CHAPITRE II. LE PROVINCIAL
menée le jour de saint André; vous aurez pris comme lui votre croix avec amour, sans pouvoir dire : diu desiderata, du moins dans l'espèce. Biduo vivens pendehat in cruce heatus Andréas et docehat populuynK J'espère que vous vivrez attaché à la vôtre non un biduwn, mais un trienniiim et iiltra^, avec avantage pour la province et fruit de sanctification pour vous-même. Vous êtes attaché à la croix avec Jésus-Christ. C'est lui qui agira en vous et vous soutiendra dans les temps difficiles que nous voyons approcher. »
Nous pourrions citer encore les lettres de son premier maître des novices^ le P. de Villefort, de son ancien supérieur de Brugelette, le P. Pillon, de son prédécesseur immédiat, le P. Fessard. C'était un concert unanime de plaintes com pâtissantes.
A tous ces sacrifices prédits se joignaient, il est vrai, des encouragements. On promettait des prières ; on félicitait ceux qui devaient être gouvernés par le nouveau Provincial. Mais les témoignages simultanés de pitié indiquaient à quel point ces hommes éminents comprenaient la responsabilité du pouvoir, même au sein d'une communauté religieuse.
1. Pendant deux jours entiers le bienheureux André fut suspendu à sa croix et enseigna le peuple. (Office de saint André.)