‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 174 sur 252 · CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL. 38 ;j · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL. 38 ;j

Bias qui portait tout avec lui. Un jour on lui fit payer dix francs ce qui coûtait vingt fois moins. Révolté de cette injustice, il résolut de ne plus coopérer à de pareilles iniquités. 11 tint parole.

A peine arrivé dans la ville où il devait séjourner, il allait présenter l'hommage de sa vénération au premier pasteur du diocèse et lui demander sa bénédiction. Sa modestie, son humilité, si grande partout et devant tous, semblaient redoubler alors, tant il était pénétré de respect pour le caractère auguste d'un successeur des apôtres! D'ailleurs, il était reçu cordialement par tous. Non-seulement NN. SS. les évêques témoignaient dans sa personne à la Compagnie leur amour et leur zèle; mais ils avaient pour sa personne une estime particulière. Ils l'avaient souvent demandé dans leurs diocèses pour des retraites pastorales ou religieuses; ils l'avaient vu et consulté à Paris; et plusieurs conservaient avec lui des relations très-étroites. C'est à ces rapports d'amis que nous devons d'avoir pu retrouver plusieurs communications épiscopales fort belles. Je ne citerai pour le moment que la dernière page d'une lettre que lui écrivit Mgr Jacquemet en 1866, parce qu'elle peint admirablement l'union du P. de Ponlevoy avec l'Épiscopat.

Après avoir loué la salutaire influence des exercices spirituels sur un certain nombre de

prêtres de son diocèse, le prélat terminait sa lettre en disant :

« Combien je suis heureux des relations qu*il m'a été donné d'entretenir avec vous! J'ai toujours estimé profondément et aimé la Compagnie. Je sens combien de si bon rapports, des paroles à la fois si aimables et si sincères, ont un pouvoir décisif pour vous attacher le cœur d'un évêque. Vos Pères sont pour nous, dans nos diocèses, des auxiliaires si utiles, si précieux. Nous ne pouvons que les affectionner et encourager leur ministère. Et vous, mon excellent Père, vous gagnez tous les cœurs. »

Oui, il gagnait tous les cœurs, mais surtout ceux des rehgieux qu'il visitait. Ils le voyaient assidu à tous les exercices de la communauté, prévenant pour tous les besoins, humble et accessible à tous; sa vue seule les attachait de plus en plus à leur vocation.

Aux exemples succédaient les paroles. Les plus anciens disaient, après avoir assisté à ses exhortations, préparées quelquefois par un petit quart d'heure de réflexion, qu'ils n'avaient jamais rien entendu de semblable. Mais s'il parlait comme un ange, il avait quelquefois la véhémence d'un apôtre, pour peu qu'il rencontrât quelque ombre d'un défaut d'humilité ou de charité. Toufois, ces discours ardents étaient rares. Même alors, à son insu, on lisait dans son regard ou son

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