‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 121 sur 252 · CHAPITRE IV. PROTESTANTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. PROTESTANTS

mère, qu'il n'y a point de parité entre votre fille et vous. Si vous avez plus besoin d'être pardonnée, eh bien! vous aurez encore plus de bonheur à l'être. Ne puis-je pas dire d'ailleurs que la chose est déjà à moitié faite? Vous me racontez votre histoire; eh bien! je devine tout ce que vous ne me dites pas par ce que vous me dites; vous vous êtes déjà confessée à moi ; il n'y a plus qu'à changer les termes à votre avantage, en vous confessant devant Dieu ; dès que vous m'aurez dit : Je m'accuse, je vous répondrai au nom de Dieu : <£ Je vous absous » ; et à l'instant vous sentirez, au plus intime de vous-même, que ce passé, que vous voudriez oublier, est réellement effacé, aboli devant Dieu; et désormais votre conscience sans reproche aura le droit d'être sans crainte. »

Puis il lui donnait une fort belle prière à réciter qu'il avait composée pour elle.

Madame Whately laissa passer un mois sans répondre au Père, et lui écrivit le i" février i863, qu'après un sérieux examen, elle avait pris la résolution de rester dans l'Eglise anglicane établie, a J'ai l'intention, ajoutait-elle, de continuer à mener une vie tranquille et inoffensive, dans le chemin que j'ai suivi jusqu'à présent; et sans être catholique, j'espérerai humblement dans les miséricordes de mon Créateur.

a Je serai meilleure, vous ayant connu Révérend Monsieur.

ce J'espère que vous m'excuserez d'avoir occupé votre attention ou désappointé vos espérances.

ce 11 ne me reste plus qu'à vous remercier pour votre bonté et votre indulgence. »

Cette lettre n'était guère encourageante. Mais le Père de Ponlevoy connaissait trop les replis de la nature humaine pour croire absolument à laréalité des sentiments exprimés par madame Whately. D'ailleurs mademoiselle Emilie priait ardemment pour sa mère, et «c Dieu, disait le pieux directeur, ne peut rien refuser aux prières d'une telle fille. » Dès le lendemain, il en appela d'elle-même à ellemême :

ce Madame,

ce J'ai donc reçu hier votre dernier mot, et cependant, pardonnez-moi de vous le dire, je ne l'accepte pas encore comme tel. Toutefois, il ne faut pas me faire importun et indiscret.

ce Pour un temps, je ni'abstiens, attendant et espérant le reste de Dieu et de vous.

ce Prions encore, afin que la grâce d'en haut donne le branle à votre cœur. Je désire bien aussi que la Providence ménage une rencontre entre nous. Quand votre santé le permettra, j'aurai l'honneur de vous voir. On s'entend mieux quand on se parle. »

Deux mois s'écoulèrent avant que madame" Whately fut assez bien portante pour recevoir

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