‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 132 sur 252 · CHAPITRE \. CONVERSIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE \. CONVERSIONS

M. de Ponlevoy ne peut plus vous les offrir. Mais voici son ami, un frèhe qui vous les donnera. » Et en gisant ces paroles, il entr'ouvrit la porte. Le prêtre entra, resta une demi-heure avec le malade, sortit radieux de la chambre. Une heure et demie après, le malade expirait.

Sans doute, du haut du ciel, le P. de Ponlevoy avait obtenu pour cette âme insaisissable comme il l'appelait, la vie qu'il n'avait pu lui donner sur la terre. Du reste M. Charles avait tenu à son père le langage que le P. de Ponlevoy lui avait adressé à lui-même, au mois de décembre i863. C'était donc sa voix, au défaut de sa présence, qui sauvait ce père incrédule.

Malgré cet heureux dénouement, tant de douleurs achevèrent de briser les forces de la pauvre mère, qui expira quelques jours après, heureuse sans doute, à ses derniers moments, de voir se réaliser ses vœux les plus chers.

Combien de familles semblables à celle de madame R. ne comptent qu'une mère aux pieds des autels! Mais que Monique ne désespère pas! Après de longues années peut-être. Dieu rendra à ses prières et à ses larmes Patrice et Augustin.

La conversion des âmes est l'œuvre de Dieu et l'œuvre du temps, disait le P. de Ponlevoy. Quelquefois il faut savoir attendre, quelquefois il faut savoir se hâter. On pourra alors prêcher

à contre^temps, selon la pensée de l'apôtre. Mais cette brusque attaque momentanément infructueuse éveillera des sentiments de foi et des remords, dont un autre profitera pour recueillir ce que le premier aura semé. C'est ce qui arriva dans le retour à Dieu que nous allons raconter.

Un homme fort connu à Paris par sa haute position et son talent dans les affaires, M. X., aimait et défendait la religion sans la pratiquer.

Ses enfants le recommandèrent aux prières du P. de Ponlevoy, alors près d'eux à la campagne, a Eh bien! amenez-le-moi, leur dit-il, volontiers je me chargerai de cette àme. » Il allait dire la messe dans la chapelle du château. On introduit M. X. dans la sacristie.

Connaissant sa réputation et stei vie honorable, le P. de Ponlevoy, resté seul avec lui n'hésita pas à aborder de front la question de confession. Mais M. X., homme d'affaires et habitué à calculer sérieusement avant de prendre un p^rti, recula épouvanté. Il quitta même brusquement sa maison malgré l'affection toute religieuse qu'il portait au Père. Celui-ci consola les pauvres enfants. « Ne vous découragez-pas, leur dit-il : votre père vous échappera dix-neuf fois; la' vingtième, vous l'aurez. » ,.

Mais pour plus de sûreté, le P. de Ponlevoy changea de tactique et ne reparut plus.

Quelque temps après, la belle-mère de M. X...

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