‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 110 sur 252 · CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE. igS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE. igS

par les devoirs de sa charge. De là, pour adoucir les regrets de l'absence, il écrivit :

« Il vaut bien mieux, pour vous et pour moi, faire ce que Dieu veut, et si le devoir est ici accompagné de sa peine, il sera suivi de sa récompense. Que votre crucifix soit pour vous oinnia in omnibus. En lui, votre confiance, quant au passé; avec lui, votre patience dans le présent; par lui, votre espérance pour l'avenir. »

Une amélioration se fit sentir au commencement du mois de juin. Le P. de Ponlevoy croyait à une convalescence complète. Mais une lettre de son beau-frère le replongea dans l'inquiétude, ce II faut donc en revenir à notre parole sacramentelle, écrivait le fils à son père : Pater, si fieri potest, transeat a me calix iste; verumtamen non mea voluntas, sed tua fiât. J'ai dit la sainte messe ce matin afin de demander pour vous et pour nous à Notre-Seigneur que cette préparation de son cœur fût toujours la disposition des nôtres... Pour moi, je vais bien, malheureusement; car j'ai presque envie d'être malade pour que vous ne le soyez pas seul. »

Puis, avec une pensée aussi délicate que celle qu'on vient de lire, il ajoutait : « Je vais anticiper un peu pour vous souhaiter la bonne fête du 29 (la saint Paul). Ai-je donc besoin de vous dire tout ce que je dirai à Notre Seigneur? » Mais une nouvelle attaque plus violente vint

frapper M. de Ponlevoy sur la fin de juillet. Dès lors, il ne fut pas possible de douter; et son fils Armand lui adressa cette belle lettre :

ce Mon bien-airné père, la paix de Notre-Seigneur. Votre état devient donc plus grave et les douleurs augmentent tandis que les forces diminuent. Vous êtes donc sur la croix avec Notre- Seigneur. Que la volonté de Dieu soit faite à la vie et à la mort, n'est-ce pas? Mon cher père, vous m'avez déjà béni comme votre enfant, lorsque vous m'avez donné à Notre -Seigneur, et quand je vous quittai naguère; laissez-moi vous bénir à mon tour en Notre-Seigneur, comme le meilleur des pères, de tant de bonté et surtout de ma vocation que je vous dois après Dieu.

ce Sachez bien que votre nom tous les jours sera le premier au saint autel, et vous, je l'espère, vous continuerez plus que jamais de vous souvenir dans le ciel de ceux que vous laissez sur la terre.

(n Que votre maladie soit sanctifiante et que la mort vous soit douce, mon cher père. Ne craignez rien. Rappelez-vous ma mère, bonne maman, Victorine, Pauline, Sidonie et Félicité, qui ont passé heureusement, qui vous attendent, que vous allez rejoindre.

ce Ne regardez plus que du côté du paradis Invoquez de cœur jusqu'au dernier soupir Jésus, Marie et Joseph, et tenez-vous à votre crucifix et à votre chapelet.

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