‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 109 sur 252 · CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE

au ciel : la moitié, plus de la moitié des vôtres est au rendez- vous.

a Et toi, pauvre Joséphine, je te remercie et bénis au nom de notre mère que tu as remplacée avec le dévouement de la tendresse et de la charité. Deviens de plus en plus la seconde mère de la petite Marie, l'unique consolation de notre paLivre père délaissé, et de ce bon Auguste désolé. »

Cette touchante recommandation faite à sa sœur ainée n'était pas une phrase sans portée. La mort de Félicité mit le comble aux épreuves de M. de Ponlevoy.

Il avait vu mourir sa femme, sa mère, quatre de ses filles. Il les avait assistées à leur dernière heure avec un douloureux courage. Et maintenant, dans sa maison dépeuplée, que de tristes souvenirs!

Armand comprit cette situation et redoubla de piété filiale. Il avait obtenu en i853 la permission de visiter son père, éprouvé par une gastrite c[ui le réduisait à l'anémie la plus complète. Cette visite ranima le malade. Il y eut une amélioration notable dans sa santé.

Mais, vers la fin de Tannée suivante, une attaque nouvelle préoccupa vivement son fils.

a On me dit que votre santé est toujours ébranlée par des douleurs contmues. Est-ce donc un autre purgatoire ou un autre martyre, pour lecjuel le ciel vous réserve une autre couronne?

Croyez bien, mon cher père, que si je ne puis vous tenir compagnie de près, de tout mon cœur je vous assisterai de loin. »

Il tint parole.

En mai i856, il écrivit à sa sœur Joséphine, l'ange consolateur de la famille : « Je reçois ta lettre si triste et qui va m'associer immédiatement à vos inquiétudes et à vos prières. Je t'en prie, écris-moi ou fais- moi écrire bien souvent, par Auguste ou Eugénie, les nouvelles de notre cher malade. Dis-lui bien que je suis avec lui à toute heure comme le plus reconnaissant de ses fils. S'il y avait danger ou que notre père désirât me voir, dis-le moi; c'est un cas de force majeure; j'aurai immédiatement la permission de partir, et je laisserai tout ici pour aller à mon poste de fils et de frère. »

On crut quelque temps à une crise dernière Aussitôt, se conformant à sa promesse, il partii pour Vitré. Son père lui parla avec une ferme douceur, non-seulement de sa maladie, mais de choses étrangères. Le voyant si calme et croyant qu'il ne connaissait pas son état, le religieux pensa que son devoir de prêtre l'obligeait à l'avertir, ce Je ne me fais pas d'illusion, lui répondit M. de Ponlevoy ; mais je ne crains pas la mort; je la désire plutôt; et je crois être prêt à répondre à l'appel de Dieu. » Cet entretien apaisa les inquiétudes du fils. Il revint à Paris, rappelé

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