CHAPITRE II. RELATIONS DE FAMILLE
quatre sœurs, entraînées à sa suite dans la voie de la perfection et transportées si vite au ciel.
Les survivants de la famille trouvèrent toujours en lui un apôtre. Il les consolait dans leurs peines, les dirigeait dans leurs indécisions, les bénissait dans leurs joies ^ En 1871, la petite-fille de M. de Ponlevoy, l'enfant de Sidonie et de M. de Lantivy, épousa M. le vicomte de Pontavice.
Malgré les occupations qu'imposaient à sa charge les misères accumulées par la guerre, le P, de Ponlevoy bénit le mariage et adressa aux jeunes époux une allocution où respire, avec la délicatesse de son esprit, la suavité de son cœur.
Quelques semaines auparavant, son frère Ludovic était mort à l'âge de soixante ans.
A peine promu à l'épiscopat, Mgr Saint-Marc l'avait nommé secrétaire de l'évêché et chanoine de sa cathédrale. Pendant vingt-quatre ans, M. l'abbé de Ponlevoy remplit cette importante mission, tout en consacrant ce qui lui restait de
• I. Il s'occupait avec sollicitude de l'éducation de sa nièce, mademoiselle Marie de Lantivy. Nous avons trouvé dans ses papiers ce charmant billet (Marie faisait son éducation au Sacré-Cœur de Rennes) : « Comment! mon enfant, vous avez le ruban rose! quelle belle décoration! Et le nom de la petite Marie figure parmi les aspirantes des enfants Jésus! J'espère que vous allez faire mille petits prodiges, je veux dire des sacrifices, pour l'amour et la gloire de l'enfant Jésus. Quand on porte un si beau nom, il faut le faire valoir. »
son temps à des œuvres de zèle. En i853, à la suite d'une maladie, il avait dû interrompre ses travaux. Monseigneur, pour lui donner une preuve d'affection et de reconnaissance, le nomma grand vicaire honoraire de son diocèse. Les dames du Sacré-Cœur le choisirent pour supérieur, et il devint en même temps directeur de l'œuvre des tabernacles. Les communautés religieuses n'ont pas oublié les bienfaits dont il les comblait, et bien des objets précieux qu'elles possèdent, témoignent encore aujourd'hui de sa sollicitude à leur égard. Malgré le temps que hû prenaient ces fonctions, il trouvait encore moyen de se livrer à de nombreux travaux. Il traduisit de l'italien plusieurs vies de saints, et retrouva pour les arts, la musique et la peinture, le goût de sa jeunesse. Après une longue maladie, supportée avec une patience à toute épreuve, il succomba le dimanche de la Fête-Dieu, 1 1 juin 1871.
Le P. Armand resta tendrement et respectueusement attaché à son frère; et la mort de Ludovic, arrivée presque en même temps que le massacre des otages, acheva de lui briser le cœur.
Mais ce cœur était celui d'un compagnon de Jésus. Il était assez grand pour aimer tout ce qu'aimait son Maître.