CHAPITRE IV. PROTESTANTS. afxj
le Père. Il lui fit alors une visite qui conduisit à une conférence. Mais ces démarches n'aboutirent qu'à augmenter la reconnaissance de cette da-me pour les bontés du Père, sans la déterminer à suivre ses conseils.
a Je désire constater, lui écrivait-elle, que ma répugnance à prononcer l'abjuration est bien peu diminuée.
ce II y a beaucoup de points sur lesquels je ne puis prendre d'engagement : car je pense que ma foi est en conformité avec celle du Sauveur. Si je cédais au catholicisme, je ne le ferais, par conséquent, que parce que l'on ne peut rien vous refuser, et non par une conviction que vous croj^ez sans doute essentiellepourqueje devienne bonne catholique, v
Le Père de Ponlevoy en convenait, a II est certain, répondit-il, que ce grand acte doit être accompli avec conscience et conviction, et non parune simple complaisance extérieure. » Il ajoutait qu'il fallait prier, lire, converser avec sa fille, et qu'il lui donnerait un rendez- vous après une retraite qu'il allait prêcher à Nancy.
L'entretien devait avoir lieu au Sacré-Cœur et coïncider avec une entrevue proposée à d'autres protestants. « Hier soir, ajoutait-il, je recevais l'abjuration d'une jeune Anglaise. Quelle n'était pas sa joie! Deux protestantes, témoins de la cérémonie, se sont remises entre mes mains. »
26o LIVRE II. — APOSTOLAT.
La conférence fut décisive. Les appréhensions s*évanouirent et l'abjuration fut résolue. On peut dire que la crainte chimérique de la confession paralyse souvent les meilleurs courages, et soulève dans l'esprit des objections voulues plutôt que réfléchies.
Quelque temps après, madame Whately tomba gravement malade. Elle resta attachée à Jésus- Christ sur la croix, et reçut du Père de Ponlevoy des lettres et des visites qui la fortifièrent et lui rendirent la vie. Elle n'était pas encore guérie le jour de Noël. Quelques jours plus tard, se sentant mieux, elle écrivit de sa chambre transformée en chapelle, une lettre qui commence ainsi :
« i" Janvier 1864. — Le temps vole et s'enfuit sans retour. Vous, mon Père, vous pouvez entendre le bruissement de ses ailes sans regret ni crainte : Chacune de vos heures est employée à faire la volonté de Dieu.
ce Moi aussi, j'ai eu ma messe de minuit..
a A cette heure, j'ai éclairé ma chapelle blanche a giorno, et, avec mes prières, j'ai célébré la naissance de mon immortel Sauveur, fêté en ce moment par des myriades de créatures humaines.
a Quandl'heure sonnera pour mon départ, puisse mon bien-aimé Rédempteur m'appeler à lui, afin que, sous l'ombre de sa Divinité, mes fautes soient obscurcies, diminuées, effacées et que je puisse