‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 178 sur 252 · CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL

ans ; la rhétorique sera aussitôt suivie de la philosophie dont le cours en général sera de trois ans. On ne peut trop en effet, à mon avis, insister sur cette science, puisque c'est sur elle principalement que semble reposer une formation vraie et solide des nôtres. A la fin de la philosophie, les scolastiques pourraient alors sans difficulté être envoyés dans les collèges pour l'enseignement. De plus, il est de toute nécessité de destiner chaque année quelques sujets d'élite qui montrent des aptitudes pour ce genre de travaux, soit à l'école de Sainte-Geneviève pour l'étude des sciences, soit à la résidence de Saint-Germain pour la préparation oratoire.

ce Pour l'exécution de ce dessein, il sera nécessaire de laisser encore quelque temps dans les collèges un assez grand nombre de sujets qui y sont actuellement. Or, ne pourrait-on pas, pour leur venir en aide, créer quelque cours supplémentaire et désigner, par exemple, dans chaque collège, des professeurs, soit de théologie, soit de philosophie, afin que tous les surveillants consacrent quelque temps à l'enseignement ou à leur instruction personnelle? »

Ce programme était bien complet et fort difficile à remplir. Aussi ne put-il être pleinement réalisé. Le nouveau Provincial fit cependant beaucoup. Il fortifia les résidences par l'adjonction de nouveaux auxiliaires; il envoya en Chine

une ëlite de nombreux ouvriers encore jeunes; une trentaine de religieux commencèrent chaque année les études littéraires, philosophiques ou théologiques. Pour subvenir aux vides créés par ces déplacements, il fit accepter à des vétérans de l'enseignement, de la surveillance ou même de la prédication, la reprise d'un fardeau un peu lourd pour leur âge, mais qu'ils reçurent de sa main avec une résignation joyeuse. Enfin il suppléa au nombre, en inspirant à chacun de se multiplier dans la mesure de ses forces et de see moyens.

Nous venons d'étudier les principes qui dirigeaient le P. de Ponlevoy dans son gouvernement intérieur. Veut-on pénétrer encore plus avant? Il faut suivre le Provincial dans sa correspondance avec ses Frères. Nous y verrons éclater son cœur plus encore que son talent, sa prudence autant que sa droiture; son humilité surtout. — Nous admirerons le tendre respect de ce bon père pour Tâme de ses enfants. Il imitait en cela la conduite de Dieu lui-même : « O Seigneur, dit la Sagesse, vous disposez de nous avec un souverain respect, parce que vous aimez les âmes. » Cum magna reverentia disponis nos, qui amas animas *.

Quand un jeune homme, après mûre réflexion,

Page 1