‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 119 sur 252 · CHAPITRE IV. PROTESTANTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. PROTESTANTS

ment où nous arrivions, le prêtre se remettait en marche, mon amie s'élança vivement; le bon curé s'arrête; elle s'agenouille, et me fait signe d'en faire autant, je résiste et reste deboutj» Alors elle se relève, me prend par la main et me force à me prosterner. Le prêtre, comprenant peut-être le désir de mademoiselle D., va droit à moi, et pose le Saint-Sacrement sur ma tête. Ce que j'ai senti en ce moment ne peut se rendre par la parole : J'ai cru à l'amour de Notre-Seigneur pour ma pauvre âme, et renfermant en moi la découverte de cette merveille, je sentis le besoin de me réfugier dans la solitude et de me dérober à tous les regards. »

Mademoiselle D., pour confirmer ces pieux sentiments, gage d'une conversion prochaine, eut la pensée de conduire mademoiselle Whateiy à un prêtre pieux et instruit. Elle choisit le Père de Ponlevoy. Passant unjourpar laruede Sèvres, elle dit à son amie : a Je pars pour un long voyage, et je vais vous confier à un ami véritable. » Mademoiselle Whately consentit à l'accompagner. Le Père de Ponlevoy se trouvait en ce moment même à la porte, a Voici justement celui que je viens visiter, dit mademoiselle D. Notre jeune protestante vit le prêtre à l'extérieur austère. Elle fut frappée d'étonnement, mais, après s'être remise de sa stupeur, elle l'appela spontanément a mon Père », avec l'accent le plus

filial, et sans savoir que ce nom lui convînt. — « Eli bien ! mon enfant, lui dit le religieux, vous êtes donc bien près de la vérité? » — « Ohl non, mon Père, répondit mademoiselle Whately, j'en suis bien loin. » — « Vous vous croyez loin de la vérité, reprit le Père de Ponlevoy avec un doux sourire, mais elle est bien près de vous. » L'entretien commença sérieux, conciliant, sans controverse amère. Mademoiselle Whately regardait son interlocuteur avec sympathie et l'écoutait avec avidité.

Enfin elle se retira, emportant le désir de conlinuer ces colloques bienfaisants.

Dieu bénit ses dispositions. « Elle pria, étudia, consulta. Après le labeur de la recherche, vint le bonheur de la rencontre, et elle salua la lumière jusque-là inconnue, avec cette paix pleine et intime, témoignage d'une âme qui se repose dans la vérité. » Ce sont les propres paroles que le Père de Ponlevoy lui adressa le 5 novembre 1862, jour de son abjuration.

Cette fois elle n'était pas seulement accompagnée par mademoiselle D., mais aussi par sa mère, protestante décidée, qui non-seulement , respecta la conscience de sa fille, ajoutait le prédicateur, mais voulut bien la suivre jusqu'au seuil et qui était contente de la savoir heureuse. »

Le Père de Ponlevoy avait terminé son allocution par ces mots : « Allez donc, mon enfant.

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