‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 151 sur 252 · LE SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

LE SUPÉRIEUR

Nous avons énuméré au livre précédent, les différents apostolats du P. de Ponlevoy. Prédication publique ou intime, composition d^ouvrages, œuvres de zèle, direction, correspondance, tels furent les moyens dont il se servit, surtout de 18^9 à 1864, pour sauver et sanctifier les âmes.

A dessein, nous avons omis de parler du ministère le plus important de tous, du gouvernemeut religieux. Cet apostolat, commencé en i85i, dura tout le reste de sa vie. 11 s'y livra presque exclusivement dans les dix dernières années. C'est le moment d'en parler.

On se fait d'ordinaire, dans le monde hostile à

la religion, les idées les plus singulières sur la supériorité dans la Compagnie de Jésus. On se figure quelquefois que ses enfants sont dirigés par des fils mystérieux aux mains d'un Vieux de la Montagne, dont les ordres souverains s'imposent à des sourds et à des aveugles. On voit dans l'obéissance des inférieurs un esclavage absolu; et dans le gouvernement des supérieurs une domination tyrannique.

Rien n'est plus faux : l'obéissance dans la Compagnie est l'exercice le plus parfait et le plus intelligent de la liberté humaine; l'homme n'obéit de son plein gré qu'à Dieu, dans la personne du supérieur, et celui-ci n'est digne de porter ce nom qu'en se mettant au-dessous de ses frères, selon la parole du Sauveur : Que celui qui veut être le premier parmi vous se fasse le serviteur de tousK

En fait, l'humilité est la vertu la plus nécessaire à un supérieur de la Compagnie.

Qu'on étudie les Constitutio.ns de saint Ignace, qu'on relise l'admirable chapitre où il est traité des qualités propres au général-. Qu'y verra-ton? L'humilité recommandée en tout et partout. La nécessité de s'unir à Dieu par l'oraison n'est comprise que de l'homme qui connaît à fond ses misères; la splendeur de la charité remonte, d'après saint Ignace, à la vraie humilité sans la-

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