avoir perdu un enfant en bas âge, sa sœur Sidonie, mariée à M. le vicomte de Lantivy, fut subitement enlevée. Ce coup fut très-pénible pour tous. Une jeune femme, trois fois mère, laissant deux petits orphelins, quel vide dans cette famille! Ceux qui ont subi cette épreuve peuvent seuls la comprendre. Mais ils saveni aussi qu'il n'y a qu'une consolation dans un pareil malheur, celle que donne la foi, et que résument si bien les lignes suivantes du P. de Ponlevoy :

ce Mon bon père, mes frères, mes sœurs et vous, pauvre Auguste, je reçois à l'instant la terrible nouvelle à laquelle j'étais si peu préparé ! Je vous écris à tous ensemble, car j'ai besoin de vous parler à tous. Hélas! et je n'ai cette fois que la même chose à vous dire : ô mon Dieu ! que votre volonté soit faite ! qu'elle soit bénie ! Prions pour cette pauvre et chère petite Sidonie enlevée si subitement. Vous n'avez pu la retenir; il faut

l86 LIVRE II. — APOSTOLAT.

croire qu'on l'attirait d'en haut. Mais que de vides autour de vous, ô père éprouvé! Et que dirai-je, Auguste, pour vous et vos orphelins! Je vous quitte et je reste avec vous. Adieu, c|ue Jésus et Marie vous fortifient et vous consolent! »

Puis, quelque temps après, il écrivait à son beau-frère : « Courage, restez debout, ferme et confiant dans la résignation et l'espérance. Vous ne serez pas de ce monde, mais à cela il n'y a pas grand mal. La croix vous reste, et vous prédestine pour le ciel. »

La croix, le ciel, voilà les vraies consolations du chrétien. Habitué par les exercices spirituels à les contempler avec amour, le P. de Ponlevoy les montrait aux siens; cette vue les fortifiait, et unissait, par le souvenir et la confiance, la famille militante à la famille couronnée.

Le nombre des élus allait bientôt s'augmenter. Quelque temps après l'entrée de Pauline chez les religieuses hospitalières de Vitré, Félicité avait voulu suivre un si bel exemple. Elevée au Sacré-Cœur de Laval, à la vue de ses maîtresses dévouées, ayant conçu un amour ardent pour Notre-Seigneur, elle désirait se faire carmélite et en demanda la permission. Ce fut en vain. Pour se dédommager de ce refus, elle se dévoua tout entière à Dieu, par le vœu de virginité, le 21 septembre i85i.

Son divin époux remplaça pour e!le les morti-

Page 1