‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 18 sur 252 · CHAPITRE PREMIER. — PREMIÈRES ETUDES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — PREMIÈRES ETUDES

croire, ne suivirent pas la menace. Mais l'impression de cette intervention ardente resta gravée dans la mémoire de ses condisciples, plus fidèle que la sienne à noter ses vertus et ses bonnes actions.

Ce sera l'histoire de toute sa vie : l'humilité lui cachera ses mérites et ne lui fera voir que ses défauts.

Le collège de Vitré, si l'on peut en juger par l'exemple de ce surveillant, n'était pas un collège modèle. Il tomba bientôt en discrédit, et les maîtres furent remplacés, en 1826, par les professeurs du petit séminaire transféré de Rennes dans cette ville. Armand y vint en qualité d'externe.

Pour fortifier les études, le nouveau supérieur fit redoubler leurs classes à plusieurs élèves du. collège. Notre écolier refit sa quatrième, « en punition de ma paresse, » disait-il. Il réussit fort bien cette année et remporta le premier prix d'excellence et celui de version latine. Il fut moins favorisé l'année suivante. Une fièvre intermittente brisa ses forces et arrêta son élan. Il était cependant heureux de suivre le cours de son excellent professeur, M. l'abbé Desnos. Celui-ci montrait dans son enseignement autant d'intelligence pratique que de dévouement. Exciter les enfants par l'émulation plutôt que par la crainte, les faire penser par eux-mêmes, préférer dans les

devoirs donnés la qualité à la quantité, et les leur rendre fidèlement corrigés, tels étaient les moyens dont il se servait pour provoquer à un travail sérieux et utile. Aussi Armand voua-t-il à son professeur une de ces affections profondes que l'âge ne saurait affaiblir. Trente ans plus tard, M.Desnos l'ayant invité à donner les exercices de la retraite à une congrégation pieuse placée sous sa direction, le P. de Ponlevo}^ empêché par la maladie du P. de Ravignan, lui écrivit :

ce Mon excellent maître et ami,

a Cette retraite m'était chère entre plusieurs, précisément parce qu'elle devenait elle-même un souvenir. Après trente ans écoulés, j'allais encore travailler sous vos auspices, et vous auriez été mon maître. Cro3^ez à la reconnaissance bien dévouée en N. S. de votre petit Troisième

« Armand de Ponlevoy. »

M. Desnos, devenu doyen du chapitre, a bien voulu nous communiquer les copies qui lui restent de son cher élève. On y retrouve, selon l'expression du professeur, un talent facile et gracieux.

Voici comment le P. de Ponlevoy caractérise lui-même dans son Mémorial le temps qu'il passa sous ce digne maître : « En 1827 et 1828, je fis

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