‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 108 sur 252 · CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE

trouve un instant pour me l'expédier promptement; par la diligence, elle m'arrivera sûrement; je la payerais au poids de For, tant je la désire! »

Enfin, la promesse de son frère allait s'accomplir : ce Je t'annonce que la sainte relique va être mise à la diligence et t'arrivera peu après cette lettre. » Il ajoutait avec une charmante gaieté : <c Mon image est tant soit peu vieillie et assombrie; fais-lui une grimace.

a Oui, fais ainsi chaque semaine ton chemin de la croix, suis Notre-Seigneur pas à pas jusqu'au ciel. Courage, enfant, espérance.

« Pitié de moi, n'est-ce pas, et souvenir en Notre-Seigneur. »

Le terme approchait; on était au i janvier i853. Le vénérable M. de Ponlevoy voulut rester au chevet de sa fille jour et nuit. L'agonie fut longue. Le père, à genoux à côté de mademoiselle Joséphine, tenait les mains de la mourante serrées dans les siennes : « Courage, mon enfant, lui disait-il : une mère, trois sœurs et deux anges t'ont devancée là-haut. Bientôt tu vas rejoindre ceux que tu as tant aimés, et nous aussi, un jour, nous irons près de toi. »

Mademoiselle Joséphine encourageait la mourante, essuyait la sueur qui découlait sur son visage, murmurait à son oreille les doux noms de Jésus, Marie, Joseph. Félicité ne pouvait redire

que ce mot : Jésus. Enfin, voj^ant l'instant solennel s'approcher, M. de Ponlevoy dit à sa fille : ce Allons, mon enfant, voici Notre-Seigneur qui vient te chercher avec le chœur des vierges pour que tu ailles te réunir à elles. » La sainte enfant sourit, inclina la tête et rendit à Dieu son âme virginale.

C'était le 3 janvier.

Aussitôt qu'il en fut informé, le P. de Ponlevoy écrivit à sa famille :

a Je viens de lire la lettre que j'attendais tous les jours. Et il y avait si longtemps que cette bonne Félicité languissait dans son martyre ! Elle n'a presque connu dans la vie que la souffrance : son heure était venue. Eh bien! qu'elle aille donc au ciel, cette chère sœur et filleule. Elle était attendue par sa mère et bien d'autres ; nous la rejoindrons. J'ai admiré dans cette dernière ouver» ture de son cœur comme son âme était attachéeà la croix; elle faisait chaque semaine, en esprit, dans ses nuits sans sommeil et ses jours sans distractions, comme un pèlerinage en la compagnie de Notre-Seigneur. Chaque journée avait sa station, et la semaine se terminait par la joie de la résurrection. Maintenant elle est à ce terme, et elle ne reviendra plus sur la voie du Calvaire.

cf Cher père, quelle consolation au fond de votre douleur! Au moins en voilà encore une gagnée

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