I. Phil. IV
et rhumiliation, en un mot, la croix. L'apôtre n'a point su imaginer de lien plus étroit, et Marie, pour être avec le Seigneur, a choisi d'être toujours auprès de la croix. Donc, dites avec une paix intime, mais amère souvent : « Que votre volonté soit faite sans la mienne, même contre la mienne ! »
L'homme de Dieu voulait que l'on supportât les croix les plus minimes avec courage.
ce Toutes les petites contrariétés qui finissent par en faire une grande sont dans le plan de Dieu. Buvez au calice; le breuvage est amer, mais tonique. Faisons la sourde oreille à la nature sensible, au sens personnel; car au fond de tout cela, c'est toujours l'amour-propre. Marchons d'un pas ferme, le front haut, le cœur ouvert. »
Ces petites contrariétés qui remplissent la vie ne seront-elles pas promptement allégées, à la vue de Notre-Seigneur mort pour nous?
ce Est-ce donc que nous voulons échapper à Jésus crucifié? Oh non! certes! C'est lui, luimême au contraire que nous voulons et que nous cherchons. Eh bien! vous l'avez trouvé et vous le possédez, et c'est votre meilleure part. L'impuissance des plus saints désirs, les obstacles de notre voie, les ennuis et les dégoûts, les angoisses et les lassitudes du cœur et de l'âme, etc., sont autant de reliques de Jésus crucifié. Mon enfant, c'est ainsi que vous vous perdez en Notre-Sei-
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gneur. Mais c'est à ce prix que Notre-Seigneur se communique et se donne à vous. »
C'était une très-heureuse idée de représenter les souffrances sous la forme do reliques de la vraie croix. Rien n'est plus vrai et plus consolant puisque, selon la doctrine de l'apôtre, quand, nous souffrons, nous souffrons avec Jésus-Christ et nous sommes crucifiés avec lui, Christo confixus sum cruci^. »
Aussi voulait-il que sur la croix l'on vît le crucifix. Il répète cette idée capitale dans plusieurs de ses lettres.
c: Mon enfant, vous n'avez presque plus où reposer votre cœur, si ce n'est sur la croix. Mais Jésus et la croix sont inséparables, et vous trouverez toujours l'un sur l'autre dans votre crucifix. Ah! tant de fois déjà vous l'avez éprouvé ! plus vous êtes chargée et plus vous êtes portée. »
Cette pensée du crucifix était si douce pour lui, qu'il la faisait partager à ses correspondants plus avancés dans la vertu, au début de l'année. « Que Notre-Seigneur prenne possession de cette année nouvelle ! Sans doute, suivant son ancien usage, qui remonte jusqu'au calvaire, Jésus sera accompagné d'une croix; mais toujours aussi la croix sera accompagnée de Jésus. Nous ferons ainsi route ensemble; nous l'aiderons à porter la
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sienne, et Lui surtout, nous aidera à porter la nô tre. Tout ira bien, car tout finira pour le mieux. »
a Unissez- vous à Dieu et patientez, écrivait-il' à un prêtre. Sans doute, c'est toujours un joug, jugum, un fardeau, onuSj en un mot, une croix. Mais quand on n'est pas seul à porter sa croix, quand on est deux et qu'on partage avec Notre- Seigneur, c'est un joug doux, jugum suave, un fardeau léger, onus levé, une croix ointe d'huile, Crux inuncta ^ »
Poursuivant la doctrine de l'apôtre, qui nous engage à ne pas augmenter les souffrances de Jésus-Christ, il disait : « Vous avez des épines. Est-ce merveille? Marie a bien eu un glaive et Jésus une croix; c'est bon, si c'est dur. Plus nous prenons de cette croix;, plus nous en ôtons à Notre-Seigneur. »
Enfant des Exercices de saint Ignace, il conseillait la mortification pour aller à la croix. Il la prêchait d'exemple, et la portait partout avec lui selon la recommandation du grand apôtre. Mais il préférait aux épreuves volontaires cellesr que Dieu nous envoie, parce qu'elles sont à la fois plus humbles, plus pénibles et plus parfaites. ce Croyez, disait-il, que si Notre-Seigneur n'intervenait au dedans et au dehors par mille petits moyens sagement combinés pour nous aider à