‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 16 sur 252 · CHAPITRE PREMIER. ENFANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. ENFANCE

nées. Le Seigneur me châtiait en m'envoyant des infirmités nombreuses, et je faillis mourir d'une pleurésie et d'un horrible ulcère.

<£ Vers sept ans, je me confessai pour la première fois à M. Guillois, alors vicaire, depuis curé de Notre-Dame.

a J'allai en 1821 à l'école, avec les petits enfants de mon âge, dans la maison d'une bonne dame nommée Gandon. A neuf ans, j'appris chez mes parents les premiers éléments de la langue latine. J'avais pour maître un brave laïque qui s'appelait Bailly. Cette même année nous changeâmes de domicile, et allâmes nous fixer sur la peiroisse de Saint-Martin.

ce En 1822, je suivis les cours de septième du collège en qualité de demi-pensionnaire. A cette époque, je fis ma première communion le jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, assez bien, je l'espère, car je n'étais pas mauvais alors, quoique léger, pétulant, vain et paresseux.

ce Je me rappelle que, la veille de ce grand jour, après avoir reçu l'absolution, je fus saisi d'une terreur profonde. J'ai accompli cet acte avec bonne volonté, mais comme un véritable enfant. Le jour même, je pris le scapulaire, sans savoir ce que je faisais.

ce Je ne me souviens ni du jour ni de l'année de ma confirmation; tant j'étais espiègle et léger! Cependant, je n'ai pas conscience de l'avoir mal

reçue, ni d'avoir jamais fait une mauvaise communion. Du reste, d'après laregrettable coutume alors en vigueur dans ce pa^^s, depuis ma première communion en 18-22, jusqu'à ma seconde en 1823, je ne m'approchai point de la sainte Table, et l'on ne me donna pas une seule fois l'absolution.

« Dieu m'envoya comme ange gardien, durant les quatre années que je passai au collège, M. Jausions, prêtre excellent, très-ami de notre famille, qui me supportait avec patience et me corrigeait avec tendresse.

K De 1823 à 1825, à l'âge de onze, douze et treize ans, pendant que je suivais les classes de sixième, cinquième, quatrième, tous les défauts de l'enfance grandirent avec moi. Je fréquentais alors les moins bons, sans être absolument mauvais; mais j'étais imprudent, vain, emporté et ignorant. J'agissais comme un enfant, et je ne savais pas qu'il est et qu'il sera dur et amer de ne pas porter le joug suave du Seigneur dès sa jeunesse.

« Dieu, à cette époquue, eut pitié de moi, pauvre prodigue; il me contenait, me retenait, et me rappelait à moi-même par de bons exemples, de salutaires conseils, la crainte de mon père, et je ne sais quelle pudeur secrète; j'aurais rougi de la moindre parole qui m'aurait fait paraître au dehors tel que j'étais en dedans. Ce n'était pas

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