‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 134 sur 252 · CHAPITRE V. CONVERSIONS. 9.S i · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. CONVERSIONS. 9.S i

VOUS. » « Je ne reconnaissais plus le P. de Ponlevoy, ajoutait la personne témoin de cette scène. J'aidai cette pauvre femme à revenir chez elle. Mais le coup de tonnerre l'avait frappée. » Elle alla trouver un autre confesseur qui acheva par la douceur la conversion commencée par la force. Cette pauvre créature quelque temps après mourut dans les sentiments du repentir; et le Père qui l'assistait à son dernier soupir disait ; <r. Si le P. de Ponlevoy ne m'avait pas aplani la voie, cette malheureuse ne se serait peut-être pas convertie. »

Il rendait un jour une visite de simple politesse à un homme indifférent en matière de religion. Après quelques paroles banales échangées, le Père sentant, par une sorte d'instinct surnaturel, l'heure de Dieu, dit à son interlocuteur : a Monsieur, nous sommes bien ici; mais nous serons encore mieux dans votre chambre; et ce disant, il se lève et passe du salon dans le cabinet. Quand ils y furent entrés tous deux, le P. de Ponlevoy avec un ascendant que la vertu seule possède, le force de se mettre à genoux. De guerre lasse, ce pénitent d'un nouveau genre, se résout à dire quelque chose, mais bientôt son cœur s'ouvre et se décharge, les larmes lui viennent aux yeux. Après sa confession, il dit au P. de Ponlevoy : a Monsieur, vous êtes le meilleur de mes amis. » Le directeur expérimenté disait que dans ces cas-

là, au milieu de la conversation, après une longue attente, on sent quelque chose qui vous dit : « le moment est venu, »

C'est sur le secours de Marie qu'il comptait surtout quand il voulait convertir une âme : ce Pour fra3^er les voies à Dieu, écrivait-il, il faut se servir de la Sainte Vierge. Procurezvous de petites médailles; que les parents les donnent aux malades ; qu'ils les invitent à porter ces marques de dévotion et à s'unir aux prières qu'on fera pour leur santé. On ne peut guère refuser cette offre et une fois que la Sainte Vierge est dans la maison, elle en ouvre les portes au bon Dieu. »

Un vieillard, libre-penseur, ne voulait pas se convertir à son lit de mort. Sa femme appela le Père de Ponlevoy. Mais le mourant le renvoya avec mépris. « Mettez-lui un scapulaire, dit le Père à son départ. » La pauvre femme obéit, profitant de l'assoupissement du malade. Quelques instants après, celui-ci se réveille, fait quelques efforts pour parler. On lui demande si c'est le prêtre qu'il veut voir. Sur un signe affirmatif, on court à la poursuite du P. de Ponlevoy. Celui-ci revenait déjà sur ses pas : « Je savais, ajouta-til, que le malade me rappellerait. » Le vieillard reçut les derniers sacrements dans la joie de son âme.

Le trait suivant ressemble beaucoup à celui

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