‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 106 sur 252 · CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE

fications du Carmel par les souffrances d'une maladie de cœur. Pendant trois ans, elle resta sur la croix. Le P. de Ponlevoy, son frère et son parrain tout ensemble, la consolait par ses lettres.

Quelques extraits de sa correspondance seront lus avec profit par tous ceux qui souffrent et qui espèrent.

Félicité, ne pouvant plus quitter sa chambre, fut assez longtemps privée du bonheur de recevoir la sainte communion. « Où puis-je aller trouver Notre-Seigneur, disait-elle? Il me semble qu'il est éloigné. Je puis bien serrer la croix contre mon cœur, mais cela ne m'unit pas assez à lui. »

Son frère lui répondait : « Ma chère petite sœur, c'est sans doute la plus douce consolation de cette vie et la plus grande ressource de notre âme que de nous unir à Jésus-Christ. Cependant, il y a encore quelque chose de meilleur, c'est de nous conformer à la volonté de Dieu et d'être attaché à la croix avec Notre-Seigneur, ou à Notre-Seigneur par sa croix.

ce Tu me dis que Notre-Seigneur te semble éloigné! C'est le contraire qu'il faut dire. Va donc, mon enfant, va tranquille par ta voie. Laisse faire à Dieu. Prends ce qu'il te donne, et fais ta petite tente d'un jour auprès de la croix, avec Marie ta mère, et n'aie pas trop de souci d'en sortir avant le congé de ton Sauveur. Le Ciel t'a

donné pour dot le crucifix. Quand tu pourras aller recevoir la sainte Hostie, va jusqu'à Elle. Sinon, contente-toi de l'équivalent, avec moins de jouissance, avec plus de mérite. »

Ces paroles faisaient un plaisir sensible à la pauvre malade. De son lit de douleur, elle écrivait à son frère au commencement de l'année 1 852 :

« Que tes paroles me sont douces, mon cher Armand; comme elles m'encouragent dans mes souffrances! ATussi je les lis, je les relis, et les médite longtemps et souvent, et chaque fois, elles apportent à mon âme une suavité nouvelle ! Que je te remercie donc, mon bon frère, de trouver au miheu de tant d'occupations, un peu de temps pour la pauvre infirme, si souffrante, si inutile, si réduite. Tout paraît m'annoncer une prochaine délivrance. Qu'en sèra-t-il dans la réalité? — Ce que le bon Dieu voudra. Mon cher ami, je ne sais pourquoi, ayant sans cesse présente à l'esprit la pensée de ma mort prochaine, je ne m'effraie pas de son arrivée. Dis-moi, je t'en prie, si je ne me fais pas illusion sur l'état de mon âme. »

Charmantes et suaves paroles, que l'esprit de Dieu seul inspire aux cœurs qui lui sont unis par la croix !

Cependant cet état pénible s'aggravait. Le Père de Ponlevoy songea à intéresser les saints du ciel en faveur de Félicité. Le Père Claver, l'apôtre des nègres, venait d'être béatifié par l'immortel

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